DOSSIER



L’émergence des risques industriels




Quels risques l’industrialisation engendre‑t‑elle au sein de la société française ?


3
Le travail de forgeage dans une usine sidérurgique

François Bonhommé, Forgeage au marteau-pilon dans les
ateliers d’Indret de l’arbre coudé d’une frégate à hélice de
600 chevaux, v. 1865, huile sur toile, 125 x 220 cm, Écomusée,
Creusot.
François Bonhommé, Forgeage au marteau‑pilon dans les ateliers d’Indret de l’arbre coudé d’une frégate à hélice de 600 chevaux, v. 1865, huile sur toile, 125 x 220 cm, Écomusée, Creusot.


Les progrès de l’industrialisation en France au XIXe siècle engendrent l’émergence de nouveaux risques. Ceux-ci concernent aussi bien les travailleurs – bien que le risque professionnel ne soit nommé comme tel qu’à la toute fin du XIXe siècle – que les espaces de production (ateliers, mines, industries). Du fait de l’intégration de nombreux ateliers et usines au cœur des villes, ces nouveaux risques exposent également les populations urbaines. Une partie des contemporains prend rapidement conscience de l’existence de ces nouveaux risques, tandis que leur prise en charge fait intervenir différents acteurs, de l’État aux industriels en passant par les enquêteurs sociaux.

2
L’incendie, risque industriel omniprésent

Anonyme, L’Incendie de la Motte-Bossut, 1866,
gravure, médiathèque, Roubaix.

Cette usine de filature, située à Roubaix en plein centre‑ville, est surnommée « l’atelier‑monstre » en raison de sa hauteur (5 étages, 25 mètres de haut) et de ses nombreuses broches des machines à tisser. Frappée à plusieurs reprises par des départs d’incendie, celui représenté ci-contre se déclare le 8 décembre 1866 au 3e étage, suite à une opération de nettoyage d’une machine, détruisant totalement le bâtiment principal et quelques bâtiments adjacents.
Anonyme, L’Incendie de la Motte‑Bossut, 1866, gravure, médiathèque, Roubaix.

1
Les risques quotidiens du travail industriel : le cas des ouvriers des filatures

Il s’agit ici d’une des nombreuses enquêtes sociales portant sur les conditions de vie des ouvriers, à la suite des travaux de Louis René Villermé et Frédéric Le Play, pères fondateurs des enquêtes sociologiques.

L’ouvrier employé dans les filatures est assujetti à un travail assez fatiguant qui l’oblige de se tenir debout pendant douze heures par jour ; demeurant souvent à plusieurs kilomètres de la fabrique, dans ce dernier cas, obligé de franchir deux fois par jour une distance assez considérable, par toutes les intempéries des saisons, parfois n’ayant qu’une nourriture insuffisante, mal vêtu, exposé à des accidents qui peuvent devenir redoutables, respirant dans certaines salles une atmosphère rendue délétère par des poussières, quelquefois mal logé, privé de lumière et de soleil, commettant souvent des excès qui épuisent sa constitution, l’ouvrier fileur, disons-nous, est soumis à l’influence d’une foule de causes de maladies, et l’on comprend que la mortalité des ouvriers employés dans les filatures soit si considérable, comme le prouvent les recherches de M. Villermé [Tableau de l’état physique et moral des ouvriers employés dans les manufactures de coton, de laine et de soie, 1840]. […]

Celui qui pénètre pour la première fois dans les salles d’une filature éprouve une sensation assez pénible à la vue de ces enfants et de ces adultes, debout pendant presque toute la journée, constamment en mouvement, obligés de prêter une attention continuelle à leurs métiers ; ajoutez à cela la température fort élevée des salles, les émanations huileuses, les poussières qui existent dans l’air, le bourdonnement des machines à vapeur, le cliquetis des brochettes, la trépidation du plancher, et vous serez un instant comme étourdi et pris de vertige.

S. Picard, De l’hygiène des ouvriers employés dans les filatures, 1863.

4
Le « coup de grisou », terreur des mineurs

À peine le gaz est‑il au contact de la flamme d’une lampe, qu’une détonation épouvantable a lieu. C’est l’effet de la combinaison de chacun des éléments du grisou, l’hydrogène et le carbone, avec l’oxygène de l’air. […] La réaction se fait comme par un coup de tonnerre. L’explosion se propage instantanément dans toutes les galeries de la mine, elle renverse les chariots, les barrages, remonte jusque dans les puits, et soulève sur leurs fondations les charpentes qui en couronnent l’orifice. Les hommes sont aveuglés, jetés par terre, calcinés. Souvent leurs habits prennent feu. Quand on essaye de voler à leur secours, il n’est plus temps : ce ne sont plus que des cadavres à peine reconnaissables. […] Le fléau ne respecte personne ; la mort s’étend sur toute la partie de la mine où régnait le gaz, où l’explosion a eu lieu.


Louis-Laurent Simonin, La Vie souterraine, 1867.

Questions

Voir les réponses

Étudier un phénomène

1. Identifiez les risques auxquels les ouvriers sont confrontés dans les filatures, les forges et les mines. (Doc. 1, 2, 3 et 4)

2. Expliquez pourquoi la localisation de l’usine et du magasin représentent un risque à l’échelle du quartier. (Doc. 2 et 5)


Faire un bilan

3. Répondez à la problématique sous la forme d’un tableau.

conséquences matérielles conséquences sociales
pour les travailleurs
pour le lieu de production

’émergence des risques industriels

5
Explosion de poudre dans un magasin de produits chimiques

Explosion dans le magasin de M. Fontaine, place de la
Sorbonne à Paris, Le Monde illustré, 27 mars 1869.

L’explosion est due à une mauvaise manipulation d’un explosif. Entendue à un kilomètre à la ronde, elle a soufflé le magasin, brisé des milliers de vitres, engendré un incendie et produit d’épaisses fumées toxiques. Quatre personnes sont tuées sur le coup, deux décèdent des suites de leurs blessures, tandis que les blessés se comptent par dizaines.
Explosion dans le magasin de M. Fontaine, place de la Sorbonne à Paris, Le Monde illustré, 27 mars1869.
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