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Les migrations dans les pays du Golfe : l’exemple du Qatar
P.232-235

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Étude de cas


Les migrations dans les pays du Golfe : l’exemple du Qatar




Compétence

Je décris et j'explique

Introduction

Le Qatar est un petit État du golfe Persique. Grâce à l’exploitation du pétrole et du gaz, son PIB par habitant est l’un des plus élevés au monde. Le pays compte 2,4 millions d’habitants. Plus de 80 % de la population du Qatar est d’origine étrangère.

Problématique

Comment expliquer l’importance des flux migratoires au Qatar ?

Quelles sont les conséquences des migrations sur le Qatar et sur les pays de départ ?

Doc. 1
Mahendran, travailleur immigré indien

Quel est votre nom, votre âge et votre profession ? Je m’appelle Mahendran, j’ai 37 ans et je suis technicien de surface1.

D’où venez-vous ? De la région Madras en Inde.

Comment êtes-vous arrivé au Qatar ? Un agent est venu me voir pour me proposer un contrat à Doha2 pour une entreprise de nettoyage [...]. J’ai payé une grosse somme, plus de 10 000 roupies (environ 200 euros). Quand j’ai payé cette somme j’ai eu droit à un visa3 [...].

Est-ce vous qui avez pris la décision de migrer ? Il n’y avait pas beaucoup de travail chez moi, c’était important de trouver quelque chose pour aider ma famille.

Quel type de logement occupez-vous ? Je vis dans un camp de travail. Toutes les chambres du camp sont occupées par 5 personnes. Les conditions sont bonnes, la compagnie paie l’électricité, l’eau et la climatisation. Je dois seulement payer pour me nourrir environ 150 riyals par mois (environ 30 euros) et pour m’habiller. Je paye aussi pour les frais médicaux [...].

La vie est-elle dure dans ce camp ? Non, il y a de bonnes conditions. Je vis avec des Népalais, des Sri Lankais, des personnes du Madras comme moi et de l’Andra Pradesh4 [...].

Vous arrive-t-il de fréquenter des travailleurs arabes ? Non, je n’en vois pas beaucoup. Je ne fréquente pas de Qatariens non plus.



Alexis Breton, Les Travailleurs immigrés au Qatar, IEP de Toulouse, 2013.

<stamp theme='his-green2'>Doc. 1</stamp>

Doc. 2
Olivier, de Londres à Doha

Le Qatar attire des travailleurs qualifiés dans le secteur de la finance. C’est le « brain drain ». Olivier travaillait dans la finance à Londres et a été recruté pour travailler à la Bourse de Doha.

Comme dans tous les secteurs au Qatar, Olivier travaille avec des salariés venus de tous les pays, surtout du Moyen-Orient [...]. Il a au passage multiplié son salaire par trois et ne paie bien sûr aucun impôt, comme tous les résidents du pays. L’après-midi, il profite de sa maison spacieuse et de sa piscine avec sa femme et ses trois enfants. « On invite tout le temps des amis, on va au souk ou au restaurant. Les Qatariens ont une vie sociale très riche. »


Céline Duzarche, www.journaldunet.com, novembre 2012.

<stamp theme='his-green2'>Doc. 2</stamp>

<stamp theme='his-green2'>Doc. 2</stamp>

Doha, la capitale du Qatar, connait une croissance urbaine très rapide. Elle accueille de nombreux sièges de grandes entreprises pétrolières et gazières.

Doc. 3
Les flux migratoires en direction des pays du Golfe

<stamp theme='his-green2'>Doc. 3</stamp> Les flux migratoires en direction des pays du Golfe


<stamp theme='his-green2'>Doc. 3</stamp> Les flux migratoires en direction des pays du Golfe

Doc. 4
Le souk Waqif à Doha

<stamp theme='his-green2'>Doc. 4</stamp> Le souk Waqif à Doha

Doc. 5
La part des immigrés dans la population totale au Qatar

<stamp theme='his-green2'>Doc. 5</stamp> La part des immigrés dans la population totale au Qatar

Doc. 6
Les liens des migrants avec le pays d’origine

Mahendran, travailleur immigré indien installé à Doha (doc. 1), poursuit son récit.

Avez-vous de la famille au Qatar ? Non, je me suis marié en 2000 juste avant de partir à Doha. Après j’ai eu deux enfants, un garçon et une fille, avec ma femme après mon arrivée au Qatar [...]. Je rentre tous les 2 ou 3 ans.

