Histoire Terminale
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Thème 1 : Fragilités des démocraties, totalitarismes, Seconde Guerre mondiale (1929-1945)
Ch. 1
L’impact de la crise de 1929 : déséquilibres économiques et sociaux
Ch. 2
Les régimes totalitaires
Ch. 3
La Seconde Guerre mondiale
Thème 2 : La multiplication des acteurs internationaux dans un monde bipolaire (de 1945 au début des années 1970)
Ch. 4
La fin de la Seconde Guerre mondiale et les débuts d’un nouvel ordre mondial
Ch. 5
Une nouvelle donne géopolitique : bipolarisation et émergence du tiers-monde
Ch. 6
La France : une nouvelle place dans le monde
Thème 3 : Les remises en cause économiques, politiques et sociales des années 1970 à 1991
Ch. 7
La modification des grands équilibres économiques et politiques mondiaux
Ch. 8
La France de 1974 à 1988, un tournant social, politique et culturel
Thème 4 : Le monde, l’Europe et la France depuis les années 1990, entre coopérations et conflits
Ch. 9
Nouveaux rapports de puissance et enjeux mondiaux
Ch. 10
La construction européenne entre élargissement, approfondissement et remises en question
Ch. 11
La République française
EMC
Axe 1
Fondements et expériences de la démocratie
Axe 2
Repenser et faire vivre la démocratie
Annexes
Chapitre 3
Cours 2

Violences de guerre et crimes de masse

Pourquoi la Seconde Guerre mondiale se distingue-t-elle des conflits précédents par son niveau de violence ?

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A
Une guerre d'un nouveau type

1
Une guerre totale

La mobilisation des sociétés. Les pays belligérants mobilisent l'ensemble de leur appareil industriel et mettent leur économie au service de la guerre. Jamais autant d'hommes n'avaient été mobilisés : on estime qu'environ 100 millions de soldats se sont battus durant la guerre. Dans tous les pays, les civils sont également mis à contribution pour participer à l'effort de guerre, notamment via une intense propagande.

La course à l'armement. Tous les pays en guerre cherchent à moderniser leur armement pour obtenir un avantage sur l'ennemi. Les belligérants élaborent de nouveaux outils de décodage ou de détection (radar, sonar) et, surtout, de nouvelles armes plus meurtrières, comme le missile allemand V2 et la bombe atomique.

2
Une guerre d'anéantissement

Un conflit idéologique. L'opposition entre les pays de l'Axe et les Alliés n'est pas que géopolitique, mais aussi idéologique. Le but est de détruire totalement l'adversaire : on parle de guerre d'anéantissement. L'ennemi est déshumanisé, ce qui contribue à la radicalisation de la violence de guerre, en particulier contre les populations civiles. Allemands, Russes et Japonais commettent ainsi de nombreux massacres de masse.

Les bombardements urbains. Les pays de l'Axe comme les Alliés choisissent de bombarder massivement leurs adversaires. Les cibles sont les voies de communication (routes, ponts), les infrastructures économiques (usines), mais aussi les villes, pour miner le moral de l'adversaire. Le coût matériel et humain de ces opérations est immense : certaines villes, en particulier en Allemagne, sont entièrement détruites (), tandis que les victimes civiles se comptent par dizaines de milliers.

Une politique d'extermination. Les nazis mettent en œuvre la purification ethnique des territoires conquis : dès septembre 1939, l'élite polonaise est exterminée (opération Tannenberg). Dans le cadre de l'opération Barbarossa, les Einsatzgruppen ont pour mission d'exécuter les communistes et la population juive de l'Est, sans distinction d'âge ni de sexe. Près de 1,5 million de personnes sont ainsi assassinées à partir de l'été 1941.

Vocabulaire

  • Einsatzgruppen : commandos allemands spécialisés dans l'assassinat de masse des civils.

  • Effort de guerre : mobilisation sociale, économique et industrielle afin de subvenir aux besoins militaires d'un État.

  • Guerre d'anéantissement : guerre visant la destruction totale des forces militaires et des populations jugées ennemies.

  • Massacre de masse : fait de tuer de nombreuses personnes dans un court délai, généralement par fusillade.

