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Texte et image

Un vertige à l'envers

DYS

Voyage au bout de la nuit

Après les champs de bataille de la Première Guerre mondiale et l’Afrique coloniale, Bardamu, le héros du roman, s’apprête à découvrir un nouveau lieu marquant de ce début du vingtième siècle : New York. Voici la première impression qu’il partage avec les autres immigrants lorsque leur bateau pénètre dans la baie de Manhattan.
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P
our une surprise, c’en fut une. À travers la brume, c’était tellement étonnant ce qu’on découvrait soudain que nous nous refusâmes d’abord à y croire et puis tout de même quand nous fûmes en plein devant les choses, tout galérien qu’on était on s’est mis à bien rigoler, en voyant ça, droit devant nous...
  Figurez-vous qu’elle était debout leur ville, absolument droite. New York c’est une ville debout. On en avait déjà vu nous des villes bien sûr, et des belles encore, et des ports et des fameux même. Mais chez nous, n’est-ce pas, elles sont couchées les villes, au bord de la mer ou sur les fleuves, elles s’allongent sur le paysage, elles attendent le voyageur, tandis que celle-là l’Américaine, elle ne se pâmait1 pas, non, elle se tenait bien raide, là, pas baisante du tout, raide à faire peur.
  On en a donc rigolé comme des cornichons. Ça fait drôle forcément, une ville bâtie en raideur.
  [Après de longues semaines, notamment à Ellis Island, point de passage obligatoire pour tous les candidats à l’immigration, Bardamu s’aventure enfin dans les rues de Manhattan2.]
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