COURS 4


Les femmes, entre luttes et discriminations






Par leur travail quotidien et par les luttes féministes, les femmes modérées comme les plus radicales œuvrent pour que leur rôle soit justement reconnu dans la société.

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Les devoirs de la femme

Ce que les hommes exigent avant tout d’une femme, c’est qu’elle ait les vertus et les dehors de la femme […]. La modestie dans la tenue et dans les vêtements est d’une importance bien plus grande encore […]. Ne pas parler trop haut, ne pas faire de grands gestes, ne pas accaparer l’attention des gens […]. Le mariage est l’acte le plus important de la vie d’une femme […]. Si le mari et la femme ont la mauvaise chance de ne pas tomber d’accord dans leur manière d’envisager les événements politiques, le devoir de la femme est de garder le silence sur ce point.


Mme Gréville, Instruction morale et civique des jeunes filles, 1882.

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Des actrices économiques, sociales et culturelles…

Les femmes travaillent. Le travail des femmes des catégories populaires est indispensable dans les champs et les usines, ainsi qu’à domicile. De nouveaux métiers apparaissent, qui offrent aux femmes de nouvelles possibilités de carrières dans l’éducation, la santé, le commerce (doc. 1). Les femmes lettrées, journalistes, artistes sont de plus en plus nombreuses. Mais toutes sont moins payées que les hommes.

Le temps des pionnières. De plus en plus de femmes, souvent issues de milieux favorisés, accèdent à des carrières traditionnellement réservées aux hommes. En 1861, Louise Victoire Daubié est la première femme à obtenir le baccalauréat. En 1900, après trois ans de lutte qui passionnent l’opinion, Jeanne Chauvin devient la première femme avocate.

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... qui se heurtent à des discriminations ancrées

Une société misogyne et patriarcale. Les femmes sont souvent déconsidérées : l’idée que leur domaine d’action est avant tout domestique (les enfants, la maison…) est très répandue. Le Code civil de 1804, encore en vigueur, fait des femmes d’éternelles mineures au niveau juridique en les plaçant sous l’autorité de leur père puis de leur mari. Jusqu’en 1907, le salaire des femmes qui travaillent est directement versé à l’homme de la maison. Les femmes ne peuvent ni voter ni être élues.

La République pour les hommes ? La IIIe République rend obligatoire la scolarisation des filles (loi Camille Sée en 1880), mais de nombreuses formations et orientations professionnelles restent réservées aux hommes. Filles et garçons ne reçoivent pas les mêmes enseignements : les premières apprennent à être des mères de famille et de bonnes ménagères, discrètes et soumises aux hommes (doc. 2).



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Les luttes féministes s’intensifient

Agir et militer. C’est dans ce contexte, et avec l’inspiration donnée par les suffragettes britanniques et américaines, que se développent des idées et des actions féministes. Grâce à certains droits nouveaux, comme la liberté d’association, de manifestation, de publication, ce féminisme, qui était surtout littéraire, devient militant et collectif (doc. 3). L’Union française pour le suffrage des femmes, créée en 1909, joue un rôle important.

Se radicaliser. Les moyens d’action des féministes varient, des plus modérés aux plus spectaculaires : Hubertine Auclert tente, en vain, de faire pression sur le gouvernement en organisant une grève de l’impôt pour les femmes en 1880. Néanmoins, les femmes impliquées dans ces mouvements radicaux restent minoritaires, et, globalement, peu de femmes participent réellement à ces luttes.

Se politiser. Les mouvements féministes français s’internationalisent, et prennent parfois pied dans les combats politiques, même si les femmes restent marginalisées dans les partis. Madeleine Pelletier parvient ainsi à faire voter au congrès de la Section Française de I’Internationale Ouvrière de 1906 le soutien à l’égalité des droits politiques.

B. Breitwieser, Les Différentes positions sociales de la femme

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Être une femme à la fin du XIXe siècle

B. Breitwieser, Les Différentes positions sociales de la femme, 1890, chromolithographie, 30,5 x 40,8 cm, musée national de l’Éducation, Rouen.

Vocabulaire

Féminisme : idées et luttes qui défendent l’égalité entre les femmes et les hommes dans tous les domaines.

Mineur(e) : dans ce sens, personne caractérisée par une incapacité juridique et politique, placée sous l’autorité de représentants légaux.

Société patriarcale : société où les hommes, en tant que pères, détiennent l’autorité sur les membres de la famille, et donc plus généralement société où le pouvoir (politique, social, économique, etc.) est principalement, voire exclusivement, détenu par les hommes.

Suffragettes : militantes luttant pour obtenir le droit de vote pour les femmes.

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Un texte féministe

Dans toutes les œuvres littéraires, la femme est placée au premier plan, mais presque toujours, on la présente comme une poupée frivole.

Si nos gouvernants étaient animés d’un sincère désir de progrès social, non seulement ils s’abstiendraient de sévir contre les professeurs qui enseignent le féminisme à leurs élèves, mais ils inciteraient, au contraire, le personnel enseignant à susciter en l’esprit des écolières des idées d’affranchissement. Plusieurs nations européennes ont aujourd’hui le vote des femmes ; il faudra bien un jour que la France y arrive.


Madeleine Pelletier, L’Éducation féministe des filles, 1914.

Écho des temps

Le mouvement #MeeToo

Le mouvement #MeeToo a permis, à partir de 2017, de libérer la parole de nombreuses femmes concernant les discriminations et des abus sexuels qu’elles subissent au quotidien. Initialement lancé sur les réseaux sociaux, il touche très vite l’ensemble des médias. À la suite de ce mouvement émerge une autre mobilisation : en 2018, de nombreuses manifestations, appelées Women’s March, se sont organisées aux États‑Unis et dans le monde, y compris en France. Les manifestantes, qui défilent notamment sous le slogan « Nous toutes », redoublent d’inventivité pour réclamer l’égalité des droits entre hommes et femmes et la fin des discriminations de tout type.

Repères

Hubertine Auclert

Hubertine Auclert
(1848-1914)

Journaliste et suffragette française, elle se bat toute sa vie pour que les femmes françaises obtiennent des droits politiques. Elle fonde le journal La Citoyenne pour donner une tribune à cette lutte et utilise des moyens variés pour revendiquer ces droits, comme faire la grève de l’impôt, interrompre la lecture du Code civil lors d’un mariage, ou boycotter le recensement, car elle dit alors : « Si nous ne comptons pas, pourquoi nous compte‑t‑on ? »

Comment les femmes agissent‑elles pour promouvoir leurs droits ?

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