COURS 3


Une guerre moderne et violente





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Les revendications des mutins de 1917

Ce que nous demandons nous paraît peu de chose : qu’on ménage nos vies… même pas : qu’on nous donne l’impression qu’on ménage nos vies en ménageant nos nerfs. Nous savons très bien que nous sommes ici pour nous faire tuer… Un peu plus tôt ou un peu plus tard, mais ceux qui se font tuer exigent qu’on prenne d’eux un minimum de soin, qu’on n’abuse pas d’eux comme on l’a fait jusqu’ici. Ils demandent qu’on leur permette de souffler et de se reprendre, qu’on leur donne des repos plus fréquents, des cantonnements plus confortables, surtout qu’on ne les jette pas au‑devant de la mort avec cette légèreté inconcevable dont on nous a donné trop d’exemples !


Joseph Tézenas du Montcel, L’Heure H, étapes d’infanterie, 14‑18, 1960.

3
Pourquoi se battre ?

Refuser le combat. Le nombre de désertions reste faible pendant toute la guerre. Mais, après l’échec de l’offensive du Chemin des Dames, les Poilus réclament plus de considération de la part de leurs généraux (doc. 4). Des mutineries touchent l’armée française, sévèrement réprimées par les autorités. La durée du conflit nourrit le développement de courants pacifistes qui réclament la fin de la guerre.

Entre contrainte et consentement. Les historiens actuels se demandent comment ont fait les soldats pour tenir face à une telle violence et une mort omniprésente. Certains pensent qu’ils y étaient obligés par la loi martiale qui punissait les déserteurs (notion de contrainte), d’autres pensent que les soldats ont tenu car ils acceptaient tout cela au nom de leur fervent patriotisme (notion de consentement). Le débat n’est pas clos.


La durée de la guerre et les nouvelles technologies qui s’y développent expliquent le haut degré de violence. À partir de 1917, une fin du conflit se dessine.

Voir le cours 4

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La guerre dans le ciel

« Défense des côtes », illustration dans The Wonder Book of Aircraft for Boys and Girls, 1919
« Défense des côtes », illustration dans The Wonder Book of Aircraft for Boys and Girls, 1919.

Prolongement numérique

Archéologie virtuelle de la « Grande Guerre »
Ce site propose de restituer de la façon la plus complète possible l’expérience combattante des soldats de la Grande Guerre.

Archéologie virtuelle de la « Grande Guerre »

Photos, vidéos, objets archéologiques : plongez au cœur de la Première Guerre mondiale à travers cinq sections : « monter au front », « archéologie et vestiges », « vie quotidienne », « mort quotidienne », « innovations techniques ». Élaboré par le ministère de la Culture, le site propose également un glossaire, une liste des principaux sites archéologiques de la Grande Guerre et un ensemble de ressources pédagogiques, dont un quiz.



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Une guerre moderne

Le règne de l’artillerie. Les bombardements extrêmement puissants qui ont lieu au front détruisent villes et paysages et noient les tranchées sous un véritable « déluge de feu ». Lors de la première journée de l’offensive allemande à Verdun, plus d’un million d’obus sont tirés, ce qui fait plus de dix par seconde en moyenne.

Science et technologie au service de la guerre. Les états‑majors de chaque armée encouragent les scientifiques et les techniciens de leur pays à développer des armes nouvelles. Les Allemands développent les premiers les gaz de combat (doc. 1). Partout, les grands industriels, comme le français Louis Renault, se mettent à fabriquer des armes.

De nouvelles façons de tuer. Des armes nouvelles apparaissent et se diffusent : chars d’assaut, sous‑marins, lance‑flammes. Les progrès de l’aviation font du ciel un nouveau champ de bataille (doc. 2). Les mitrailleuses et les canons sont fabriqués en masse : la guerre devient industrielle.

1
Les gaz de combat, terreur des soldats

Avec la vague, la mort nous a enveloppés, elle a imprégné nos vêtements et nos couvertures, elle a tué autour de nous tout ce qui vivait, tout ce qui respirait. Les petits oiseaux sont tombés dans les boyaux, les chats et les chiens, nos compagnons d’infortune se sont étendus à nos pieds et ne se sont plus réveillés. […] Nous avons passé là, chers camarades, les heures les plus douloureusement longues de notre existence de soldats. Nous avions tout vu : les mines, les obus, les lacrymogènes, le bouleversement des bois, les noirs déchirements des mines tombant par quatre, les blessures les plus affreuses et les avalanches de fer les plus meurtrières, mais tout cela n’est pas comparable à ce brouillard qui, pendant des heures longues comme des siècles, a voilé à nos yeux l’éclat du soleil et la lumière du jour…


« Les gaz : à ceux qui les ont vus », article paru dans le journal des tranchées Le Filon, 20 mars 1917.

Repères

casque Adrian

Casque Adrian

Le casque « Adrian M 1915 » a été conçu par le sous‑intendant militaire Louis Adrian en 1915. Il est très vite adopté par l’armée française, désireuse de mieux protéger ses soldats des blessures à la tête. En effet, jusqu’en 1915, la tête des soldats français n’est pas protégée par un casque mais par une simple casquette : 77 % des blessures se font alors à la tête. Avec la généralisation du casque Adrian, ce chiffre tombe à 22 %. Devenu rapidement emblématique de l’uniforme des Poilus, le casque Adrian est, comme le reste de l’uniforme à partir de 1915, de couleur « bleu horizon ».

2
Se battre et vivre au front

S’adapter. Les armées évoluent pendant la guerre : les uniformes deviennent moins visibles (couleur vert‑de‑gris côté allemand, « bleu horizon » côté français). La protection du soldat se développe : le port du casque devient obligatoire et l’utilisation de masques à gaz se fait plus fréquente (doc. 3).

Vivre au front. Pour les soldats, les périodes en première ligne, extrêmement éprouvantes, alternent avec des périodes de repos à l’arrière. Souvent mal ravitaillés, les soldats ne peuvent pas non plus se laver et vivent en permanence en contact avec les poux et les rats attirés par les nombreux cadavres.

Les grandes batailles meurtrières. Les généraux tentent ponctuellement de faire bouger les lignes de front en lançant de grandes offensives extrêmement meurtrières mais dont les résultats sont peu significatifs : Verdun (1916), la Somme (1916), le Chemin des Dames (1917).

3
De nouvelles façons de combattre

Un cavalier allemand avec son masque à gaz, photographie anonyme
Un cavalier allemand avec son masque à gaz, photographie anonyme (colorisation numérique), date et lieu inconnus.

Vocabulaire

Front : lieu où se déroulent les combats, par opposition à l’arrière qui est le lieu des civils.

Mutinerie : fait, pour un soldat, de se révolter contre ses officiers.

Poilu : soldat français qui a vécu la Première Guerre mondiale. Ils sont appelés Feldgrau en Allemagne et Diggers (ceux qui creusent) en Australie ou Nouvelle‑Zélande.

Tranchée : fossé allongé, creusé dans le sol à proximité des lignes ennemies, permettant aux soldats de s’abriter. L’espace devant la tranchée où les soldats doivent passer pour attaquer les lignes ennemies est appelé no man’s land.

Quels aspects font de la Première Guerre mondiale un conflit brutal et meurtrier ?

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