Envoyez-vous de l’argent à vos proches qui sont en Inde ? Quelle part de votre salaire cela représente-t-il ? J’envoie 600 riyals (environ 120 euros) tous les 2 ou 3 mois pour ma famille, parfois j’envoie la moitié quand c’est plus difficile pour moi [...].

Comment communiquez-vous avec vos proches en Inde ? Je téléphone toutes les semaines. Je paye une carte 50 riyals (environ 12 euros) à peu près tous les mois pour appeler chez moi.


Alexis Breton, Les Travailleurs immigrés au Qatar, IEP de Toulouse, 2013.

Doc. 7

Chaque jour, quelque 1 500 Népalais quittent leur pays à partir de l’aéroport de Katmandou. Tous ou presque sont des ruraux, sans qualification, parfois illettrés. Leur espoir : un emploi lucratif. De quoi envoyer chaque mois de l’argent à leur famille, restée au village. Au mieux, ils reviendront au Népal dans 2 ans, pour quelques semaines de vacances. [...] Le Népal a toujours été un pays de migrants, mais, ces dernières années, il se vide littéralement de sa population. [...] Les transferts des migrants s’élèvent chaque année à 6 milliards de dollars (4,3 milliards d’euros), soit 23 % du produit intérieur brut. Plus de la moitié de la population vit de ces subsides. [...] Les zones rurales ne sont plus peuplées que de femmes, d’enfants et de vieillards.


Florence Beaugé, « L’exode intarissable des jeunes Népalais », Le Monde, mars 2014.

<stamp theme='his-green2'>Doc. 7</stamp>

Doc. 8
Des ouvriers du Bangladesh sur un chantier à Doha

<stamp theme='his-green2'>Doc. 8</stamp> Des ouvriers du Bangladesh sur un chantier à Doha

Ces ouvriers du bâtiment travaillent sur les chantiers de nouveaux immeubles modernes, destinés à de riches qatariens.

Doc. 9
Les relations entre les nationaux qatariens et les immigrés

La ségrégation sociale s’accroit au Qatar avec l’arrivée de nouveaux migrants peu qualifiés.

Ce sont deux sociétés qui ne se mêlent pas. C’est vrai au Qatar mais cela est vrai dans tous les pays du Golfe qui possèdent une forte population d’expatriés. Nous sommes dans une ville (Doha) en chantier et il y a obligation pour les compagnies qui sont en charge de ces chantiers de loger leurs ouvriers à l’autre bout de la ville, en plein milieu du désert pour éviter que les familles locales soient en contact avec les autres. Cela est officiel, c’est connu, et cela dénote d’une volonté de ne pas mélanger les nationaux avec les autres. Les locaux ne voient en effet pas d’un bon œil l’arrivée massive d’étrangers.


Extrait d’un entretien avec le conseiller économique adjoint à l’ambassade de France à Doha, par Alexis Breton, 2013.

Vocabulaire

  • Le « brain drain » : « fuite des cerveaux ». Expression qui désigne l’émigration de travailleurs qualifiés.
  • Un étranger : personne qui ne possède pas la nationalité du pays dans lequel elle réside.
  • Un immigré : personne qui arrive dans un pays étranger au sien pour s’y installer durablement.
  • La ségrégation sociale : séparation d’un groupe social d’avec les autres.
Voir les réponses

Exercice 1

1
Complétez le tableau à l’aide des témoignages :

Mahendran Olivier
Pays d’origine
Métiers
Raisons du départ
Type de main-d’œuvre (qualifiée ou non qualifiée)
Revenus
Conditions de vie


2
Donnez trois raisons qui expliquent l’importance des migrations vers le Qatar.



3
De quels pays viennent la majorité des travailleurs immigrés ?



4
Dans quels secteurs d’activité travaillent-ils principalement ?



5
Mahendran et Olivier sont-ils entrés légalement au Qatar ? Justifiez votre réponse.



6
Quelle est la proportion d’immigrés et de nationaux au Qatar ?



7
Quels liens Mahendran a-t-il avec son pays d’origine ?



8
Combien de Népalais quittent chaque jour leur pays pour émigrer à l’étranger ? Relevez deux conséquences de cette émigration pour le Népal.



9
Pourquoi l’auteur dit-il qu’il y a « deux sociétés » au Qatar ?



10
Expliquez les conséquences des migrations sur le Qatar et les pays de départ.

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