Étude de cas transversale


Les investissements chinois en Afrique




B
Les conséquences des investissements chinois sur les territoires

Questions

7. Dans quels types d’espaces se concentrent particulièrement les investissements chinois ? (Doc. 6, 7 et 8)

8. Comment l’influence chinoise se traduit‑elle dans les paysages ? (Doc. 6, 7 et 8)

9. Quels sont les aspects positifs de la présence chinoise ? (Doc. 6, à 9)

10. Peut-on parler de relation équilibrée entre la Chine et l’Afrique ? (Doc. 9)

11. Réalisez une carte mentale sur les investissements chinois en Afrique et leurs conséquences sur les territoires.

Vous pouvez utiliser Mindomo.com pour votre carte mentale !

Maquette projet chinois à Kilamba Kiaxi, Angola

Cette maquette de 2011 représente le projet immobilier chinois de 3,3 millions de mètres carrés, à Kilamba Kiaxi, près de Luanda, en Angola. Sur les 2 800 appartements construits, seul 220 ont été vendus, faisant de la cité une véritable ville fantôme.

6
Des investissements qui transforment les villes

Avec ses lanternes rouges suspendues à l’entrée, cet ensemble de treize tours au milieu de palmiers pourrait aussi bien se trouver à Shenzhen, à Chongqing ou dans la banlieue de Shanghai. Le processus de « sinisation » touche une bonne partie de la ville. Les voitures circulent sur des routes chinoises parfaitement lisses, des grues chinoises bâtissent des immeubles de plus en plus hauts, des machines à coudre ronronnent dans des usines chinoises au sein de zones industrielles chinoises, les touristes arrivent dans un aéroport agrandi par les Chinois et des passagers se rendent au travail dans des trains chinois ultramodernes. En un mot, Addis‑Abeba est en train de devenir une ville construite par les Chinois.

[…] Le gouvernement éthiopien, qui voyait la Chine comme un modèle de développement, lui a confié la construction de son infrastructure […]. En vingt ans, les Chinois ont réalisé une série de projets, dont un périphérique (75 millions d’euros), l’échangeur de Gotera (11 millions), la première autoroute à six voies du pays (700 millions) et une ligne ferroviaire Addis‑Abeba – Djibouti (3,5 milliards) qui relie ce pays enclavé à la mer. […] Les Chinois ont également construit à Addis‑Abeba le premier métro de l’Afrique subsaharienne. […] En 2020, lorsqu’elle sera achevée, la tour en verre de quarante‑six étages [de 198 mètres] que la China State Construction Engineering Corporation est en train de construire sera la plus élevée d’Éthiopie. La tour la plus symbolique de la ville est bien entendu le très futuriste siège de l’Union africaine, offert à Addis‑Abeba par Pékin en 2012.


« Éthiopie. Addis‑Abeba, la ville que construisent les Chinois », Courrier International, 7 décembre 2018

8
L’Afrique de l’Est, une région stratégique

L’Afrique de l’Est tire notamment son épingle du jeu et trois pays sont aux avant-postes : le Kenya, l’Ethiopie et Djibouti. Sur place, les ports, les voies ferrées et les routes sont financés largement par la Chine […]. L’encerclement du continent par une dizaine de ports financés par la Chine correspond ainsi à cette « ceinture1 » évoquée par Pékin. 90 % des importations et des exportations africaines passent par la mer. Durban en Afrique du Sud et Port‑Saïd en Egypte étant les deux plus importants ports de conteneurs du continent africain, il était indispensable de proposer d’autres portes d’entrée dans la corne de l’Afrique et en Afrique de l’Ouest et du Nord. Pour Pékin, il ne s’agit pas d’un programme d’aide mais bien d’un projet commercial visant à relancer et à fluidifier le commerce international. Une sorte de plan Marshall qui permettrait de servir la demande chinoise en matières premières africaines et la demande africaine en marchandises « made in China ». […] Mais derrière ce programme se cachent également des ambitions stratégiques. […] Plusieurs de ces nouvelles installations portuaires auront en effet un double usage : commercial et militaire. C’est le cas notamment de Djibouti qui accueillera la plus importante base militaire chinoise à l’étranger, de Sao Tomé‑et‑Principe, des Seychelles et de Walvis Bay en Namibie.


