Chargement de l'audio en cours
Cacher

Cacher la barre d'outils

Plus

Plus


DOSSIER 3



Quel est l’intérêt d’une entente sur un marché en oligopole ?





Découvrir
Doc. 1

Des accords secrets sur les yaourts ?



Des réunions illicites dans des hôtels de province et des brasseries parisiennes, un abonnement de téléphone portable souscrit au nom de la compagne d’un des participants pour mieux se dissimuler, des carnets officieux : l’« affaire du cartel du yaourt » a tout d’un film policier. De 2006 à 2012, onze fabricants de produits laitiers frais (Lactalis Nestlé, Yoplait, Laïta, etc.) se sont concertés pour coordonner leurs politiques tarifaires et commerciales. Prohibée par le Code de commerce français, cette entente leur vaudra une amende de plus de 130 millions d’euros. Seul Yoplait échappera à la sanction : repentie, l’entreprise a dénoncé ses petits camarades…

Benoît Bréville, « Le cartel du yaourt », Manière de voir n°158, avril‑mai 2018.

Publicité vantant les mérites des produits laitiers, vers 1950
Publicité vantant les mérites des produits laitiers, vers 1950.

Point notion

Entente


Situation où des entreprises sur un marché en oligopole se concertent pour réduire les quantités fournies, pour se répartir le marché et/ou pour proposer un prix supérieur au prix concurrentiel.
Voir les réponses

Questions

1. Quels ont été les moyens utilisés par les producteurs de yaourts pour se concerter sur les prix et la commercialisation de leurs produits ?

2. D’après vous, quel était l’intérêt pour ces entreprises d’avoir recours à une telle organisation ?

3. Quelles sont les conséquences d’une telle entente pour les consommateurs ?


Doc. 2

S’entendre pour éviter de se concurrencer ?



« C’est la plus grosse amende jamais infligée à un cartel au sein de l’Union européenne », a annoncé mardi 19 juillet Margrethe Vestager, commissaire européenne chargée de la concurrence.

La Commission européenne a infligé une amende de 2,9 milliards d’euros à quatre constructeurs de poids lourds européens « pour s’être entendus sur les prix de vente durant quatorze ans », explique [le quotidien belge] L’Écho. C’est en 1994, dans le plus grand secret d’un hôtel luxueux bruxellois, que des hauts dirigeants des cinq principaux constructeurs de camions européens, MAN, Daimler, DAF, Iveco et Volvo-Renault, ont commencé à se réunir pour fixer le prix de leurs véhicules. Selon la Commission européenne, la collusion s’effectuait sur trois points. D’abord, il y avait une entente sur les prix des camions à la sortie de l’usine, ensuite sur le calendrier pour la mise en place des technologies de réduction des émissions de polluants, puis finalement sur la répercussion des coûts des technologies sur les clients. Ensemble, ces producteurs représentent neuf camions sur dix qui circulent sur les routes européennes, « soit 30 millions de véhicules », informe le quotidien belge.

« Concurrence. Amende record pour le cartel des camions », Courrier International, 20 juillet 2016.
Voir les réponses

Questions

1. Sur quoi les entreprises du « cartel des camions » se sont‑elles entendues ?

2. Quel est l’intérêt d’une telle entente pour ces entreprises ?

3. Quelles sont les conséquences d’un tel cartel pour les acheteurs de camions et pour les concurrents potentiels ?


Doc. 3

Le dilemme de l’oligopole



Lorsque Procter & Gamble (P&G) a décidé d’entrer sur le marché japonais des insecticides […], l’entreprise connaissait ses coûts de production et pouvait estimer la demande du marché. Mais il lui était difficile de déterminer son prix parce que deux autres entreprises, Kao Soap et Unilever Ltd, projetaient aussi d’entrer simultanément, et P&G devait prendre cela en compte pour choisir son propre prix. […] Ces trois entreprises faisaient face aux mêmes conditions de demande et aux même coûts, et chacune devait choisir son prix en prenant en compte ses concurrents. Dans le tableau ci-dessous nous avons présenté les profits de P&G pour différentes combinaisons de prix de P&G et de ses concurrents.

