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Devenir chevalier
P.165-167

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Devenir chevalier




Objectif

Je découvre les étapes de l'initiation d'un chevalier.

1. Apprendre à manier les armes

  Le père et les frères de Perceval sont morts au combat. Pour le préserver, sa mère l’élève loin du monde de la chevalerie, mais un jour il voit des chevaliers et a une révélation : il veut en devenir un. Il part à la cour du roi Arthur, gagne une armure au combat puis arrive chez le seigneur Gornemant, sans avoir jamais reçu de formation.

  Le seigneur était expert dans le maniement de l’écu, du cheval et de la lance, car il l’avait appris dès l’enfance. Quand il eut fait sa démonstration, il revint vers le jeune homme qui l’avait regardé, émerveillé, en notant le moindre détail. [...]
   – Ce qu’on ne sait pas, on peut l’apprendre, si l’on veut s’en donner la peine. Mon cher ami, dans tous les métiers, il faut courage, effort et expérience. Ce sont les trois conditions pour acquérir n’importe quel savoir. Mais puisque tu ne l’as jamais fait ni vu faire par quiconque, il est normal que tu l’ignores : il n’y a aucune honte à cela.
  Il le fit monter à cheval, et le jeune homme se servit de la lance et de l’écu comme s’il avait toujours vécu parmi les tournois et les guerres ou parcouru le monde en quête de batailles et d’aventures. Tout cela lui venait de Nature : lorsque Nature est favorable et que l’on y met tout son cœur, rien ne peut être difficile. Le noble seigneur était ravi des bonnes dispositions de son élève.


ANNE-MARIE CADOT-COLIN, Perceval ou le Conte du Graal, d’après Chrétien de Troyes, © Le livre de poche jeunesse, 2014.

CHRÉTIEN DE TROYES

CHRÉTIEN DE TROYES

(vers 1135 - entre 1181 et 1191)


CHRÉTIEN DE TROYES (vers 1135 - entre 1181 et 1191) est originaire de Champagne. Il a été poète de cour et a écrit les principaux romans de chevalerie en ancien français.

Roman de Lancelot

2. Être adoubé

  Gornemant a compris que, malgré son manque de connaissances, Perceval mérite de devenir chevalier. Il décide de l’adouber.

  Au petit matin, le seigneur se leva et rejoignit le jeune homme dans sa chambre. Il lui fit apporter une chemise et des braies de fine toile de lin, des chausses teintes en rouge et une cotte de soie violette, tissée en Inde1. […]
  Le seigneur se courba pour lui chausser l’éperon droit : c’était alors la coutume lorsqu’on adoubait un chevalier. Chacun2 voulut lui donner une pièce de son armement. Gornemant enfin prit l’épée, il la lui ceignit3 en lui donnant l’accolade4 :
  – Avec l’épée, je te confère l’ordre de chevalerie, l’ordre le plus élevé que Dieu ait créé, un ordre qui n’admet aucune bassesse.
  Puis il ajouta ces paroles, pour l’instruire de ses devoirs :
  – Cher frère, souviens-toi bien de ceci : si tu as le dessus dans un combat avec un chevalier et si ton adversaire implore sa grâce, surtout, ne le tue pas : épargne-le ! Garde-toi aussi d’être trop bavard : celui qui ne sait pas tenir sa langue finit toujours par dire quelque chose de blâmable. S’il t’arrive en chemin de trouver quelqu’un dans la détresse, homme ou femme, dame ou demoiselle, viens-lui en aide, tu feras bien. Une dernière chose enfin, mais très importante : entre souvent dans les églises pour prier Dieu le Créateur, afin qu’il ait pitié de ton âme et qu’il te protège en ce monde comme son fidèle chrétien.
  – Soyez béni, seigneur, car vous m’avez dit exactement les mêmes choses que ma mère5.

ANNE-MARIE CADOT-COLIN, Perceval ou le Conte du Graal, d’après Chrétien de Troyes, © Le livre de poche jeunesse, 2014.

1. Par la qualité du tissage et leur teinture, tous ces vêtements sont luxueux.
2. Chacun des chevaliers présents dans le château de Gornemant.
3. Du verbe ceindre, passer autour des hanches (penser à ceinture).
4. « Fait de rapprocher les cous » (cols) : prendre dans ses bras.
5. En laissant Perceval partir, sa mère lui a donné quelques recommandations.

L’ancien français

  • À l’époque romaine, dans tout le sud de l’Europe, on parle latin.
  • Vers l’an mille, on parle des versions du latin qui ont tellement évolué qu’on ne se comprend pas d’un pays à l’autre. Ce sont les langues romanes.
  • L’ancien français est à mi-chemin entre le latin et le français moderne.

Lire l’ancien français

D’abord, imaginez le sens global de la réponse de Gornemant. Puis lisez à haute voix en oubliant l’orthographe. Relisez plusieurs fois en vous appuyant sur les mots qui ressemblent au français moderne, sans vous focaliser sur les mots étranges.

3. Avoir un nouveau modèle

  « Soyez béni, seigneur, car vous m’avez dit exactement les mêmes choses que ma mère », dit Perceval. Voici ce que répond Gornemant dans le texte original, en ancien français (les autres extraits que vous avez lus sont des traductions). Que comprenez‑vous ? Aidez-vous de l’encadré Méthode.

  Or nel dites jamés, biau frere,
fet li prodon1, que vostre mere
vos ait apris et anseignié.
De ce mie ne vos blas gié2
se vos l’avez dit jusque ci,
mes des or3, la vostre merci,
vos pri que vos an chastiez,
que se vos plus le diseiez,
a folie le tanroit l’an4.
Por ce vos pri, gardez vos an.
– Et que dirai ge donc, biau sire ?
– Li vavasors5, ce poëz dire,
qui vostre esperon vos chauça,
le vos aprist et anseigna.

CHRÉTIEN DE TROYES, Perceval ou le Conte du Graal, fin du XIIᵉ siècle.

1. Le prudhomme : Gornemant.
2. De cela je ne vous blâme pas du tout.
3. Désormais.
4. On le tiendrait (prendrait) pour de la folie (bêtise).
5. Le vavasseur : titre de noblesse de Gornemant.

Roman de Troie
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L’image

1
Qu’est-ce qu’une enluminure ?



2
Quels éléments de l’image correspondent au texte 2 ?

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Le texte

COMPÉTENCE - J'interprète des textes littéraires en situant l'œuvre dans son contexte littéraire et historique

Devenir chevalier

1
D’après Gornemant, pour apprendre, « il faut courage, effort et expérience » (texte 1, deuxième paragraphe). Qu’en pensez-vous ?



2
Gornemant est-il un bon maître, d’après vous ? Justifiez votre réponse.



3
Pourquoi Gornemant accepte-t-il d’adouber Perceval ? Donnez au moins deux raisons en vous référant au texte 1.



4
Parmi les vêtements et objets que reçoit Perceval lors de la cérémonie (texte 2), lequel est le plus important ? Justifiez votre réponse.



5
D’après ces extraits, l’esprit chevaleresque est-il inné ou acquis (est-ce qu’on naît chevalier ou est-ce qu’on le devient) ? Proposez une réponse nuancée.



Les valeurs du chevalier

6
Texte 2 (⇧) a) Quels sont les devoirs d’un chevalier ? b) Quel semble être le devoir le plus important ?



7
Texte 2 (⇧) Avant-dernier paragraphe : a) Quel mode verbal Gornemant utilise-t-il principalement ? b) Quelle est sa valeur ?



8
Quelle place les chevaliers ont-ils dans la société du Moyen Âge ? Justifiez en citant le texte.

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