Texte 1


Rutebeuf, « Renart le Bestourné » (1261)





Enluminure Renart le Nouvel
Maître du Lat, Renart en habit franciscain devant Noble le lion, 1290 - 1300, enluminure du manuscrit Renart le Nouvel, 7,5 × 7,5 cm, BnF, Paris.

Éclairage

Une épigramme est un petit poème satirique se terminant par un trait d’esprit, « la pointe ».
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Entrer dans le texte

1
Comment Renart est-il présenté dans les trois premiers vers du texte ?


Renart

2
Pourquoi peut-on dire que Renart a saisi les rênes du pouvoir royal ? Justifiez en citant le texte.


3

a. Quelles sont les conséquences des actions de Renart pour le peuple ?

b. Pour le roi ?


4
GRAMMAIRE
Vers 17-18, identifiez les compléments du verbe, donnez leur fonction, puis réécrivez la phrase en les pronominalisant.


5

a. Renart est moine : montrez qu’il fait le contraire de ce qu’un chrétien devrait faire.

b. Faites le lien avec le titre du texte.


6
Texte écho
a. Résumez le propos de Marot.

b. Quelle critique des religieux formule-t-il ici ?

c. Quels sont les points communs et les différences entre le curé et Renart ?


Noble

7
Quelle image est donnée de Noble le lion ? Justifiez votre réponse en citant le texte.


8

a. Qui est en réalité représenté par Noble le lion ?

b. Comment le poète atténue-t-il le caractère personnel de son attaque ?


9
Relisez les vers 28 à 33.
a. Quelle est l’erreur de Noble ?

b. Ce texte est-il une critique de la religion ?


Vers le commentaire

10
Quelles sont les cibles de la satire dans ce poème ?
ORAL
Argumentation
À deux, imaginez le procès de Renart. L’un l’accuse et l’autre le défend.
Vous pouvez vous enregistrer pour vous entraîner.
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L'image


a. Quelles attitudes Noble et Renart adoptent-ils respectivement ?

b. Pourquoi peut-on dire qu’elles sont trompeuses ?

Texte écho
Clément Marot, « D’un curé » (1538)

Au curé, ainsi comme il dit,
Plaisent toutes belles femelles,
Et ont envers lui grand crédit,
Tant Bourgeoises que Damoiselles ;
Si lui plaisent les femmes belles
Autant qu’il dit, je n’en sais rien ;
Mais une chose je sais bien,
Qu’il ne plaît pas à une d’elles1.

Clément Marot, « D’un curé », Épigrammes, 1538, Œuvres complètes, 1973, Éditions Garnier Flammarion.


1. Pas à une seule d’entre elles.

Manuscrit Rutebeuf
Rutebeuf, « Renart le Bestourné1 » (1261)

Mécontent des décisions prises par le roi Louis XI sous l’influence des ordres mendiants (ordres religieux qui prônent l’austérité mais qui, paradoxalement, s’enrichissent), Rutebeuf reprend les personnages du Roman de Renart pour dénoncer la crédulité des rois, séduits par de mauvais conseillers. Renart est un moine à la cour du roi Noble le lion.

Renart est mort, Renart est vivant2,
Renart est abject, Renart est vil3,
Et Renart règne !
Renart règne depuis longtemps sur le royaume ;
Il y chevauche à loisir les rênes lâchés,
Au grand galop.
Le bruit court qu’on l’aurait pendu
C’est du moins ce que j’avais entendu,
Mais, à dire vrai, il n’en est rien :
Vous le comprendrez bien vite.
Il est le maître de tous les biens
De Monseigneur Noble,
Et des champs et des vignes.
À Constantinople4,
Renart a tout bien manigancé,
Dans les maisons comme dans les caves.
Il n’a même pas laissé deux navets
À l’empereur :
Il en a fait au contraire un pauvre pécheur ;
Encore un peu plus, et il en faisait un pêcheur
De pleine mer5.
Il n’y a rien à aimer6 en Renart
Car Renart n’est rien d’autre qu’amer6,
C’est sa façon d’être. […]
Renart est propre à déclencher une guerre
Dont le pays
Ne pourrait pas se relever.
Monseigneur Noble le lion
Est persuadé que son salut
Dépend de Renart.
En fait, pas du tout ; qu’il s’adresse plutôt à Dieu !
J’ai bien peur qu’il ne récolte au contraire
Préjudice et honte.


Rutebeuf, « Renart le Bestourné » (extrait), 1261, trad. de l’ancien français d’Adrien Fromage, 2019.


1. Qui a mal tourné.
2. Parodie des paroles prononcées lors de la messe : « Christ est mort, Christ est ressuscité / vivant ! »
3. Mauvais, infâme.
4. Capitale du royaume de Noble.
5. La condition de pêcheur en pleine mer était particulièrement dangereuse et pénible au Moyen Âge.
6. En ancien français, « aimer » et « amer » s’écrivaient « amer ».

Éclairage : Les clés religieuses du texte

  • Dans la Bible, des pêcheurs quittent tout pour devenir les premiers comp