Repères art et littérature / Théâtre


Le théâtre de l'absurde





Une parole « vidée de son contenu » (Ionesco)

Face à un monde vidé de son sens, la parole se détache de sa fonction de communication pour devenir un objet ludique.

En apprenant l’anglais avec la méthode Assimil, Eugène Ionesco prend conscience de l’importance des clichés qui parcourent le langage. Il décide alors d’écrire La Cantatrice chauve en utilisant et répétant des phrases issues de ce manuel de conversation.

CARTE D'IDENTITÉ


 Origine  L’absurde, c’est-à-dire ce qui échappe à toute logique, caractérise les pièces de plusieurs dramaturges du milieu du XXe siècle. Ils ne se regroupent pas dans un mouvement mais partagent le même rejet des règles traditionnelles du théâtre et la volonté de déconstruire les personnages, le langage et l’intrigue.

 Où ?  En France et en Europe de l’Est (Hongrie, Pologne, Tchécoslovaquie).

 Où ?  Des années 1950 aux années 1970.

Texte A
Pour s’arracher au quotidien, à l’habitude, à la paresse mentale qui nous cache l’étrangeté du monde, il faut recevoir comme un véritable coup de matraque. [...] Je n’ai jamais compris, pour ma part, la différence que l’on fait entre comique et tragique. Le comique étant l’intuition de l’absurde, il me semble plus désespérant que le tragique. Le comique n’offre pas d’issue. Je dis : « désespérant », mais, en réalité, il est au-delà ou en-deçà du désespoir ou de l’espoir.

Eugène Ionesco, Notes et contre-notes, 1966, Éditions Gallimard.

Une théorie de l'absurde

Lisez le chapitre 4 du Mythe de Sisyphe d’Albert Camus (1942).
a. Pourquoi ce mythe exprime-t-il l’absurdité de la condition humaine ?

b. Quelle est la solution proposée par Camus ?

Voir les réponses

1
Texte A Pour Ionesco, le comique est plus désespérant que le tragique. Êtes-vous d’accord ? Expliquez.



2
Doc. 1 Pourquoi cette image peut-elle représenter l’absence de communication ?


La Cantatrice chauve,
mise en scène de François
Berreur, Théâtre de l'Athénée,
Paris, 2009.

Doc. 1
La Cantatrice chauve, mise en scène de François Berreur, Théâtre de l'Athénée, Paris, 2009.

Frise interactive

Eras

    Évènements

    1. 1950 - 1970 :<span class="sc-gojNiO eMwZLZ"><strong class="sc-daURTG gwAwyJ">◐ LE THÉÂTRE DE L&#x27;ABSURDE</strong></span> |
    2. 1952 - :<span class="sc-gojNiO eMwZLZ">⊙ Samuel Beckett, <i>En attendant Godot</i></span> |
    3. 1957 - :<span class="sc-gojNiO eMwZLZ">⊙ Samuel Beckett, <i>Fin de partie</i></span> |
    4. 1947 - :<span class="sc-gojNiO eMwZLZ">⊙ Arthur Adamov, <i>La Parodie</i></span> |
    5. 1950 - :<span class="sc-gojNiO eMwZLZ">⊙ Eugène Ionesco, <i>La Cantatrice chauve</i></span> |
    6. 1951 - :<span class="sc-gojNiO eMwZLZ">⊙ Eugène Ionesco, <i>La Leçon</i></span> |
    Légende : Œuvre théâtrale




    Ce qu'il faut retenir

    FR.ReperesTheatre-4

    Rejeter les règles traditionnelles du théâtre

    Les dramaturges du théâtre de l’absurde mêlent comique et tragique afin de mettre le spectateur mal à l’aise, pour qu’il prenne conscience de l’étrangeté du monde (► Texte A).

    Ils rejettent également toute caractérisation psychologique des personnages : on connaît peu de choses de leur vie ou de leur caractère. Ce sont des anti-héros. De même, toute forme traditionnelle d’intrigue est rejetée : dans En attendant Godot, les personnages attendent en vain un personnage dont le spectateur ne sait rien.