B
La politique génocidaire nazie

1
Lutter contre la « contamination juive »

Les Juifs persécutés. Les nazis considèrent que les Juifs sont une « race inférieure » et qu'ils risquent de contaminer la race aryenne. Dès 1933, ils sont persécutés en Allemagne et plusieurs sont emprisonnés dans des camps de concentration, comme Dachau ou Buchenwald (). Ces camps accueillent tous les « ennemis du Reich » : Juifs, Tsiganes, prisonniers politiques, homosexuels.

Projets de déportation et ghettos. Jusqu'en 1941, les nazis veulent déporter les populations juives hors du Reich, vers l'Europe de l'Est ou à Madagascar. Dans les territoires conquis, les Juifs doivent s'entasser dans des ghettos : ils sont par exemple plus de 400 000 dans celui de Varsovie. La mortalité y est très élevée, en particulier à cause de la famine.

2
L'univers concentrationnaire

Le choix du génocide. Les massacres de masse commis par les Einsatzgruppen sont vite jugés inefficaces, trop coûteux et trop éprouvants pour le mental des bourreaux. Le 20 janvier 1942, la conférence de Wannsee valide la « Solution finale de la question juive » : il s'agit désormais de déporter l'ensemble des Juifs d'Europe vers des centres de mise à mort pour les y assassiner en masse.

Organiser le génocide. De hauts fonctionnaires nazis, comme Adolf Eichmann ou , s'emploient à mettre en œuvre cette politique génocidaire. Les ghettos sont vidés, malgré la résistance de populations juives, comme à Varsovie en avril 1943. Les SS, chargés de traquer les Juifs et de surveiller les camps, bénéficient du soutien au moins passif de la population allemande et de la collaboration de certains États, comme la France.

Les camps de la mort. Six camps d'extermination sont créés : Chelmno, Belzec, Majdanek, Sobibor, Treblinka et Auschwitz-Birkenau, le plus grand. Les nazis y mettent au point des chambres à gaz, camouflées en douches, dans lesquelles sont assassinés les déportés, souvent quelques heures après leur arrivée dans les camps. Des détenus juifs, les Sonderkommando, récupèrent les biens des défunts – vêtements, chaussures, dents en or – et brûlent les corps dans des fours crématoires.

Biographie

Heydrich
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Crédits : Das Bundesarchiv/Wikimedia

Reinhard Heydrich
(1904‑1942)

Chef de la Gestapo à partir de 1936, il installe des ghettos juifs en Pologne occupée, crée les Einsatzgruppen et organise la conférence de Wannsee. Nommé gouverneur de Bohême‑Moravie en septembre 1941, il est tué le 4 juin 1942 par des résistants tchèques.

Vocabulaire

  • Camps de concentration : lieu fermé et surveillé dans lequel sont détenues des personnes soumises aux travaux forcés.

  • Centre de mise à mort : lieu fermé et surveillé dans lequel est organisé l'assassinat en masse des détenus.

  • Ghetto : dans une ville, quartier réservé ou imposé aux Juifs.

  • Solution finale : expression codée employée par les nazis, à partir de janvier 1942, pour désigner la destruction systématique et planifiée des Juifs d'Europe.

C
Un bilan humain d'une ampleur inédite

Les victimes civiles du nazisme. Près de 5 700 000 Juifs ont été victimes du génocide mis en œuvre sous le IIIe Reich, dont 3 millions dans les camps d'extermination entre 1942 et 1945. On estime qu'entre 100 000 et 200 000 Tsiganes ont été tués. Des millions de prisonniers de guerre sont morts, victimes des terribles conditions de vie dans les camps de concentration allemands ().

À l'échelle mondiale, le bilan humain est terrible : entre 50 et 70 millions de victimes, dont la moitié de civils. Après la guerre, des dizaines de millions de réfugiés errent sur les routes de l'Europe. La famine continue à faire des ravages pendant des années en Europe et en Asie.

Les documents du cours

Doc. 1
Des villes bombardées

Bombardement Dresde
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Crédits : akg-images

Rue de Dresde après un bombardement, 15 février 1945, photographie anonyme.

Doc. 2
Les camps de concentration

Prisonniers Camps de concentration
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Crédits : Everett Collection/Bridgeman

Harry Miller, libération du camp de Buchenwald, 16 avril 1945, photographie.

Écho des temps

Le négationnisme, apparu dès les années 1950, est un courant idéologique qui nie la réalité de la politique génocidaire conduite par le IIIe Reich durant la Seconde Guerre mondiale. En France, depuis la loi du 30 juillet 1990, le fait de contester lʼexistence de crimes contre l'humanité est puni par la loi.

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