Chez les mathématiciens de la Grèce antique et du monde arabe médiéval, il n'existe pas de notation symbolique pour les inconnues d'une équation. Il n'y a donc pas non plus de notation pour désigner les puissances de ces inconnues. C'est encore le cas chez les savants européens de la Renaissance qui développent pourtant des notations symboliques.
Par exemple, en 1557, le mathématicien gallois Robert Recorde s'inscrit dans la tradition arabe en donnant un nom à chaque puissance :
la puissance
2 est appelée le « zenzic » ;
la puissance
3, le « cube » ;
la puissance
4, le « zenzizenzic » ;
la puissance
5, le « sursolide » ;
la puissance
6, le « zenzicube » ;
la puissance
8, le « zenzizenzizenzic », etc.
De plus, l'inconnue est notée
,
mais le zenzic est noté >
,
le cube est noté
,
le zenzizenzic est noté
, etc.
La notation actuelle
x,
x^2,
x^3, etc. est due à René Descartes au
\mathrm{XVII^e} siècle. Mais lui-même écrivait encore parfois
xx au lieu de
x^2, et on ne trouve chez lui aucune expression plus complexe, comme
(x - 3)^2. En fait, la notation des puissances de Descartes a mis plusieurs décennies avant d'être utilisée systématiquement par les mathématiciens et mathématiciennes.