Synthèse



« Ces vieux singes de cour, qui ne savent rien faire »

Joachim du Bellay





L’âge des Tartuffes de tous ordres

Vaincre la flatterie et la crédulité

La concentration de la cour à Versailles, voulue par Louis XIV, accroît l’influence des courtisans. La Fontaine entreprend ainsi, dans de nombreuses fables, de dénoncer l’hypocrisie des flatteurs (► écho au texte 3 ► texte 5), à l’instar de ses prédécesseurs, Deschamps et Du Bellay en tête, ou de son contemporain Molière, dans Le Tartuffe et Le Misanthrope.


Dénoncer la mondanité

Au siècle des Lumières, la poésie est encore un vecteur de débats d’idées. Jean-Marie-Bernard Clément (► texte 6) donne la parole à un abbé et à son détracteur, afin de dénoncer les raisonnements philosophiques, perçus comme corrompus, qui légitiment les vices. Comme chez Rutebeuf (► texte 1) et Boileau (► écho au texte 6), la satire porte sur la mondanité des hommes d’Église, qui devraient se tourner vers le sacré plutôt que vers le monde, en particulier le beau monde et ses plaisirs dénoncés comme superficiels et vains.

La satire au Moyen Âge

Des courtisans manipulateurs

Dans sa réécriture du Roman de Renart, célèbre récit animalier satirique médiéval, Rutebeuf (► texte 1) dénonce les mauvais conseillers, qui profitent de la crédulité du roi pour acquérir du pouvoir et s’enrichir. En utilisant l’adjectif « bestourné », il montre que le comportement de Renart renverse les rapports de force, mais aussi les idéaux de l’Église : les jeux humoristiques sur le lexique religieux font de Renart un moine usurpateur se prenant pour Dieu. Rutebeuf critique également l’aveuglement des puissants : le biais de la fable animalière permet de dissimuler la critique politique de Louis XI.


Mensonges et médisances

La cour est vue, dès lors, comme un lieu de compromission, d’hypocrisie. Au XIVe siècle, Eustache Deschamps multiplie les textes satiriques, usant d’une verve telle que, sous sa plume, les gens de cour sont assimilés à des animaux et à des diables (► texte 2), anticipant de trois siècles les portraits de faux honnêtes hommes dont l’âge classique sera friand (► échos aux textes 2 et 3 ► texte 5).

La méfiance de la Renaissance

Les débordements des cours

La méfiance à l’égard des gens de cour se poursuit ainsi au-delà du Moyen Âge. Au XVIe siècle, au retour de son long séjour à Rome, Du Bellay (► texte 3 ► Le plaisir de dire du mal, texte C) dénonce les travers de la cour du pape et, plus généralement, des cours royales : flatteries, opportunisme, bêtise, hypocrisie y règnent en maîtres. Ridiculisant la fragilité de la position des courtisans, le poète entend dissiper la fausse apparence de grandeur que ces « vieux singes » se donnent.


Satires de guerre

Lors des guerres de religion entre catholiques et protestants, la satire poétique apparaît comme l’outil idéal pour critiquer la confession du camp adverse : tandis que Ronsard (► écho au texte 4) reproche aux protestants l’usage de la violence, Agrippa d’Aubigné (► texte 4 ) tourne en ridicule la mauvaise foi des prêcheurs catholiques qui justifient au moyen de la Bible les pires massacres, comme celui de la Saint-Barthélemy en 1572. La satire prend ici racine dans la confrontation entre les paroles et les actes.

Le monde de la cour, du pouvoir a toujours été l’objet de nombreuses critiques. Les poètes, notamment, se sont montrés offensifs à l’égard des princes, courtisans et hommes d’Église, usant souvent à leur encontre du ton mordant de la satire.

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