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Histoire-Géographie 1re

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COURS 3


Le Second Empire : un régime autoritaire





Quels sont les moyens d’action et les ambitions de Napoléon III ?


1
Un « césarisme démocratique »

Le coup d’État. Le 2 décembre 1851, la Constitution l’empêchant d’être réélu président, Louis‑Napoléon Bonaparte dissout l’Assemblée nationale. Des soulèvements ont lieu contre le coup d’État, mais ils sont réprimés par l’armée. L’année suivante, Louis‑Napoléon Bonaparte fait approuver par plébiscite le rétablissement de l’Empire : il est proclamé empereur le 2 décembre 1852 sous le nom de Napoléon III.

Un pouvoir personnel. La nouvelle Constitution, approuvée par plébiscite en décembre 1852, concentre tous les pouvoirs entre les mains du chef de l’État : il a seul l’initiative des lois et il nomme les ministres. Les députés, qui siègent au sein du Corps législatif, sont tenus de prêter un serment personnel à l’empereur. Le Sénat, composé de membres de droit ou nommés par l’empereur, peut annuler les votes du Corps législatif.

Un régime plébiscitaire. Le suffrage universel direct masculin est rétabli pour l’élection des députés et les plébiscites. Ceux-ci témoignent de la popularité du chef de l’État, qu’il entretient par des voyages officiels dans le pays (doc. 1). Le Second Empire est un césarisme démocratique : « l’appel au peuple » auquel a recours Napoléon III vise à légitimer la politique menée, mais le système de la candidature officielle, l’absence de liberté de la presse et la répression des opposants au régime interdisent tout pluralisme.

2
Un État renforcé au service du régime

Les fonctionnaires. Leur nombre passe de 477 000 en 1851 à près de 700 000 en 1870. Tous les fonctionnaires sont tenus de relayer la propagande bonapartiste, en particulier au moment des élections (doc. 2), de maintenir l’ordre et de surveiller leurs collègues et les administrés. Un serment personnel à l’empereur est imposé.

Les « empereurs au petit pied ». Cette expression désigne les préfets qui, en plus de leurs missions traditionnelles de maintien de l’ordre et d’exécution des lois, reçoivent des pouvoirs considérables dans leur département.

Les limites de l’emprise du régime. Pour la plupart, les préfets et les fonctionnaires ne sont pas remplacés après le coup d’État de 1851 (doc. 2). Ce ne sont pas des bonapartistes convaincus mais d’anciens républicains ou monarchistes qui acceptent le nouveau régime, sans toutefois y adhérer pleinement.

3
Les ambitions économiques et politiques de l’empereur

Le développement économique. Napoléon III favorise le développement d’infrastructures, en particulier l’extension du réseau ferré. Il entend stimuler l’industrie par une politique de libre‑échange, en particulier avec le Royaume‑Uni (traité de 1860).

Manifester la grandeur de la France et de l’Empire. Napoléon III entend redonner à la France une place prépondérante dans le concert des nations européennes et mène une politique extérieure active (guerre de Crimée en 1854, unification italienne en 1860, expédition au Mexique de 1862 à 1867).


Au nom de ses ambitions économiques et politiques, Napoléon III exerce un pouvoir personnel, plébiscitaire et autoritaire qui réprime les oppositions.

Voir le cours 4

Repères

Le 2 décembre, date clé de la dynastie napoléonienne

Le 2 décembre, date clé de la dynastie napoléonienne

Le coup d’État du 2 décembre 1851 a permis à Louis‑Napoléon Bonaparte d’imposer une nouvelle constitution autoritaire. Un an plus tard, jour pour jour, il proclame l’Empire et prend le nom de Napoléon III. La date du 2 décembre n’est pas choisie au hasard. Il s’agit du jour anniversaire du sacre de Napoléon Ier (1804) et de la victoire française d’Austerlitz (1805).

Vocabulaire

Candidature officielle : pratique électorale qui favorise un candidat désigné par le gouvernement en le distinguant par une affiche blanche et en lui apportant le soutien de l’administration.

Césarisme démocratique : régime politique qui associe un pouvoir autoritaire et personnel d’une part, et des élections régulières au suffrage universel d’autre part.

Libre-échange : politique économique visant à augmenter les échanges commerciaux internationaux en abaissant les barrières douanières.

Plébiscite : vote portant sur une simple question visant à faire approuver une décision ou une politique.



1
Napoléon III représenté en souverain proche du peuple

William Bouguereau, Napoléon III visitant les inondations de Tarascon, 1856
William Bouguereau, Napoléon III visitant les inondations de Tarascon, 1856, huile sur toile, 200 x 300 cm, hôtel de ville de Tarascon.

2
L’administration au service des candidats officiels

Dans les élections qui se préparent, le peuple français a un rôle important à remplir. Mais ici quel ne serait pas son embarras sans l’intervention du gouvernement ! [...] Il faut que le peuple soit mis en mesure de discerner quels sont les amis et quels sont les ennemis du gouvernement qu’il vient de fonder. En conséquence, Monsieur le Préfet, prenez des mesures pour faire connaître aux électeurs de chaque circonscription de votre département, par l’intermédiaire des divers agents de l’administration, par toutes les voies que vous jugerez convenables, selon l’esprit des localités et, au besoin, par des proclamations affichées dans les communes, celui des candidats que le gouvernement de Louis‑Napoléon juge le plus propre à l’aider dans son œuvre réparatrice. [...] Le gouvernement ne se préoccupe pas des antécédents politiques des candidats qui acceptent avec franchise et sincérité le nouvel ordre des choses. Mais il vous demande en même temps de ne pas hésiter à prémunir les populations contre ceux dont les tendances connues ne seraient pas dans l’esprit des institutions nouvelles.


Victor de Persigny, ministre de l’Intérieur, circulaire aux préfets, 11 février 1852.

Prolongement numérique

« Spectaculaire Second Empire » est une exposition organisée en 2016 par le musée d’Orsay (Paris). Le régime de Napoléon III, né d’un coup d’État, a également été une grande période de modernisation de la France et de foisonnement artistique.


Un colloque scientifique, organisé par le musée et rassemblant des historiens et des historiennes spécialistes de la période, est intégralement disponible en vidéo. À découvrir tout particulièrement, les contributions « On se réveillera, l’opposition républicaine au Second Empire » (Sylvie Aprile), « Le péché originel ? Le coup d’État du 2 décembre 1851 » (Arnaud‑Dominique Houte) et « Croquer les mœurs du Second Empire : Daumier versus Gavarni » (Bertrand Tillier).
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