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Débat 4


Au XXe siècle, qu’est-ce qu’une œuvre d’art ?

Ressources complémentaires





Parcours 1 : Les objets d’art modernes


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Doc. 2 - Les critiques de l’époque

Brancusi a réalisé plusieurs de ses œuvres à la « manière classique ». Pour les trouver très belles, point n’est besoin d’avoir l’esprit sophistiqué, il suffit de bien savoir ce que l’on aime. Il s’agit de têtes d’enfants et d’autres sujets classiques que n’importe quel Américain non perverti, même s’il n’est pas d’un très haut niveau intellectuel, apprécierait d’emblée. Mais Brancusi et son école ont tourné le dos aux représentations humaines soignées et belles pour adopter des formes purement décoratives qui, aux yeux de tout être sain d’esprit, passent pour vraiment primitives et répugnantes.

« La modernité dans l’art », News, 23 mars 1926.

2. Les ready-made de Duchamp

Ressource complémentaire

Doc. 7 - une vidéo d’Art d’Art sur la Fontaine de Duchamp

Regardez une vidéo réalisée par d'Art d'Art sur la Fontaine de Duchamp.

1. Brancusi contre les États-Unis


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Doc. 3 - Un témoignage de l’époque

Un incident intéressant a eu lieu ces jours-ci à New York concernant l’art du sculpteur Brancusi. Le Parisien roumain a fait venir par bateau son œuvre intitulée Oiseau d’or (sic). Les douanes portuaires l’ont obligé à payer 240 dollars, l’objet en question ne pouvant pas être considéré comme une œuvre d’art et par conséquent admis en franchise. Forbes du World et H. Mc Bride du Sun se sont adressés au Service des Douanes du port en soulignant que l’Oiseau n’est pas une simple sculpture, mais encore un vrai chef d’œuvre, à valeur universelle, de l’art moderne actuel. La Direction des Douanes leur a rappelé une décision prise dans le cas d’un commerçant de chaises sculptées qui essayait de les faire passer pour des sculptures, jurisprudence valable à leurs yeux dans le cas d’un article qui, pour être considéré comme sculpture, aurait dû se présenter comme une imitation d’objets naturels. La réponse de Mr Forbes est édifiante en ce qui concerne les nouvelles conceptions de l’art. Il affirme que les artistes ne sont pas des imitateurs de la réalité, mais les interprètes de celle‑ci : « Loin d’essayer de conférer aux formes qu’ils créent des dimensions réelles telles qu’on les trouve dans la nature, les artistes n’ont d’autre but que d’inventer des formes nouvelles, de les développer selon des lois de composition et d’expressivité toujours en fonction de leur propre pouvoir d’interprétation. »

William B. Marguerite, « Ici et là dans le monde de l’art », Chicago News, 29 décembre 1926.

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Doc. 4 - Le procès

Avec le recul critique aujourd’hui acquis, il est frappant de constater que dès l’ouverture du procès, le débat s’amorce sur des questions artistiques fondamentales. Ce que les témoins de Brancusi vont défendre, c’est une nouvelle conception de l’art qui tient bien davantage à la démarche et à la force novatrice de l’artiste qu’à un savoir-faire qui tend à imiter la nature avec brio. [...]

Steichen [le propriétaire de la sculpture] explique pourquoi cet objet est pour lui une œuvre d’art, en raison de l’harmonie de ses proportions qui lui procure une émotion esthétique, « le sentiment d’une grande beauté ». [...] Lorsqu’un des avocats de l’État demande ironiquement à Steichen s’il appellerait l’objet « tigre » si l’artiste l’avait ainsi intitulé, le juge Wait accepte l’objection de l’avocat de Brancusi et répond : « Je ne crois pas que le fait de l’appeler « oiseau » ou « éléphant » fasse la moindre différence. La question de fait est de savoir s’il s’agit d’un objet artistique par sa forme, ses lignes ou sa conception ». [...]

Ce critère de la ressemblance, que le juge a précédemment disqualifié repose sur une conception traditionnelle de l’art, où la nature artistique de l’objet dépend de l’habileté de l’artiste à représenter un objet réel. [...]

