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Dossier pédagogique
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Contraction et essai

Contraction de texte

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Méthode

Revoyez de la contraction de texte.
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Sujet guidé 1

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Lisez le texte puis répondez aux questions.
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Texte

  On parle de « désobéissance civile » lorsque des citoyens, mus par des motivations éthiques, transgressent délibérément, de manière publique, concertée et non violente, une loi en vigueur, pour exercer une pression visant à faire abroger ou amender ladite loi par le législateur (désobéissance civile directe) ou à faire changer une décision politique prise par le pouvoir exécutif (désobéissance civile indirecte). [...]
  La désobéissance est dite « civile », d'abord, parce qu'elle est le fait de « citoyens » : ce n'est pas une rupture de citoyenneté, ni un acte insurrectionnel. Il s'agit d'une manifestation de « civisme » au sens fort : volonté d'œuvrer pour l'intérêt général, même au prix de risques personnels. Le fait que la désobéissance civile soit nécessairement publique, et recherche même la médiatisation la plus forte (ce qui la distingue nettement de l'infraction criminelle), s'inscrit dans ce même registre du civisme : l'acte vise à éveiller la conscience des autres citoyens, à susciter un débat.
  La référence à des « motivations éthiques » [...] doit-elle faire partie de la définition ? Ce point ne fait pas l'unanimité des auteurs. Cependant, comment s'engager dans une action qui, en général, ne va pas sans risques personnels prévisibles (arrestation, amende, réprobation de l'entourage) pour atteindre des objectifs que l'on considère – à tort ou à raison – relever de l'intérêt général, sans une motivation éthique forte, de quelque ordre qu'elle soit ?
(232 mots)
Christian Mellon,
« Désobéissance civile », © Encyclopédia Universalis, 2017.
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Question 1
Quel est le sujet abordé dans chacun des trois paragraphes ?
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Question 2
Résumez chacun d'eux à l'aide d'une phrase.
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Question 3
Reliez ces phrases par un connecteur qui rendrait compte de la logique du texte.
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Sujet guidé 2

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Lisez le texte puis suivez les étapes pour résumer ce texte en proposant une contraction en 133 mots (+/- 10 %).
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Texte

  Impossible de ne pas parler d'Antigone, de ne pas faire surgir ici l'icône culturelle de la révolte, le symbole de la contestation intempestive, l'égérie rebelle, ce personnage qui pour nous représente la désobéissance fière, publique, insolente. Antigone – on l'a souvent dit, écrit, répété –, l'histoire d'Antigone est une pure création de théâtre. Les textes mythologiques évoquent la jeune femme, mais sommairement, comme fille d'Œdipe, sans donner plus de précisions. C'est Eschyle (Les Sept contre Thèbes), Euripide et Sophocle surtout qui lui donneront consistance. C'est par eux qu'elle est devenue pour nous l'héroïne de la désobéissance.
  Sophocle écrit son Antigone en ‑441 [...]. Il fixe dans cette œuvre une identité : la jeune fille vierge, amoureuse, intransigeante, fiancée à Hémon, le fils de Créon. Et surtout, Sophocle cristallise l'intrigue : aprèsbque, sous les murs de Thèbes, ses deux frères, Étéocle et Polynice, se sont entretués, Antigone brave l'interdiction du nouveau roi, fraîchement promu. Créon, son oncle, régnant sur la ville depuis la mort des frères, a interdit qu'on donne sépulture à Polynice, désigné comme le traître, le renégat, le fauteur de troubles – c'est lui qui a assiégé la ville dirigée par son frère. On réservera au premier (Étéocle) des funérailles somptuaires, « nationales ». [...]
  Mais il faut reprendre ici la scène, la scène de désobéissance, juste assez pour la désarticuler un peu. Créon commence par demander à Antigone « si elle savait », si elle connaissait l'interdit. Le tyran est rusé, il tend une perche : l'édit a été proclamé tôt le matin, la jeune fille aurait pu ne pas l'entendre après tout ; il suffirait qu'elle dise ne pas l'avoir entendu et tout rentrerait dans l'ordre alors, avec de bonnes, solides et hypocrites excuses. Créon, je l'imagine par-devers lui se dire : La petite insensée apportée par le garde, elle voulait faire la maligne, mais à peine va-t-elle entendre ma grosse voix qu'elle mesurera l'étendue de sa faute, la gravité de la menace et se rétractera comme une enfant fautive : « Non, je ne savais pas, cher oncle, désolée, si j'avais su, bien sûr... »
  Or là, non, la réponse est cinglante : si je connaissais l'interdit ? Et comment faire autrement ? répond Antigone : il était public, parfaitement clair. Créon réagit là comme un mâle blessé dans sa virilité, un chefaillon inquiété dans son autorité. Il en fait une affaire personnelle, il ramène tout à lui : Tu as donc osé transgresser ma loi, mon décret, mon interdit ! Tu savais pourtant, et tu as osé, petite insolente inconsciente et bravache, me défier...
  Vient alors, dans la bouche d'Antigone la réplique que citent en chœur les théoriciens de la désobéissance civile. Une réponse en deux temps. Premièrement, dit Antigone, tes édits misérables, tes décrets pauvrement humains, politicards, opportunistes, rien ne les fonde, rien ne les autorise, ils ne s'ancrent dans aucune légitimité fondamentale. Deuxièmement, ils vont à l'encontre de ces lois supérieures, les lois non écrites, éternelles, dont fait partie l'obligation d'enterrer un mort, de donner sépulture à un frère, afin que son esprit soit accueilli dans le monde des morts et y trouve repos.
(531 mots)
Frédéric Gros,
Désobéir, © Éditions Albin Michel, 2017.
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Étape 1
Premiers repérages