Sébastien Le Belzic, « L’Afrique au coeur de la nouvelle Route de la soie », Le Monde, 24 avril 2017

1. « Une ceinture, une route » (One belt, one road) : nom donné à la stratégie chinoise qui consiste à relier l'Asie, l'Europe et l'Afrique par de nouvelles infrastructures. On parle aussi de « nouvelle route de la Soie ».

L’Afrique de l’Est, une région stratégique
Construction d’un nouveau port minier par la compagnie chinoise CHEC China harbour près de Djibouti.

7
La construction de parcs industriels

La construction de parcs industriels

Sur le modèle des zones économiques spéciales en Chine, de nombreux parcs industriels sont construits par les Chinois. Ils sont particulièrement nombreux dans l’Est de l’Afrique, à proximité du port de Djibouti d’où sont ensuite exportés les produits fabriqués. Ces zones fonctionnent sur un principe de zone franche : ils bénéficient d’allègements fi scaux, douaniers et réglementaires pour attirer les investisseurs. En 2018, l’Afrique compte 20 parcs industriels construits par les entreprises chinoises, sur le modèle du parc d'Awassa (Éthiopie) ci‑dessus.

Changer d'échelle

12. Du régional au mondial. Expliquez pourquoi les métropoles et les littoraux sont des espaces à part dans la mondialisation.


9
La Chine : une opportunité pour l’Afrique ?

« Les investisseurs chinois restent d’abord motivés par la quête des matières premières, explique Ruben Nizard, économiste. Depuis des années, on parle de diversification des économies africaines, mais la réalité, c’est que nous en sommes encore très loin. C’est intéressant de voir que seuls les pays relativement pauvres en matières premières comme l’Éthiopie ont une relation plus équilibrée avec la Chine. Pour les autres, nous dressons un constat de forte dépendance autour du pétrole, des matières premières brutes minérales et des métaux. Ils représentent 90 % du total des exportations africaines vers la Chine ». Afin d’atténuer les chocs, les pays africains doivent trouver d’autres produits que le pétrole et les minerais à exporter vers la Chine. Plusieurs pistes sont évoquées : d’abord les industries de transformation des matières premières. « Au Congo‑Kinshasa, par exemple, le cuivre est de plus en plus transformé localement, mais essentiellement encore via des entreprises chinoises implantées sur place. Au Congo‑Brazzaville, une nouvelle loi oblige ces entreprises à n’employer que 20 % de main‑d’oeuvre chinoise » […]. Certains prédisent que l’Afrique deviendra à son tour « l’usine du monde », mais la production d’articles manufacturés représente moins de 1 % des exportations africaines.


Sébastien Le Belzic, « La relation Chine‑Afrique entre croissance et dépendance », Le Monde, 13 novembre 2017


Depuis les années 2000, la présence chinoise s’affirme en Afrique. Sur ce continent longtemps dominé par l’Europe, ce phénomène massif prend des formes multiples et a des conséquences plurielles sur les territoires.

Afrique

Afrique
  • Superficie : 30,37 millions km2
  • Population : 1,216 milliard d'hab.

Comment les investissements chinois en Afrique témoignent‑ils d’une recomposition des acteurs et des espaces de la production à différentes échelles ?