Le 21 novembre 1927, Brancusi, qui vit en France, fait une déposition au Consulat général des États-Unis à Paris. Il atteste sa formation à l’Académie des beaux-arts de Bucarest, puis à l’École des Beaux-arts de Paris. Il déclare avoir exposé dans presque tous les pays européens. Mais surtout, il affirme que l’Oiseau dans l’espace est bien un original. Il en a conçu l’idée dès 1910 et a réalisé de nombreuses études depuis lors. La fonte en bronze a évidemment été confiée à des fondeurs d’art, mais il a exécuté lui-même, à la main, toute la finition qui est partie intégrante de l’œuvre. Il affirme que cette pièce est unique au monde. Il ne s’agit ni d’une copie, ni d’une fabrication industrielle, contrairement à ce que prétend la défense. [...]

Ainsi, l’affaire Brancusi a mis en conflit une conception traditionnelle et conservatrice de l’art avec l’avènement d’une nouvelle manière de la pratique artistique qui n’est encore soutenue que par les artistes eux-mêmes et certains intellectuels éclairés. Les enjeux qui sous-tendent le débat sont de taille : il s’agit de faire reconnaître devant la loi la légitimité de l’art abstrait, mais aussi de défendre la libre circulation de ces œuvres contemporaines, ainsi que le précise l’un des avocats de Brancusi : « En l’absence d’une exonération des droits de douane pour les œuvres d’art, nous limitons les occasions de pouvoir en jouir. Aucun profit ne devrait être tiré de l’art, de même qu’il n’en est tiré aucun des idées et de la pensée ; toutes ont titre à circuler librement parmi les nations de la Terre. »

Le 26 novembre 1928, l’arrêt est rendu. Après avoir admis que certaines définitions en vigueur sont en fait périmées, le juge Waite reconnaît qu’ « une école d’art dite moderne s’est développée dont les tenants tentent de représenter des idées abstraites plutôt que d’imiter des objets naturels. Que nous soyons ou non en sympathie avec ces idées d’avant-garde et les écoles qui les incarnent, nous estimons que leur existence comme leur influence sur le monde de l’art sont des faits que les tribunaux reconnaissent et doivent prendre en compte. » Ainsi, la Cour juge que l’objet a une fonction exclusivement esthétique et que son auteur est un sculpteur professionnel, de sorte qu’il doit bénéficier d’une franchise de taxe.

Céline Delavaux et Marie-Hélène Vignes, Les Procès de l’art, 2013, Éditions Palette.

Ressource complémentaire

Doc. 6 - Les ready-made : la naissance de l’art contemporain ?

Écoutez sur France Culture L'Anachronique culturelle datant du 9 novembre 2018.

◈ Ressource complémentaire


Doc. 1 - Les critères douaniers

La sculpture, en tant qu’art, est cette discipline des beaux‑arts qui consiste à tailler et à sculpter dans la pierre ou tout autre matériau massif, ou à modeler dans l’argile ou toute autre substance plastique, en vue d’une reproduction ultérieure par la fonte ou le moulage, des imitations d’objets naturels, principalement des formes humaines ; elle représente ces objets dans leurs proportions véritables qu’il s’agisse de longueur, de largeur, d’épaisseur, ou seulement de longueur et de largeur.

« L’affaire portée devant la cour pose la question de savoir si l’objet en bronze, désigné sur la facture par le terme “oiseau”, est ou n’est pas une œuvre d’art dans le sens de l’article 1704 du Tariff Act de 1922. Ce texte indique que les “sculptures ou statues” doivent être “originales”, ne pas avoir fait l’objet de “plus de deux répliques ou reproductions”, avoir été produites uniquement par “des sculpteurs professionnels”, “taillées ou sculptées, et en tout cas travaillées à la main [...] ou coulées dans le bronze ou tout autre métal ou alliage [...] et réalisées au titre exclusif de productions professionnelles de sculpteurs”. »1

Brancusi contre États‑Unis, un procès historique 1928, postface et fortune critique par André Paleologue, trad. de l’anglais par Jocelyne de Pass, Adam Biro, 2003.


1. Céline Delavaux et Marie‑Hélène Vignes, Les Procès de l’art, 2013, Éditions Palette.

◈ Ressource complémentaire


Doc. 5 - Les objets des ready-made

Marcel Duchamp explique que les objets de ses ready-made ne sont pas choisis pour leur valeur esthétique.

Le choix repose sur une réaction d’indifférence visuelle, avec en même temps une absence totale de bon ou de mauvais goût [...], en fait, une anesthésie complète.

« The Art of Assemblage », symposium dirigé par William C. Seitz, New York, Museum of Modern Art, 19 octobre 1961.


