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Texte 2


Le duel avorté





◈ Ressource complémentaire


Le duel avorté dans Une Conspiration en 1537, de George Sand (1831)


LE DUC, bas à Lorenzo. – Bien, Lorenzino, venge-moi de cet importun censeur. (Bas à Valori.) Vous le voyez : insolent et bas !

VALORI, à Lorenzo. – Un homme tel que vous doit avoir le bras aussi fort que l’esprit. C’est pourquoi je m’étonne qu’avec un langage si acerbe à la bouche, vous n’ayez point une épée au côté.

LORENZO. – Ce n’est pas ma coutume.

VALORI. – Alors votre coutume devrait être de parler peu, car l’homme qui ne sait pas se défendre ne doit pas attaquer.

LE DUC, bas à Valori. – Ferme ! Poussez-le à bout. Vous verrez sa lâcheté.

LORENZO. – Je ne suis point un soldat, mais un pauvre amant de la science. Je laisse le vain appareil des armes à ceux qui n’ont pas assez d’esprit pour se défendre autrement.

LE DUC, bas à Lorenzo. – Courage, Lorenzino. Humilie ce pédant !

VALORI. – Vous avez trop d’esprit vous-même pour qu’on engage un combat à armes égales. Chacun fait usage des siennes. (Il tire son épée.)

LE DUC, riant. – Voyons, Lorenzino, si ton esprit fera une cuirasse de ton pourpoint.

LORENZO. – Qu’on me donne une épée ! (À part.) Imprudent ! J’ai failli me trahir ! (Il prend l’épée avec embarras et affecte d’hésiter.)

LE DUC. – Bravo ! C’est ta première affaire d’honneur, Lorenzino. Je veux te servir de témoin.

LORENZO, à part. – C’est une épreuve. Jouons le rôle. (Il se laisse tomber.)

VALORI. – Misérable ! Ta couardise ne te sauvera pas !

LE DUC. – Halte-là, Excellence. Voulez-vous tuer un homme déjà mort de peur ?

TOUS LES COURTISANS. – C’est une honte et une infamie.


George Sand, Une Conspiration en 1537, scène 1, 1831.


Lorenzaccio, mise en scène de Francis Huster
Lorenzaccio, mise en scène de Francis Huster, avec Francis Huster (Lorenzo) et Charles Schneider (Sire Maurice), Théâtre Renaud-Barrault, Paris, 1989.
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Entrer dans le texte

1
Que pensez-vous du comportement de Lorenzo dans cet extrait ?


Du duel physique au duel verbal

2

a. Quelle est l’arme de Sire Maurice ?

b. Quelle est celle de Lorenzo ?


3

a. Pour qui le Duc semble-t-il prendre parti ? Commentez cela.

b. Quel est le principal reproche qu’il adresse à Lorenzo ?


4
Sire Maurice sort-il gagnant de ce duel avorté ?


Un conflit révélateur

5
GRAMMAIRE

a. De « Eh bien ! ta gaieté s'évanouit si vite ?... » à la fin de l'extrait, relevez les injonctions et classez-les selon leur forme (voir p. 456).

b. Qui donne des ordres ?

6

a. Comment le Duc nomme-t-il Lorenzo de « J’ai ri tout à l’heure... » à « ... ta mère. » ?

b. Pourquoi fait-il cela ?


7

a. En quoi la réaction du Duc, dans la réplique commençant par« Silence ! sire Maurice ; », peut‑elle sembler paradoxale ?

b. Comment l’expliquez-vous ?


8
Quels traits de caractère du Duc cet extrait révèle-t-il ?


9

a. Quelle image Lorenzo cherche-t-il à donner de lui ?

b. Quel personnage semble douter de ce qu’il voit à la fin de l’extrait ?

