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TD 2


Quelle utilité sociale pour la déviance ?




2. À vous de jouer !

Démontrer l’utilité sociale de la déviance



Doc. 3
La déviance comme source d’intégration ?


  Là où l’économie légale leur ferme les portes, l’économie de la pauvreté, ou de la débrouille, prend le relais. « Le secteur des stups n’est pas discriminant et accepte les non diplômés, principalement des jeunes hommes issus de milieux défavorisés », observe l’économiste Christian Ben Lakhdar. […] Dans les quartiers où les taux de chômage et de décrochage scolaire atteignent parfois 50 %, « l’école de la rue » se substitue à l’école républicaine. […] Avoir un rôle dans l’entreprise […] du trafic procure au jeune le « sentiment intense d’exister » et la satisfaction d’obtenir un « statut » dans la cité, mais aussi d’accéder à une forme de normalité, en lui permettant d’avoir une place dans la société de consommation. « Demander à sa mère, c’est le cafard, estime [un] dealer du Val‑d’Oise. Avec ses 1 200 euros par mois en tant que femme de ménage dans un hôtel, on ne va nulle part. Moi, je voulais de l’argent. » Ceux qui, comme lui, parviennent à gravir les échelons, « coffrent » leurs économies pour ouvrir un commerce légal le plus souvent. Les autres déchantent, sans un sou en poche mais avec un casier judiciaire bien rempli.

Louise Couvelaire, « Enquête sur les petites mains du deal de cannabis », Le Monde, 25 janvier 2018.

Questions

1. Pourquoi peut‑on qualifier les trafiquants de déviants ? Leur déviance est‑elle de la délinquance ?


2. Comment cette déviance peut‑elle favoriser leur intégration à la société ?


3. Cette intégration se produit‑elle toujours ?

Récapitulez

À l’aide de vos connaissances et du dossier documentaire, montrez que la déviance peut avoir une utilité sociale.

Doc. 2
La déviance peut‑elle être à l’origine des changements de normes ?


  Le Parlement de Montevideo a voté une « loi intégrale pour les personnes trans », qui leur reconnaît le choix indiscutable de leur identité de genre dès l’âge de dix-huit ans. […] En plus de la reconnaissance indiscutable du choix individuel de leur identité de genre dès dix-huit ans – voire celui d’être « non binaire », ni homme ni femme –, ce texte leur accorde le remboursement par le système de santé des hormonothérapies et des chirurgies de réassignation sexuelle, la création de bourses d’aide à l’éducation, la désignation comme groupe prioritaire pour l’accès au logement, l’obligation pour les services gouvernementaux d’employer au moins 1 % d’entre elles, et une pension mensuelle pour celles nées avant 1975, qui ont été maltraitées pendant la dictature de 1973‑1985.

Frédéric Joignot, « L’Uruguay, unique en ses genres », Le Monde, 26 octobre 2018.

Marche pour la diversité, Montevideo (Uruguay), 2018
Marche pour la diversité, Montevideo (Uruguay), 2018.

Questions


Étape 1. Comprendre l’idée principale du texte.

1. Pourquoi le fait d’être transsexuel peut‑il conduire à être perçu comme déviant ?
La déviance est un écart aux normes reconnu comme tel par la société.


2. Que signifie le fait de pouvoir choisir son identité de genre ?
L’identité de genre renvoie à la façon dont la société catégorise une personne comme homme ou femme.


Étape 2. Faire le lien entre l’exemple du texte et l’interrogation sur l’utilité sociale de la déviance.

3. Pourquoi la loi votée est-elle le signe d'une grande avancée pour les transsexuels ?
Comparez la situation lors de la dictature à celle que permet la loi.


4. Pourquoi cette loi conduit‑elle à une évolution pour la société ?
Pensez aux effets qu’elle peut avoir sur les personnes qui ne sont pas directement concernées.


5. Avec cette nouvelle loi, peut‑on encore qualifier les personnes transsexuelles de déviantes ?
La déviance est ce qui est perçu comme tel, que ce soit dans la loi ou dans la façon dont les personnes interagissent entre elles.
1. Exercice guidé

Montrer que la déviance est un fait normal et utile pour la remise en cause des normes existantes



Doc. 1
Le crime, un phénomène normal ?


  Nous voilà en présence d’une conclusion, en apparence assez paradoxale. Car il ne faut pas s’y méprendre. Classer le crime parmi les phénomènes de sociologie normale, ce n’est pas seulement dire qu’il est un phénomène inévitable quoique regrettable, dû à l’incorrigible méchanceté des hommes ; c’est affirmer qu’il est un facteur de la santé publique, une partie intégrante de toute société saine. Ce résultat est, au premier abord, assez surprenant pour qu’il nous ait nous‑même déconcerté et pendant longtemps. Cependant, une fois que l’on a dominé cette première impression de surprise, il n’est pas difficile de trouver les raisons qui expliquent cette normalité, et, du même coup, la confirment.

  En premier lieu, le crime est normal parce qu’une société qui en serait exempte est tout à fait impossible.[…]

  Non seulement il implique que la voie reste ouverte aux changements nécessaires, mais encore, dans certains cas, il prépare directement ces changements. […] Que de fois, en effet, il n’est qu’une anticipation de la morale à venir, un acheminement vers ce qui sera ! […] La liberté de penser dont nous jouissons actuellement n’aurait jamais pu être proclamée si les règles qui la prohibaient n’avaient été violées avant d’être solennellement abrogées. Cependant, à ce moment, cette violation était un crime, […] dans la généralité des consciences. Et néanmoins ce crime était utile puisqu’il préludait à des transformations qui, de jour en jour, devenaient plus nécessaires.

Émile Durkheim, Les Règles de la méthode sociologique, Flammarion, 1895.

Questions


Étape 1. Comprendre l’idée générale du texte et la résumer.

1. Pourquoi la déviance est‑elle normale selon Durkheim ?
En vous aidant du début du texte et de l’exemple du crime, expliquez ce que Durkheim qualifie de « normalité ». Puis déduisez‑en pourquoi la déviance peut être qualifiée ainsi.


Étape 2. Argumenter et donner des exemples.

2. Expliquez et illustrez la phrase soulignée.
Pour expliquer la phrase, il faut la reformuler avec vos propres mots et avec le vocabulaire du cours. Pour l’illustrer, proposez un exemple de liberté actuelle (droit à l’avortement, contraception, liberté de la presse) et faites le lien avec une transgression des règles passée.
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