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Question 1
Au brouillon, notez le sujet principal du texte puis celui de chaque paragraphe.
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Question 2
Formulez des remarques sur les pronoms grammaticaux, le temps des verbes, les tonalités, les figures de style importantes, etc. Ces éléments devront se retrouver dans votre contraction.
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Étape 2
Comprendre la structure du texte

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Question 3
À partir des arguments et des connecteurs logiques, repérez la progression argumentative et anticipez le nombre de mots nécessaires pour rendre compte de chaque moment du texte.
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Question 4
Recopiez les expressions ou les phrases qui vous semblent particulièrement révélatrices de cette structure.
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Étape 3
Repérages de détails

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Question 5
Identifiez les idées principales à garder et recopiez-les.
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Question 6
Recopiez dans le texte les éléments secondaires : exemples, répétitions, digressions.
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Question 7
Montrez la logique entre les idées à l'aide de signes (, ).
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Étape 4
Construire sa rédaction

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Question 8
Au brouillon, rédigez votre contraction en reformulant les grandes idées du texte et en comptant régulièrement vos mots. Conservez la forme dans ses grandes lignes, respectez l'ordre des idées et reformulez sans dénaturer. Un maître mot : fidélité !
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Étape 5
Construire sa rédaction

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Question 9
Rédigez votre contraction au propre en veillant à soigner votre écriture.
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Question 10
Relisez-vous plusieurs fois en étant vigilant(e) sur l'orthographe et la syntaxe. Placez un repère tous les 50 mots et indiquez, à la fin de votre contraction, le nombre total de mots utilisés.
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Sujet non guidé

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Vous résumerez le texte suivant en 189 mots. Une tolérance de +/- 10 % est admise : votre travail comptera au moins 170 mots et au plus 208 mots. Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez, à la fin de votre contraction, le nombre total de mots utilisés.
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Texte

