DOSSIER 2



Comment une société d’individus peut-elle tenir ?





Doc. 2

La société, composée d’organes solidaires entre eux ?



  Dans ce livre, le sociologue Émile Durkheim étudie la façon dont la « division du travail social », la spécialisation des rôles des individus, modifie le lien social, qu’il nomme « solidarité ».

  Il y a en nous deux consciences : l’une ne contient que des états qui sont personnels à chacun de nous et qui nous caractérisent, tandis que les états que comprend l’autre sont communs à toute la société. Quand c’est un des éléments de cette dernière qui détermine notre conduite, ce n’est pas en vue de notre intérêt personnel que nous agissons, mais nous poursuivons des fins collectives. […] De là résulte une solidarité […] qui, née des ressemblances, rattache directement l’individu à la société ; […] nous proposons de l’appeler mécanique. […]

  Il en est tout autrement de la solidarité que produit la division du travail. Tandis que la précédente implique que les individus se ressemblent, celle-ci suppose qu’ils diffèrent les uns des autres. La première n’est possible que dans la mesure où la personnalité individuelle est absorbée dans la personnalité collective ; la seconde n’est possible que si chacun a une sphère d’action qui lui est propre, par conséquent une personnalité. […] Cette solidarité ressemble à celle que l’on observe chez les animaux supérieurs. Chaque organe, en effet, y a sa physionomie spéciale, son autonomie, et pourtant l’unité de l’organisme est d’autant plus grande que cette individuation des parties est plus marquée. En raison de cette analogie, nous proposons d’appeler organique la solidarité qui est due à la division du travail.


Émile Durkheim, De la division du travail social, PUF, 2013 (1e édition 1893).
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Questions

1. Comment évolue l’autonomie de l’individu par rapport à la société avec la division du travail ?


2. Pourquoi Émile Durkheim qualifie-t-il la solidarité des sociétés modernes d’« organique » ?


3. Selon lui, la solidarité (ou lien social) s’affaiblit‑elle dans les sociétés modernes ?


4. L’individu est-il entièrement détaché de la société dans les sociétés modernes ?

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Doc. 1

Le sentiment d’une société de plus en plus égoïste ?


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Questions

1. Faites une phrase présentant les données sur le « repli individualiste ».

2. Quel semble être le sentiment général des personnes interrogées concernant le lien entre les individus ?

l’Ifop d’un sondage fait par l’institut CSA
l’Ifop d’un sondage fait par l’institut CSA
l’Ifop d’un sondage fait par l’institut CSA

La question posée était : « À votre avis, vers quel type de citoyenneté notre société se dirige-t-elle dans les années à venir ? Va-t-on vers… ? ». Le total ne fait pas 100, car les personnes interrogées pouvaient ne pas répondre.

Les données pour 1998 sont reprises par l’Ifop d’un sondage fait par l’institut CSA pour le quotidien Libération et la Ligue des droits de l’homme en mai 1998.
Ifop, « Les Français et la citoyenneté », sondage réalisé pour Ouest France, janvier 2018.

Je fais le point

Avec la révolution industrielle, les liens sociaux ont profondément changé. Émile Durkheim montre que les sociétés passent d’une solidarité « mécanique », basée sur la ressemblance entre les individus, à une solidarité de type « organique » fondée sur la complémentarité. Depuis les années soixante-dix, de nombreux sociologues évoquent un renforcement de l’individualisme. Celui-ci peut fragiliser le lien social, mais aussi le renforcer.


Je m'auto-évalue

Indiquez si la proposition est vraie ou fausse.

1. L’individualisme est toujours synonyme d’égoïsme.



2. La solidarité mécanique est caractéristique des sociétés industrielles.



3. La division des tâches dans la société conduit à un développement de la solidarité organique.



4. La montée de l’individualisme peut renforcer le lien social.


Doc. 3

Vers un individualisme altruiste ?



  L’évolution des sociétés occidentales va certainement dans le sens d’un approfondissement de l’individualisme […]. Il y a dans l’évolution des systèmes de valeurs une primauté toujours plus importante de l’individu. Mais, loin de disparaître et de décliner, les valeurs demeurent, en se transformant dans le sens d’une élévation de l’idée générale d’égale dignité de tous, que ce soit dans l’espace public ou dans des espaces aussi intimes que la famille. À l’intérieur de la famille, homme et femme, d’une part, mais aussi enfants, d’autre part, quels que soient leur sexe, leur rang, leur âge, sont des individus à part entière et d’égale dignité.

  […] L’individu moderne cherche à la fois l’autonomie et la compagnie. Il lui faut donc établir des compromis. Le grand souci est, selon la formulation bien trouvée [du sociologue] François de Singly, de réussir certes à vivre ensemble, mais surtout à être « libres ensemble ».


Julien Damon, Les Familles recomposées, PUF, 2012.
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Questions

1. Que signifie la « primauté de l’individu » ?

2. Comment l’importance accordée à l’individu peut-elle renforcer le lien social à l’intérieur de la famille ?
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