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Portrait du jeune d'Artagnan

DYS

Portrait du jeune d'Artagnan

L’action se déroule au XVIIe siècle. D’Artagnan, un jeune homme d’une famille noble mais pauvre de Gascogne (région au Sud-Ouest de la France), quitte le foyer familial pour se rendre à Paris et réaliser son rêve : devenir mousquetaire. Son père lui donne son cheval (petit, vieux et fatigué), et fait quelques recommandations.
1
«M
on fils, ce cheval est né dans la maison de votre père, il y a tantôt treize ans, et y est resté depuis ce temps-là, ce qui doit vous porter à l’aimer. Ne le vendez jamais, laissez-le mourir tranquillement et honorablement de vieillesse. À la cour, […] soutenez dignement votre nom de gentilhomme1, qui a été porté par vos ancêtres depuis cinq cents ans. C’est par son courage, par son courage seul, qu’un gentilhomme fait son chemin aujourd’hui. Vous êtes jeune, vous devez être brave pour deux raisons : la première, c’est que vous êtes Gascon, et la seconde, c’est que vous êtes mon fils. Ne craignez pas les occasions et cherchez les aventures. Je vous ai fait apprendre à manier l’épée ; vous avez un jarret2 de fer, un poignet d’acier ; battez-vous à tout propos ; battez-vous d’autant plus que les duels sont défendus et que, par conséquent, il y a deux fois du courage à se battre. Je n’ai, mon fils, à vous donner que quinze écus, mon cheval et les conseils que vous venez d’entendre. »
  [Sur la route, d’Artagnan a constamment l’impression qu’on se moque de lui.]
  Comme il descendait de cheval à la porte du Franc Meunier, d’Artagnan avisa à une fenêtre du rez-de-chaussée un gentilhomme de belle taille et de haute mine, lequel causait avec deux personnes qui paraissaient l’écouter avec déférence3. D’Artagnan crut tout naturellement, selon son habitude, être l’objet de la conversation. Cette fois d’Artagnan ne s’était trompé qu’à moitié : ce n’était pas de lui qu’il était question, mais de son cheval, et les auditeurs éclataient de rire à tout moment. […]
  « Eh ! Monsieur, s’écrira-t-il, dites-moi donc un peu de quoi vous riez, et nous rirons ensemble. »
  Le gentilhomme, avec un accent d’ironie et d’insolence impossible à décrire, répondit à d’Artagnan : « Je ne vous parle pas, Monsieur.
  – Mais, je vous parle, moi ! » s’écria le jeune homme exaspéré de ce mélange d’insolence et