A
La Chine, premier partenaire commercial de l’Afrique

Questions

1. Rappelez ce qu’est un IDE. Quelles sont les principales destinations des IDE chinois en Afrique ? (Doc. 1 et 5)

2. Décrivez l'évolution du commerce entre la Chine et l'Afrique. (Doc. 2 et 3)

3. Justifiez le titre du document. (Doc. 3)

4. Relevez les secteurs où les investissements chinois sont les plus massifs. (Doc. 3, 4 et 5)

Changer d'échelle

5. Du régional au mondial. Quelle est la place de la Chine et celle du continent africain dans la mondialisation ?


6. Du régional au mondial. Expliquez le rôle stratégique des matières premières dans l’économie actuelle.

3
Une présence chinoise multiforme

Depuis l’an 2000, le commerce et les investissements chinois en Afrique ont explosé. La diplomatie chinoise en a été le catalyseur, associant aides et prêts publics en faveur de projets d’infrastructures, ces derniers étant confiés à de grandes entreprises publiques. Ces montages financiers ont pris parfois la forme de package deals prévoyant de rémunérer le partenaire chinois en matières premières. Cette dynamique s’inscrit dans la stratégie nationale chinoise de sécurisation de ses approvisionnements. Dans un second temps, des entreprises chinoises confrontées à un marché intérieur très concurrentiel sont venues chercher de nouveaux débouchés.

Les 2 000 entreprises chinoises recensées en 2013 en Afrique sont très diverses : firmes d’État, grandes entreprises privées et PME. Les premières sont surtout actives dans le BTP (infrastructures urbaines, routes, chemins de fer, barrages, hydroélectricité), l’exploitation forestière, l’extraction minière et pétrolière. Les investissements se concentrent dans les pays les mieux dotés en matières premières (Angola, Algérie, RDC) et ceux ayant un grand marché intérieur (Nigeria, Éthiopie, Afrique du Sud). Ils sont portés par environ 1 million de Chinois, parmi lesquels de nombreux migrants individuels qui travaillent dans les grands projets et dans les services (import‑export, commerce de détail, hôtellerie, restauration, médecine chinoise).


Carto, 1er mars 2019


4
Inauguration de la nouvelle ligne de train reliant Addis‑ Abeba à Djibouti

Djibouti

Inaugurée en octobre 2016, cette nouvelle ligne ferroviaire de 750 km relie la capitale éthiopienne à Djibouti, où se situe la première base militaire chinoise à l’étranger. Ce projet a été entièrement construit et financé par des entreprises chinoises.

5
Des investissements qui se diversifient

La Chine pourrait jouer les premiers rôles sur le continent où elle est le principal investisseur dans le secteur des énergies vertes, loin devant la France et l’Italie. […] Selon le dernier rapport publié par l’Agence internationale de l’énergie, les entreprises chinoises construisent actuellement 30 % des nouvelles capacités électriques en Afrique subsaharienne, soit plus de deux cents projets entre 2010 et 2020. « On peut dire qu’un mégawatt sur deux est chinois, résume David Bénazéraf, responsable du programme Chine à l’IEA et auteur du rapport. Si on met à part les investissements réalisés en Afrique du Sud, c’est même 46 % des nouvelles capacités électriques en Afrique subsaharienne qui sont construites par des entreprises chinoises avec une large place faite aux barrages. » Car 60 % des barrages construits en Afrique sont chinois. […] Sur les 94 barrages déjà construits en Afrique, certains sont particulièrement controversés, comme celui de Merowe au Soudan. « Pour l’Afrique cela reste cependant une véritable chance, modère David Bénazéraf. Près de 635 millions d’Africains n’ont pas accès à l’électricité. Avec ces projets réalisés par la Chine, ce sont 120 millions de personnes qui auront accès à l’énergie. C’est évidemment positif mais loin d’être suffisant. D’autres acteurs doivent s’impliquer pour électrifier le continent. » […] Pourquoi cet engouement ? « D’abord, la Chine cherche des débouchés pour ses entreprises et on voit que les principaux contrats sont réalisés par de grosses entreprises d’État comme Sinohydro », explique David Bénazéraf. […] À regarder la carte de ces investissements chinois dans le domaine électrique, on voit d’ailleurs qu’elle rejoint celle de ses principaux partenaires sur le continent : le Sud et l’est de l’Afrique représentent les deux tiers des investissements chinois, contre 26 % pour l’Afrique de l’Ouest et seulement 8 % pour l’Afrique centrale.


Sébastien Le Belzic, « Quand la Chine rend l’Afrique plus verte », Le Monde, 26 juillet 2016


2
L’explosion du commerce entre la Chine et l’Afrique

L’explosion du commerce entre la Chine
et l’Afrique

1
Les IDE chinois en Afrique

Les IDE chinois en Afrique
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