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Le vieux derviche

DYS

Le vieux derviche

Les années ont passé. L’intendant des jardins et sa femme sont morts. Les trois enfants du sultan, Bahman, Perviz et Parizade, vivent ensemble en paix. Mais un jour, ils apprennent d’une mystérieuse vieille femme l’existence de trois objets merveilleux. Bahman décide de partir à l’aventure : il veut les rapporter chez eux. En chemin, il rencontre un vieux derviche1.
1
«B
on derviche, reprit le prince Bahman, je viens de loin, et je cherche l’oiseau qui parle, l’arbre qui chante et l’eau jaune. Je sais que ces trois choses sont quelque part ici aux environs ; mais j’ignore l’endroit où elles sont précisément. Si vous le savez, je vous conjure1 de m’enseigner le chemin, afin que je ne prenne pas l’un pour l’autre, et que je ne perde pas le fruit du long voyage que j’ai entrepris. »
  [Le derviche ne veut pas révéler au jeune homme ce qu’il cherche.]
  « C’est que le danger auquel vous vous exposez est plus grand que vous ne pouvez le croire. D’autres seigneurs, en grand nombre, qui n’avaient ni moins de hardiesse, ni moins de courage que vous pouvez en avoir, sont passés par ici et m’ont fait la même demande que vous m’avez faite. Après que je n’eus rien oublié pour les détourner de passer outre3, ils n’ont pas voulu me croire : je leur ai enseigné le chemin malgré moi, en me rendant à leurs instances4; et je puis vous assurer qu’ils ont tous échoué, et que je n’en ai pas vu revenir un seul. Pour peu donc que vous aimiez la vie, et que vous vouliez suivre mon conseil, vous n’irez pas plus loin, et vous retournerez chez vous. » Le prince Bahman persista dans sa résolution.
  [...]
  « Puisque je ne puis obtenir de vous, dit-il, que vous m’écoutiez, et que vous profitiez de mes conseils, prenez cette boule, et quand vous serez à cheval, jetez-la devant vous, et suivez-la jusqu’au pied d’une montagne où elle s’arrêtera. Quand elle sera arrêtée, vous mettrez pied à terre, et vous laisserez votre cheval la bride sur le cou, qui demeurera à la même place en attendant votre retour. En montant, vous verrez à droite et à gauche une grande quantité de grosses pierres noires, et vous entendrez une confusion de voix de tous les côtés qui vous diront mille injures pour vous décourager, et pour faire en sorte que vous ne montiez pas jusqu’au haut ; mais gardez-vous bien de vous effrayer, et surtout, de tourner la tête pour regarder derrière vous ; en un instant vous seriez changé en une pierre noire, semblable à celles que vous verrez, lesquelles sont autant de seigneurs comme vous, qui n’ont pas réussi dans leur entreprise, comme je vous le disais. Si vous évitez le danger que je ne vous dépeins que légèrement, afin que vous y fassiez bien réflexion, et que vous arriviez au haut de la montagne, vous y trouverez une cage, et dans la cage l’oiseau que vous cherchez. Comme il parle, vous lui demanderez où sont l’arbre qui chante, et l’eau jaune ; et il vous l’enseignera. Je n’ai rien à vous dire davantage : voilà ce que vous avez à faire, et voilà ce que vous avez à éviter ; mais si vous vouliez me croire, vous suivriez le conseil que je vous ai donné, et vous ne vous exposeriez pas à la perte de votre vie. »
Les textes principaux
  • 1704
    . Le vieux derviche
    1 question associée
Les images
  • 1926-1932
    . Les Mille et Une Nuits
    Léon Carré
Le document illustratif
Le registre merveilleux
Dans un texte merveilleux, le surnaturel, la magie « existent » et ne sont pas étonnants. Par exemple, une fée peut changer une citrouille en carrosse sans que le personnage en soit particulièrement surpris. Le monde merveilleux est donc différent du nôtre.
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Les années ont passé. L’intendant des jardins et sa femme sont morts. Les trois enfants du sultan, Bahman, Perviz et Parizade, vivent ensemble en paix. Mais un jour, ils apprennent d’une mystérieuse vieille femme l’existence de trois objets merveilleux. Bahman décide de partir à l’aventure : il veut les rapporter chez eux. En chemin, il rencontre un vieux derviche1.
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«B
on derviche, reprit le prince Bahman, je viens de loin, et je cherche l’oiseau qui parle, l’arbre qui chante et l’eau jaune. Je sais que ces trois choses sont quelque part ici aux environs ; mais j’ignore l’endroit où elles sont précisément. Si vous le savez, je vous conjure1 de m’enseigner le chemin, afin que je ne prenne pas l’un pour l’autre, et que je ne perde pas le fruit du long voyage que j’ai entrepris. »
  [Le derviche ne veut pas révéler au jeune homme ce qu’il cherche.]
  « C’est que le danger auquel vous vous exposez est plus grand que vous ne pouvez le croire. D’autres seigneurs, en grand nombre, qui n’avaient ni moins de hardiesse, ni moins de courage que vous pouvez en avoir, sont passés par ici et m’ont fait la même demande que vous m’avez faite. Après que je n’eus rien oublié pour les détourner de passer outre3, ils n’ont pas voulu me croire : je leur ai enseigné le chemin malgré moi, en me rendant à leurs instances4; et je puis vous assurer qu’ils ont tous échoué, et que je n’en ai pas vu revenir un seul. Pour peu donc que vous aimiez la vie, et que vous vouliez suivre mon conseil, vous n’irez pas plus loin, et vous retournerez chez vous. » Le prince Bahman persista dans sa résolution.
  [...]
  « Puisque je ne puis obtenir de vous, dit-il, que vous m’écoutiez, et que vous profitiez de mes conseils, prenez cette boule, et quand vous serez à cheval, jetez-la devant vous, et suivez-la jusqu’au pied d’une montagne où elle s’arrêtera. Quand elle sera arrêtée, vous mettrez pied à terre, et vous laisserez votre cheval la bride sur le cou, qui demeurera à la même place en attendant votre retour. En montant, vous verrez à droite et à gauche une grande quantité de grosses pierres noires, et vous entendrez une confusion de voix de tous les côtés qui vous diront mille injures pour vous décourager, et pour faire en sorte que vous ne montiez pas jusqu’au haut ; mais gardez-vous bien de vous effrayer, et surtout, de tourner la tête pour regarder derrière vous ; en un instant vous seriez changé en une pierre noire, semblable à celles que vous verrez, lesquelles sont autant de seigneurs comme vous, qui n’ont pas réussi dans leur entreprise, comme je vous le disais. Si vous évitez le danger que je ne vous dépeins que légèrement, afin que vous y fassiez bien réflexion, et que vous arriviez au haut de la montagne, vous y trouverez une cage, et dans la cage l’oiseau que vous cherchez. Comme il parle, vous lui demanderez où sont l’arbre qui chante, et l’eau jaune ; et il vous l’enseignera. Je n’ai rien à vous dire davantage : voilà ce que vous avez à faire, et voilà ce que vous avez à éviter ; mais si vous vouliez me croire, vous suivriez le conseil que je vous ai donné, et vous ne vous exposeriez pas à la perte de votre vie. »
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