COURS 4


La République contestée et en débat







1
Les attentats anarchistes

Attentat à la Chambre des députés, le 9 décembre 1893, Une du Petit Journal
Attentat à la Chambre des députés, le 9 décembre 1893, Une du Supplément illustré du Petit Journal, 23 décembre 1893.

Repères

Alfred Dreyfus

Alfred Dreyfus
(1859-1935)

Ce juif alsacien quitte sa région après la guerre de 1871 et prend la nationalité française. En 1894, il est officier d’artillerie quand il est condamné pour trahison, dégradé et exilé. Plusieurs journalistes et hommes politiques prennent sa défense et finissent par prouver son innocence : en 1906, le jugement est cassé et il est nommé chevalier de la Légion d’honneur. À la retraite, il est mobilisé durant la Première Guerre mondiale. Il meurt en 1935.

3
Le boulangisme contre la République

Boulangisme, Une du journal Le Grelot
Une du journal Le Grelot, 29 mai 1887.

2
La République impie

Plusieurs fois député, Émile Keller (1828‑1909) est l’un des chefs de file du parti catholique antirépublicain.

La République, c’est le régime impie et persécuteur que nous subissons dans les plus petits villages comme dans la plus grande ville ; c’est le concert des mauvais sujets qui se sont emparés du pouvoir, qui disposent de toutes les places et de toutes les faveurs, qui dénoncent, oppriment, maltraitent et chassent des fonctions publiques quiconque va à la messe […]. Les hommes qui sont au pouvoir sont les ennemis systématiques et implacables de la religion catholique. […] Ce qu’il faut, c’est […] résister aux sectaires implacables qui ont pris l’engagement de déchristianiser la France.


Émile Keller, lettre au pape Léon XIII, 7 février 1891.

1
Des courants révolutionnaires

Le syndicalisme révolutionnaire. Il se développe, en lien avec l’idée symbolique d’une « grève générale » capable de renverser l’ordre établi. Le souvenir de la Commune perdure, comme le montrent les triomphales tournées de conférences que Louise Michel, revenue du bagne, accomplit jusqu’à sa mort en 1905.

L’anarchisme. Plusieurs militants anarchistes organisent une série d’attentats entre 1892 et 1894, qui fascinent l’opinion et inquiètent le gouvernement (doc. 1). Ces actions vont jusqu’à l’assassinat du président de la République Sadi Carnot en 1894.

Des mouvements minoritaires. Marqués par des divergences internes, ces mouvements s’essouflent face aux durcissements successifs de la répression. La liberté d’association et l’encouragement donné à l’intervention étatique dans les négociations syndicales contribuent à encadrer ces courants politiques.

Vocabulaire

Anarchiste : partisan de l’anarchisme, mouvement d’extrême gauche qui s’oppose à toute forme d’autorité et de hiérarchie.

Anticléricalisme : hostilité au clergé et, plus généralement, volonté de séparer les sphères laïque et religieuse.

Antisémitisme : hostilité et haine à l’égard des juifs.

Boulangisme : mouvement politique nationaliste et antiparlementariste qui réunit de nombreux opposants au régime à la fin des années 1880, autour du général Boulanger.

Nationalisme : courant de pensée et d’action politique qui veut garantir les valeurs et intérêts nationaux. Il peut s’accompagner de xénophobie et d’une volonté d’isolement culturel et économique.


Confrontée à des oppositions multiples, la République reste un régime solidement installé.

Les divergences idéologiques de la société française de l'époque menacent‑elles réellement la République ?

Prolongement numérique

L’affaire Dreyfus résumée dans un format semi‑animé : cette vidéo de la série d’Arte Karambolage, réalisée par Claire Doutriaux, permet de faire le tour de l’affaire Dreyfus et de ses principaux enjeux.
Après avoir rappelé le déroulé des faits, la vidéo revient sur l’importance des débats qui divisent le pays.

vidéo de la série d’Arte Karambolage

Pour les « dreyfusards », la défense de Dreyfus devient en effet une façon de soutenir les valeurs laïques et républicaines, face à une partie de l’opinion conservatrice et antisémite. Les « antidreyfusards », eux, défendent une France traditionnelle et nationaliste.

3
Une France nationaliste et antisémite

L’antiparlementarisme. Des scandales politico‑financiers impliquant des députés alimentent une hostilité diffuse au régime. Celle‑ci se cristallise parfois autour de grandes figures charismatiques, comme le mouvement boulangiste, qui prône un retour à un ordre militaire (doc. 3).

L’affaire Dreyfus. En 1894, l’officier Alfred Dreyfus est accusé d’espionnage pour le compte de l’Allemagne. Juif, il est le coupable idéal dans un pays où l’antisémitisme est très ancré. L’enquête est falsifiée, la presse l’accable malgré des preuves de plus en plus claires de son innocence. Dreyfus n’est réhabilité qu’en 1906.

La violence nationaliste. L’extrême droite prend de l’ampleur au tournant du siècle avec des ligues comme la Ligue des patriotes, créée en 1882. Leurs membres défendent des valeurs réactionnaires et xénophobes, exaltent le rôle de l’armée et l’appartenance nationale. Le gouvernement réprime sévèrement les mouvements les plus radicaux, qui caressent l’idée de renverser la République.

2
Une France réactionnaire et cléricale

Un catholicisme bien ancré. La France reste un pays très croyant. Alors que les Églises protestantes sont plutôt républicaines, une partie du clergé et de l’électorat catholiques considèrent la République comme un régime impie (doc. 2). Néanmoins, ils se rallient peu à peu au nouveau régime, sous l’impulsion du pape Léon XIII.

Le refus de coopérer. L’Église catholique refuse de former les associations cultuelles exigées par la loi de 1905, et se dresse parfois contre les inventaires des bâtiments religieux. Certaines processions de rue tournent parfois à la violence et sont l’occasion de protester contre la politique anticléricale du gouvernement.

La nostalgie d’une époque passée ? Une partie des Français déplore la perte de certaines traditions. L’idée d’un retour à la monarchie persiste même si elle reste minoritaire.
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