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La naissance de Gargantua, et comment son nom lui fut donné

DYS

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 Il naquit en sortant par l’oreille gauche de sa mère Gargamelle. Dès qu’il fut né, il ne cria pas comme les autres enfants : « Mie ! Mie ! » Mais il s’écriait à haute voix : « À boire ! à boire ! à boire ! » […].
 (Je me doute que vous ne croyez pas vraiment à cette étrange nativité. Si vous ne le croyez pas, je ne m’en soucie guère, mais un homme de bien, un homme de bon sens croit toujours ce qu’on lui dit, et qu’il trouve par écrit. Est-ce contre notre loi, notre foi, contre la raison, contre la Sainte Écriture ? Pour ma part je ne trouve rien contre cela dans la sainte Bible. Et si la volonté de Dieu en avait été ainsi, auriez-vous dit qu’il ne pouvait pas le faire ? Ah, de grâce, n’emberlificotez jamais vos esprits de ces vaines pensées, car je vous dis qu’à Dieu rien n’est impossible. Et s’il le voulait, les femmes auraient dorénavant ainsi leurs enfants par l’oreille. Bacchus ne fut-il pas engendré par la cuisse de Jupiter ? Roquetaillade ne naquit-il pas du talon de sa mère ? Croquemouche de la pantoufle de sa nourrice ? [...] Ne m’en tabustez plus l’entendement ! [...])
 Le brave Grandgousier, buvant et s’amusant avec les autres, entendit le cri horrible que son fils avait fait en voyant le jour en ce monde, quand il avait bramé, en demandant : « À boire ! à boire ! à boire !» Sa réaction fut : « Que grande tu l’as ! » (sous-entendu la gorge). En entendant cela, les assistants dirent que vraiment il devait avoir pour cela le nom de Gargantua, puisque telle avait été la première parole de son père à sa naissance, à l’imitation et exemple des anciens Hébreux. À quoi son père consentit, et cela plut beaucoup à sa mère. Et, pour l’apaiser, ils lui donnèrent à boire à tire-larigot, et il fut porté sur les fonts et baptisé, comme c’est la coutume chez les bons chrétiens. Et on commanda pour lui dix-sept mille neuf cent treize vaches de Pautille et de Bréhemond pour l’allaiter quotidiennement. Car trouver une nourrice suffisante n’était pas possible dans tout le pays, au vu de la grande quantité de lait requise pour l’alimenter.
 [...] Il faisait plaisir à voir, car il avait une bonne trogne et presque dix-huit mentons ; une de ses gouvernantes m’a dit qu’il ne criait que bien peu et se calmait dès que l’on faisait résonner une bouteille de vin : il s’égayait, il tressaillait, et se berçait lui-même dodelinant de la tête, monocordisant des doigts et barytonant du derrière.

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