Lorsque j’ai découvert les ready‑made, j’ai essayé de disqualifier l’esthétique. Dans leur néo-dada, ils ont pris mes ready‑made et y ont trouvé une beauté esthétique ; je leur ai jeté un porte‑bouteille et un urinoir à la figure, comme un défi, et voici qu’ils les admirent pour leur beauté esthétique !

Lettre de Duchamp à Hans Richter, 19 novembre 1962 (cité dans H. Richter, Dada : Art and Anti-Art, New York, McGraw Hill, 1965, p. 207-208).

Parcours 2 : Scandales architecturaux

Ressource complémentaire

Doc. 2 - Sur le site de la Tour Eiffel :

D’autres pamphlétaires renchérissent sur cette violente diatribe, et les injures fusent : "ce lampadaire véritablement tragique" (Léon Bloy) ; "ce squelette de beffroi"(Paul Verlaine) ; "ce mât de fer aux durs agrès, inachevé, confus, difforme" (François Coppée) ; "cette haute et maigre pyramide d’échelles de fer, squelette disgracieux et géant, dont la base semble faite pour porter un formidable monument de Cyclopes, et qui avorte en un ridicule et mince profil de cheminée d’usine" (Maupassant) ; "un tuyau d’usine en construction, une carcasse qui attend d’être remplie par des pierres de taille ou des briques, ce grillage infundibuliforme, ce suppositoire criblé de trous" (Joris-Karl Huysmans).

Ressource complémentaire

Doc. 4 - La construction du centre en photos :

Cliquez ici pour voir la construction du centre en photos !

1. La polémique de la Tour Eiffel


2. La polémique du centre Pompidou


3. Expositions d’art contemporain à Versailles

Ressources complémentaires

Joana Vasconcelos à Versailles :

Doc. 10 -

Le Monde : Joana Vasconcelos, une femme un peu trop libre pour le château de Versailles.

Doc. 11 -

Une interview de l’artiste et une présentation de l’exposition.

Ressource complémentaire

Doc. 6 - France 24 : « Le centre Pompidou à Paris : 40 ans d’audace »

Visionnez une vidéo retraçant les 40 ans d'existence du centre Pompidou.

Ressource complémentaire

Doc. 5 - France culture :

Découvrez la polémique en archives radio et vidéo (INA).

Ressource complémentaire

Doc. 9 - Murakami à Versailles : un reportage de France 3

Regardez un reportage de France 3 sur l'exposition du japonais Murakami au château de Versailles.

Ressource complémentaire

Doc. 1 -

Vous pouvez regarder un dossier de la BNF sur la polémique avec la lettre des artistes, la réponse du ministre et la réponse de Gustave Eiffel dans Le Temps.

Ressource complémentaire

Doc. 3 - Les grandes lignes du projet :

Cliquez ici pour découvrir les grandes lignes du projet concernant le Centre Pompidou.

Ressources complémentaires

Jeff Koons à Versailles :

Doc. 7 -

Un reportage INA sur la polémique.

Doc. 8 -

Sur l’exposition et la symbolique des œuvres à Versailles.

Parcours 3 : La performance, nouvelle forme d’art

Ressource complémentaire

Doc. 7 - « Mon corps est devenu un lieu public de débat »

Lisez une interview de l’artiste.

Ressource complémentaire

Doc. 4 - Une interview de l’artiste qui revient sur son parcours :

Retrouvez cette interview en cliquant ici.

Ressource complémentaire

Doc. 1 - Un regard porté sur le tableau :

Regardez une courte vidéo sur l'œuvre d'Yves Klein.

3. ORLAN : la chirurgie‑performance pour lutter contre la tyrannie du beau


1. Yves Klein : les pinceaux vivants

Ressource complémentaire

Doc. 5 - Reportage sur les opérations chirurgicales :

Cliquez ici pour regarder la vidéo.

Ressource complémentaire

Doc. 6 - La démarche artistique et philosophique d’ORLAN au sujet de ces opérations

Un article qui analyse la démarche artistique et philosophique d’ORLAN au sujet de ces opérations.

2. Marina Abramovic : la performance aux limites de l’humanité

Ressource complémentaire

Doc. 2 - La performance de Klein et les anthropométries :

Découvrez un article concernant la performance faite par l'artiste Yves Klein.

Ressource complémentaire

Doc. 3 - L'artiste racontant son œuvre :

Regardez une vidéo en anglais dans laquelle l’artiste raconte cette performance, avec des images d’archive.
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