  Jet de soupe sur un tableau de Van Gogh, blocage d'autoroutes, extinction d'enseignes lumineuses la nuit : au nom de la lutte contre le dérèglement climatique, de plus en plus de militants écologistes commettent des actes de désobéissance civile. En enfreignant délibérément la loi afin d'éveiller les consciences de leurs concitoyens, ils marchent dans les pas des faucheurs volontaires, qui arrachent les plantations d'OGM en plein champ, des déboulonneurs, qui maculent de peinture les panneaux publicitaires... mais aussi de prédécesseurs plus lointains – et plus illustres –, comme le philosophe Henry David Thoreau, le Mahatma Gandhi ou le pasteur américain Martin Luther King.
  La notion de désobéissance civile apparaît pour la première fois en 1866, dans le titre d'un opuscule de Thoreau (1817-1862) publié quelques années après sa mort. Arrêté, en 1846, pour avoir refusé pendant six ans de payer ses impôts à l'État du Massachusetts en raison de ses liens avec les États esclavagistes du sud des États-Unis, le philosophe américain se justifie en affirmant que ce paiement le rendrait complice d'une politique qu'il condamne. Cette expérience lui inspire une théorie de la désobéissance civile : pour Henry David Thoreau comme pour son ami le philosophe Ralph Waldo Emerson (1803-1882), l'unique guide du citoyen doit être sa conscience. En servant aveuglément un État injuste, il se transformerait en « automate ». [...]
  Si Gandhi souscrit, comme Thoreau, à l'idée que le citoyen a le devoir de se rebeller contre les lois injustes, la désobéissance civile qu'il prône présente deux « différences notoires » avec celle de l'écrivain américain, souligne le philosophe Manuel Cervera-Marzal. « Elle doit être collective, voire massive, et elle doit se fonder sur l'ahimsa, la non-violence », précise l'auteur de Nouveaux désobéissants. Citoyens ou hors-la-loi ? Avec Thoreau, la désobéissance civile était un acte individuel garantissant l'intégrité morale du citoyen ; avec le Mahatma Gandhi, elle se transforme en une mobilisation collective destinée à changer le monde.
  Ce registre éminemment politique séduit, à la fin des années 1950, Martin Luther King. Pour le pasteur afro-américain, la philosophie de Gandhi est « la seule méthode moralement et concrètement valable pour les peuples opprimés ». En refusant la ségrégation raciale, écrit-il, les militants des droits civiques des années 1960 étalent « au grand jour » cette réalité « qui doit être ouverte et exposée, dans toute sa laideur purulente, aux remèdes naturels que sont l'air et la lumière ». La désobéissance civile devient, à partir de cette époque, un « élément central du répertoire d'actions des mouvements sociaux contemporains », soulignent Graeme Hayes et Sylvie Ollitrault, dans La Désobéissance civile.
  Dans une démocratie, ce mode d'action reste cependant complexe à penser. Pourquoi défendre ses convictions en commettant une infraction, alors que la démocratie propose nombre de moyens légaux, tels que la grève, la pétition, la manifestation ou le vote ? Accorder à chacun la liberté d'apprécier l'injustice, ou non, des textes [de lois] ne risque-t-il pas de mettre en péril les institutions ? À quelles conditions les citoyens peuvent-ils s'autoriser à enfreindre les lois adoptées par des parlementaires élus au suffrage universel ? De John Rawls à Hannah Arendt, en passant par Hugo Bedau ou Jürgen Habermas, de nombreux philosophes se sont penchés sur ces interrogations.
  Si leurs analyses diffèrent, tous, ou presque, estiment que pour appartenir au registre de la désobéissance civile, un acte illégal doit remplir trois conditions : respecter le principe de non-violence, être public et collectif, et invoquer une cause d'intérêt général. Les militants d'Extinction Rebellion ou de Greenpeace qui enfreignent les règles de la libre circulation en bloquant un carrefour ou la loi sur la propriété privée en occupant un chantier se conforment le plus souvent à ces préceptes : ils ne commettent pas de violences, ils agissent ensemble et à visage découvert, et ils défendent une cause qui concerne l'humanité tout entière – la sauvegarde de la planète.
  Leurs actions risquent-elles, malgré ces précautions, de susciter des réactions de rejet ? « Ces dernières années, les militants du climat qui bloquaient les routes étaient très vigilants sur la question de la non-violence afin d'emporter l'adhésion du plus grand nombre, constate la sociologue Sylvie Ollitrault. En s'en prenant aux œuvres d'art exposées dans les musées, les militants de Just Stop Oil ont changé la grammaire de la mobilisation : ce geste de détérioration, aussi symbolique soit-il, a recueilli un grand écho médiatique, mais il a aussi créé des fractures au sein du mouvement écologiste – et il a pu, au-delà, surprendre l'opinion publique. »
(756 mots)
Anne Chemin,
« La désobéissance civile, des règles pour s'affranchir des lois », © Le Monde, 16 novembre 2022.
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Sujets non guidés

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