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Course vers l'Angleterre

DYS

Course vers l'Angleterre

Le duc de Buckingham, un Anglais, est fou amoureux de la reine de France. Celle-ci repousse ses avances mais lui donne les ferrets en diamants que Louis XIII lui a offerts. L’information parvient aux oreilles du cardinal de Richelieu, qui s’empresse de conseiller au roi d’organiser un bal pour que la reine puisse montrer à toute la Cour les beaux diamants qu’il lui a offerts. La reine, affolée, envoie d’Artagnan à Londres pour récupérer en urgence ses bijoux.
1
À
deux heures du matin, notre aventurier sortit de Paris par la barrière Saint-Denis. Planchet1 suivait, armé jusqu’aux dents. [...]
  On arriva à Amiens à minuit, et l’on descendit à l’auberge du Lis d’Or.
  Le lendemain, piquant2 de plus belle, d’Artagnan et Planchet arrivèrent à Saint-Omer d’une seule traite. [...] À cent pas des portes de Calais, le cheval de d’Artagnan s’abattit, et il n’y eut pas moyen de le faire se relever : le sang lui sortait par le nez et par les yeux ; restait celui de Planchet, mais celui-là s’était arrêté, et il n’y eut plus moyen de le faire repartir.
  Ils laissèrent les deux montures sur le grand chemin et coururent au port. Planchet fit remarquer à son maître un gentilhomme qui arrivait avec son valet et qui ne les précédait que d’une cinquantaine de pas. Ils s’approchèrent vivement de ce gentilhomme, qui paraissait fort affairé3. Il avait ses bottes couvertes de poussière, et s’informait s’il ne pourrait point passer à l’instant même en Angleterre.
  « Rien ne serait plus facile, répondit le patron d’un bâtiment4 prêt à mettre la voile ; mais, ce matin, est arrivé l’ordre de ne laisser partir personne sans une permission expresse de M. le cardinal.
  – J’ai cette permission, dit le gentilhomme en tirant un papier de sa poche, la voici.
  – Faites-la viser par le gouverneur du port, dit le patron, et donnez-moi la préférence5.
  [...] D’Artagnan et Planchet suivirent le gentilhomme. Une fois hors de la ville, d’Artagnan pressa le pas et rejoignit le gentilhomme comme il entrait dans un petit bois.
  « Monsieur, lui dit d’Artagnan, vous me paraissez fort pressé ?
  – On ne peut plus pressé, monsieur. J’ai fait soixante lieues6 en quarante-quatre heures, et il faut que demain à midi je sois à Londres.
  – J’ai fait le même chemin en quarante heures et il faut que demain à dix heures du matin je sois à Londres. [...]
  – Que désirez-vous ?
  – Eh bien, je veux l’ordre dont vous êtes porteur, attendu que je n’en ai pas, moi, et qu’il m’en faut un.
  – Vous plaisantez, je présume.
  – Je ne plaisante jamais. »
  […] En trois secondes d’Artagnan lui fournit trois coups d’épée ; au troisième coup, le gentilhomme tomba comme une masse. D’Artagnan fouilla dans la poche où il l’avait vu remettre l’ordre de passage et il le prit.
  « Et maintenant, dit d’Artagnan, chez le gouverneur ! » [...]
  « Vous avez un ordre signé du cardinal ? dit le gouverneur.
  – Oui, monsieur, répondit d’Artagnan, le voici.
  – Ah ! ah ! il est en règle et bien recommandé, dit le gouverneur. Il paraît que Son Éminence7 veut empêcher quelqu’un de parvenir en Angleterre.
  – Oui, un certa