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HOMÈRE, Odyssée, chant XII, traduction d’Hélène Tronc, © Éditions Gallimard, 2009.

Expression écrite
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DYS

Expression écrite

1
« Elle nous avertit d’abord d’éviter le chant des mélodieuses Sirènes et leurs prairies fleuries. Moi seul, selon elle, pourrai écouter leurs voix mais il faut que vous m’attachiez pour que je sois incapable de bouger et que je reste debout, plaqué contre le mât par des cordes solides. Et si je vous supplie ou vous ordonne de me délier, alors attachez-moi avec plus de cordes encore. » […]
  Avec mon glaive1 acéré, je coupai en petits morceaux une grosse boule de cire d’abeilles et les malaxai de mes mains puissantes ; la cire se réchauffait vite grâce à la grande force que j’exerçais et à l’éclat du Soleil, le royal Hypérion2. J’en mis successivement dans les oreilles de tous mes compagnons. Eux me lièrent les mains et les pieds puis m’attachèrent debout contre le mât puis, assis à la file, ils frappèrent de leurs rames en cadence les flots blanchis par l’écume. Nous étions à la distance où porte un cri, lancés à toute allure, lorsque les Sirènes s’aperçurent qu’un vaisseau3 rapide les frôlait et entonnèrent leur chant clair :
  « Viens donc nous rejoindre, illustre4 Ulysse, grande gloire des Achéens5, arrête ton navire, écoute nos voix. Jamais navigateur n’a continué plus loin sur son vaisseau noir sans avoir écouté les sons mélodieux qui sortent de nos bouches ; celui qui s’attarde ici repart charmé et plus savant. Nous savons tous les maux que dans la vaste Troie les Argiens6 et les Troyens ont endurés par la volonté des dieux et nous savons tout ce qui survient sur la terre nourricière. »
  Ainsi parlaient-elles en diffusant leur voix sublime, et mon cœur ne désirait qu’un