Vers le commentaire

10
Comment Lorenzo utilise-t-il ce duel pour passer pour un lâche aux yeux du Duc ?


ORAL
Constituez un groupe et imaginez la mise en scène de cet extrait. Réfléchissez aux déplacements des personnages, à leurs gestes, leurs postures, leurs attitudes, aux tons sur lesquels ils prononcent leurs répliques. Ensuite, jouez la scène devant vos camarades, puis comparez avec les mises en scène des autres groupes. Vous pouvez vous enregistrer pour vous entraîner.
Enregistreur audio

Ressource complémentaire


Le duel avorté

La scène se déroule dans le palais ducal, à Florence. Une délégation religieuse fait part à Alexandre des accusations du pape à l’encontre de Lorenzo. Sire Maurice condamne à son tour les vices du héros. Lorsque ce dernier entre en scène, il se moque ouvertement de Sire Maurice, qui le provoque en duel.


SIRE MAURICE. – Celui qui se croit le droit de plaisanter doit savoir se défendre. À votre place, je prendrais une épée.

LORENZO. – Si l’on vous a dit que j’étais un soldat, c’est une erreur ; je suis un pauvre amant de la science.

SIRE MAURICE. – Votre esprit est une épée acérée, mais flexible. C’est une arme trop vile ; chacun fait usage des siennes. (Il tire son épée.)

VALORI. – Devant le duc, l’épée nue !

LE DUC, riant. – Laissez faire, laissez faire. Allons, Renzo, je veux te servir de témoin ; qu’on lui donne une épée !

LORENZO. – Monseigneur, que dites-vous là ?

LE DUC. – Eh bien ! ta gaieté s’évanouit si vite ? Tu trembles, cousin ? Fi donc ! tu fais honte au nom des Médicis. Je ne suis qu’un bâtard, et je le porterais mieux que toi, qui es légitime ? Une épée, une épé  ! un Médicis ne se laisse point provoquer ainsi. Pages1, montez ici ; toute la cour le verra, et je voudrais que Florence entière y fût.

LORENZO. – Son Altesse se rit de moi.

LE DUC. – J’ai ri tout à l’heure, mais maintenant je rougis de honte. Une épée ! (Il prend l’épée d’un page et la présente à Lorenzo.) […] Regardez Renzo, je vous en prie ; ses genoux tremblent ; il serait devenu pâle, s’il pouvait le devenir. Quelle contenance2, juste Dieu ! je crois qu’il va tomber. (Lorenzo chancelle ; il s’appuie sur la balustrade et glisse à terre tout d’un coup.)

LE DUC, riant aux éclats. – Quand je vous le disais ! personne ne le sait mieux que moi ; la seule vue d’une épée le fait trouver mal. Allons, chère Lorenzetta, fais-toi emporter chez ta mère.
(Les pages relèvent Lorenzo.)

SIRE MAURICE. – Double poltron ! fils de catin3 !

LE DUC. – Silence ! sire Maurice ; pesez vos paroles ; c’est moi qui vous le dis maintenant ; pas de ces mots-là devant moi. (Sire Maurice et Valori sortent.)

VALORI. – Pauvre jeune homme !

LE CARDINAL, resté seul avec le duc. – Vous croyez à cela, monseigneur ?

LE DUC. – Je voudrais bien savoir comment je n’y croirais pas.

LE CARDINAL. – Hum ! c’est bien fort.

LE DUC. – C’est justement pour cela que j’y crois. Vous figurez-vous qu’un Médicis se déshonore publiquement, par partie de plaisir ? D’ailleurs ce n’est pas la première fois que cela lui arrive ; jamais il n’a pu voir une épée.

LE CARDINAL. – C’est bien fort, c’est bien fort. (Ils sortent.)


Alfred de Musset, Lorenzaccio, Acte I, scène 4, 1834.


1. Jeunes hommes servant le seigneur.
2. Attitude contenue devant autrui.
3. Prostituée.

Éclairage

Cette scène est la réécriture du duel imaginé par George Sand dans Une Conspiration en 1537, qui fut une source d’inspiration majeure pour Musset. Si certaines répliques sont presque identiques, le dramaturge a choisi de ne pas mettre en évidence le double jeu de Lorenzo dans les répliques mêmes du personnage, contrairement à George Sand qui écrit : « Qu’on me donne une épée ! (À part.) Imprudent ! J’ai failli me trahir ! (Il prend l’épée avec embarras et affecte d’hésiter) ».
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L'image

1
Comparez les costumes des deux personnages. Dans quelle mesure représentent-ils leur caractère ?


2
Comment le conflit est-il représenté sur cette image ?
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