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L'affrontement final

DYS

L'affrontement final

Le capitaine Achab a réussi à entrainer son équipage dans sa folle vengeance personnelle contre Moby Dick. À la suite d’une longue traque, le Péquod est enfin sur la piste de la baleine blanche. Par deux fois, elle a échappé aux harponneurs en brisant leurs canots et en emportant leurs harpons.
1
S
oudain les eaux autour d’eux gonflèrent, formant de larges cercles, puis elles se soulevèrent rapidement comme si elles glissaient de part et d’autre d’un iceberg qui remonterait brusquement à la surface. On entendit un grondement sourd, un bourdonnement sous-marin et tous retinrent leur respiration quand, couverte de lignes emmêlées, de harpons et de lances, une forme énorme jaillit de biais hors de l’eau.
  Elle plana un moment dans l’air irisé1, enveloppée d’un mince voile de brume, puis retomba lourdement dans les profondeurs. Projetées à dix mètres de haut, les eaux étincelèrent un instant tels des jets de fontaines, puis se brisèrent en une averse de flocons qui forma comme une mousse de lait frais autour de la baleine marmoréenne2.
  – En avant !, cria Achab aux rameurs, et les barques s’élancèrent à l’attaque. Mais Moby Dick était enragée par les fers3 de la veille qui lui meurtrissaient la chair, elle semblait possédée par tous les diables. Sous la peau transparente de son large front blanc, on vit de grandes rangées de tendons noués tandis qu’elle s’élança, tête la première, en battant de la queue parmi les canots, qu’elle sépara une fois de plus. Elle balaya les fers et les lances des canots des deux seconds et fonça contre leur proue, mais laissa le canot d’Achab presque intact. [...]
  – Oh, Achab ! s’écria Starbuck, même si cela fait maintenant trois jours qu’on chasse, il n’est pas trop tard pour renoncer. Regardez ! Ce n’est pas Moby Dick qui en a après vous ! C’est vous, vous seul, qui la cherchez ! […]
  Le harpon fut lancé, la baleine frappée chargea. La ligne fila à une telle vitesse dans la rainure qu’elle faillit prendre feu… puis se coinça. Achab se pencha pour la démêler, et il y parvint, mais la ligne s’enroula autour de son cou. En silence, comme quand les bourreaux muets des sultans étranglent leurs victimes, il fut emporté hors du canot sans même que l’équipage ait le temps de s’en apercevoir. L’instant d’après, le lourd nœud au bout de la corde s’envola, renversa un rameur au passage, frappa la mer et disparut dans les profondeurs.
  L’équipage resta un instant immobile, pétrifié. Puis il se retourna.
  – Le bateau, grand Dieu, où est le bateau ?
  Ils ne tardèrent pas à le voir à travers les sombres remous. Son fantôme s’effaçait […]. Alors, pris dans les cercles concentriques de l’eau, le canot solitaire, tout son équipage, chaque rame qui flottait, chaque lance, chaque être vivant ou objet, tout fut emporté dans un grand tourbillon qui engloutit la moindre épave du Péquod.
Les textes principaux
  • 1851
    . L'affrontement final
    HERMAN MELVILLE
Les images
  • XXᵉ siècle
    . Moby Dick
  • 1976
    . Mythes et légendes
    Andrew Howat
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Text

HERMAN MELVILLE, Moby Dick, chap. CXXXV, 1851, traduction de S. Eon du Val, 2015.

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Le capitaine Achab a réussi à entrainer son équipage dans sa folle vengeance personnelle contre Moby Dick. À la suite d’une longue traque, le Péquod est enfin sur la piste de la baleine blanche. Par deux fois, elle a échappé aux harponneurs en brisant leurs canots et en emportant leurs harpons.
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S
oudain les eaux autour d’eux gonflèrent, formant de larges cercles, puis elles se soulevèrent rapidement comme si elles glissaient de part et d’autre d’un iceberg qui remonterait brusquement à la surface. On entendit un grondement sourd, un bourdonnement sous-marin et tous retinrent leur respiration quand, couverte de lignes emmêlées, de harpons et de lances, une forme énorme jaillit de biais hors de l’eau.
  Elle plana un moment dans l’air irisé1, enveloppée d’un mince voile de brume, puis retomba lourdement dans les profondeurs. Projetées à dix mètres de haut, les eaux étincelèrent un instant tels des jets de fontaines, puis se brisèrent en une averse de flocons qui forma comme une mousse de lait frais autour de la baleine marmoréenne2.
  – En avant !, cria Achab aux rameurs, et les barques s’élancèrent à l’attaque. Mais Moby Dick était enragée par les fers3 de la veille qui lui meurtrissaient la chair, elle semblait possédée par tous les diables. Sous la peau transparente de son large front blanc, on vit de grandes rangées de tendons noués tandis qu’elle s’élança, tête la première, en battant de la queue parmi les canots, qu’elle sépara une fois de plus. Elle balaya les fers et les lances des canots des deux seconds et fonça contre leur proue, mais laissa le canot d’Achab presque intact. [...]
  – Oh, Achab ! s’écria Starbuck, même si cela fait maintenant trois jours qu’on chasse, il n’est pas trop tard pour renoncer. Regardez ! Ce n’est pas Moby Dick qui en a après vous ! C’est vous, vous seul, qui la cherchez ! […]
  Le harpon fut lancé, la baleine frappée chargea. La ligne fila à une telle vitesse dans la rainure qu’elle faillit prendre feu… puis se coinça. Achab se pencha pour la démêler, et il y parvint, mais la ligne s’enroula autour de son cou. En silence, comme quand les bourreaux muets des sultans étranglent leurs victimes, il fut emporté hors du canot sans même que l’équipage ait le temps de s’en apercevoir. L’instant d’après, le lourd nœud au bout de la corde s’envola, renversa un rameur au passage, frappa la mer et disparut dans les profondeurs.
  L’équipage resta un instant immobile, pétrifié. Puis il se retourna.
  – Le bateau, grand Dieu, où est le bateau ?
  Ils ne tardèrent pas à le voir à travers les sombres remous. Son fantôme s’effaçait […]. Alors, pris dans les cercles concentriques de l’eau, le canot solitaire, tout son équipage, chaque rame qui flottait, chaque lance, chaque être vivant ou objet, tout fut emporté dans un grand tourbillon qui engloutit la moindre épave du Péquod.
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