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Repères art et littérature / Poésie


Le Moyen Âge : lier le texte à la musique et à l'image






CARTE D'IDENTITÉ


Le Moyen Âge

 Origine  Terme issu d’une traduction du latin de la Renaissance, medium aevum (« temps intermédiaire »), quand la réappropriation de l’Antiquité a conduit à dévaloriser cet âge « moyen ». Depuis, les chercheurs ont redécouvert cette période très riche.

 Où ?  En Europe. Cette période marque l’avènement de littératures en langues romanes, vernaculaires (propres à une communauté, à un pays, par opposition au latin).

 Quand ?  De la chute de l’Empire romain d’Occident (476) à la chute de l’Empire romain d’Orient (1453) ou au débarquement des Européens en Amérique (1492). On réunit dans cette période dix siècles d’histoire.

Ce qu'il faut retenir

Carte mentale



Guillaume de Lorris et Jean de Meung, Le Roman de la Rose, manuscrit du XIVe siècle
Doc. 1
Guillaume de Lorris et Jean de Meung, Le Roman de la Rose, manuscrit du XIVe siècle, BnF, Paris.
Voir les réponses

1
Doc.1
a. Quelle est la place du texte sur la page ?

b. Et la place des images ?


2
Doc. 2 et 3
Quelles sont les différences entre l’art roman et l’art gothique ?



3
Texte A
Pourquoi peut-on rapprocher la poésie de la musique ?

Ressources complémentaires

Les Filles au Moyen Âge d’Hubert Viel

• Visionnez le film Les Filles au Moyen Âge d’Hubert Viel (2015).

Kristan von Hamle, Codex Manesse, 1305-1315

Doc. 4
Kristan von Hamle, Codex Manesse, 1305 - 1315, Bibliothèque universitaire de Heidelberg, Allemagne.

De l’art roman (Xe - XIIe siècles) à l’art gothique (XIIIe - XVe siècles)


L’art roman



 10 m de hauteur 
 Murs épais et contreforts 
 Petites ouvertures 

Église de Badefols d’Ans, XIIe siècle

Doc. 2
Église de Badefols d’Ans, XIIe siècle.


L’art gothique


 112 m de hauteur 
 Rosaces, grandes ouvertures 

Cathédrale d’Amiens

Doc. 3
Cathédrale d’Amiens, XIIIe siècle.

Poésie et musique

a. Pour illustrer le lien qui unit la poésie et la musique, résumez le mythe d’Orphée, expliquez sa signification et choisissez-en plusieurs représentations.


b. Choisissez au moins une interprétation chantée d’un poème du Moyen Âge.

Ressource complémentaire

Poème de Béatrice de Die chanté comme au Moyen Âge.


Bele doette as fenestres se siet (chanson de toile), XIIIe siècle

Les chansons de toile mettent en scène une jeune femme attendant le retour de son amant. Elle est souvent représentée en train de tisser ou de broder, ce qui explique le nom du genre. Dans cette chanson, la belle Doette apprend la mort de son mari au tournoi.

Saltarello (manuscrit de Londres), XIVe siècle

Les saltarellos sont des danses médiévales italiennes du XIVe siècle. Celui‑ci est issu du Manuscrit de Londres : un recueil de chants et de danses médiévales de la Toscane.

Va Rossignol, Clément Janequin, fin du XVe siècle

Ce chant à quatre voix est un chant courtois : le poète fait du rossignol son messager vers sa dame.

La plus mignonne de mon cœur, Guillaume Dufay, XVe siècle

Familier des cours européennes, Guillaume Dufay était un célèbre musicien du XVe siècle : il a créé l’école « franco‑flamande », un courant musical qui développa la polyphonie, c’est‑à‑dire le chant à plusieurs voix. Il a composé aussi bien de la musique religieuse que profane, comme cette chanson courtoise.

La musique médiévale


La musique médiévale couvre près de huit siècles, du VIIIe siècle à la Renaissance, mais il reste peu de traces de la musique composée avant le Xe siècle, car elle n’est pas écrite.
  • La musique religieuse est essentiellement composée du chant grégorien : des voix d’hommes chantent a capella (sans instruments), à l’unisson et sans rythme (voir « Te Deum »). Les chants à la Vierge Marie sont aussi très appréciés, comme les cantigas de Santa Maria rédigées par Alphonse X de Castille.
  • La musique profane rassemble des œuvres très diverses : des danses (par exemple, le saltarello, venu d’Italie), des chants de croisades (comme « Bien me deusse targier ») ou encore des chansons courtoises, écrites par les troubadours et les trouvères, dont la fin’amor est le thème central. Ces derniers composent aussi des chansons de toile dans lesquelles une femme à son métier à tisser se lamente du départ de son amant. