Pronote
Connectez-vous pour ajouter des favoris

Pour pouvoir ajouter ou retrouver des favoris, nous devons les lier à votre compte.Et c’est gratuit !

Texte et image

Qui se cache derrière la Bête ?

DYS

Qui se cache derrière la Bête ?

Entre 1764 et 1767, dans le Gévaudan (au sud de l’Auvergne), une bête monstrueuse s’attaque aux hommes. Elle fait une centaine de victimes. Tous les habitants sont bouleversés et effrayés. Un dimanche, le prêtre prend la parole pendant la messe.
1
«
Une Bête féroce est apparue dans nos climats1, laissant les traces sanglantes de sa cruauté. Elle est venue comme par miracle, et sème la terreur dans nos campagnes, elle joint la force à la ruse, fond2 sur sa proie avec une agilité extraordinaire, parcourt d’énormes distances en un temps très bref. Ce monstre s’en prend de préférence aux femmes, aux enfants, aux vieillards aussi, mais ose attaquer les hommes robustes. […] Cessons d’offenser3 Dieu qui ne nous frappe que pour nous guérir. Alors le monstre arrêtera ses agissements et disparaîtra. […] »
  Qui croire ? Un homme a vu la Bête traverser la Truyère à gué4 sur ses deux pattes de derrière : pour lui, ce ne peut être qu’un singe ou un loup-garou. Un autre prétend qu’elle a la gueule presque semblable à celle d’un lion mais bien plus grande. « Faux, dit Bertrand Ménard qui l’a chassée dans les bois de Beaume, et l’a entrevue sans avoir eu le temps de tirer ; c’est une panthère ou une hyène. »
  Il faudrait pouvoir vérifier tous ces dires, mais, pour l’instant, qui a vu la bête de trop près s’est fait dévorer… et ne peut donc apporter son témoignage. Avis aux amateurs, chasseurs des états du Languedoc, d’Auvergne et d’ailleurs ! La France de Louis XV - le Bien- Aimé - ne compte pas moins de trente-trois provinces ; les bons fusils et les braves5 ne manquent pas…
  Ah si ! Quelqu’un de Langogne l’a aperçue, longue, basse, de couleur fauve, une raie noire sur le dos, avec une grande queue touffue ; il est rentré au logis, claquant des dents et tre mblant de tous ses membres. Depuis huit jours qu’il s’est alité, la fièvre n’a pas baissé. Il délire, murmure maintenant des mots inintelligibles, et s’effraie du moindre bruit.
  [En sortant de l’église, un villageois s’étonne de voir le visage bouleversé de ses voisins.]
  « Eh bien ! Mathilde ! Vous en faites une figure !
  – La Bête est par ici, Chastel. Jeannot, le dernier de huit ans, a crié ce matin. On était à l’étable, prêts à sortir par-derrière la maison, quand on l’a entendu. André a couru. Il a vu le petit comme hypnotisé, les yeux fixés vers la fenêtre. La Bête avait posé ses pattes sur le rebord. On lui voyait le poitrail. Elle h