Robert Pindyck et Daniel Rubinfeld, Microéconomie, Pearson, 2012 (8e éd.).

On parle de stratégie coopérative pour désigner la stratégie optimale que peuvent mettre en place les acteurs s’ils s’entendent auparavant sur le comportement à adopter. La stratégie est dite non coopérative si les différents acteurs agissent sans concertation, et doivent donc prendre en compte toute les actions possibles des autres acteurs sans pouvoir les anticiper parfaitement. Voici un modèle de représentation :



Acteur B
Action 1 Action 2


Acteur A
Action 1 (Gain de A ;
Gain de B)
(Gain de A ;
Gain de B)
Action 2 (Gain de A ;
Gain de B)
(Gain de A ;
Gain de B)

Le tableau est une « matrice des gains », qui représente ce que gagne chaque agent pour chaque prix. La première case se lit comme suit : si P&G fait payer 1,50 pendant que Unilever et Kao font aussi payer 1,50, P&G gagne 20 000 et Unilever et Kao gagnent également 20 000.

Matrice des gains


Unilever et Kao
Font payer 1,50 € Font payer 1,40 €


P&G
Font payer 1,50 € (20 000 ; 20 000) (3 000 ; 22 000)
Font payer 1,40 € (22 000 ; 3 000)
(12 000 ; 12 000)
Voir les réponses

Questions

1. Quelle est a priori la tarification qui permet à l’ensemble des entreprises du secteur des insecticides de réaliser le profit total le plus élevé ?

2. Si Unilever et Kao fixent un prix de 1,40 €, quel est le prix que devrait fixer P&G pour faire le plus grand profit ? Et si Unilever et Kao fixent un prix de 1,50 € ?

3. Quelle est alors la tarification que doit choisir P&G ?

4. Si chaque entreprise raisonne de la même façon, quel est le tarif pratiqué par l’ensemble des firmes ? Cela vous semble‑t‑il être une situation optimale ?

5. Comment une entente peut-elle leur permettre de gagner plus ?


Je m'auto-évalue

Remplissez le texte ci-dessous avec les termes suivants : entente (x2), prix, profit, quantités.

En l’absence d’ sur un marché oligopolistique, les producteurs peuvent être amenés à se livrer une guerre des prix. Chacun cherche alors à s’approprier le plus possible de parts de marché en proposant un sans cesse plus bas que celui de ses concurrents. Cette situation conduit cependant à une diminution du de l’ensemble des acteurs du secteur. La formation d’une permet alors aux producteurs de s’entendre sur les prix et/ou les afin de maximiser leurs profits respectifs.

Je fais le point

Sur les marchés en oligopole, la concurrence peut être très forte. Les quelques entreprises présentes peuvent se livrer une véritable « guerre des prix » dans le but d’éliminer les concurrents. Pour éviter cela, les entreprises peuvent être tentées de s’entendre pour se partager le marché, fixer les prix, ou encore se concerter sur la politique d’innovation. Ces entreprises forment alors une entente, ou un cartel. Cette entente se fait au détriment des consommateurs et des entreprises hors de l’entente, c’est pourquoi elles sont le plus souvent illégales.

Connectez-vous pour ajouter des favoris

Pour pouvoir ajouter ou retrouver des favoris, nous devons les lier à votre compte.Et c’est gratuit !

Livre du professeur

Pour pouvoir consulter le livre du professeur, vous devez être connecté avec un compte professeur et avoir validé votre adresse email académique.

Votre avis nous intéresse !
Recommanderiez-vous notre site web à un(e) collègue ?

Peu probable
Très probable

Cliquez sur le score que vous voulez donner.

Dites-nous qui vous êtes !

Pour assurer la meilleure qualité de service, nous avons besoin de vous connaître !
Cliquez sur l'un des choix ci-dessus qui vous correspond le mieux.

Nous envoyer un message




Nous contacter?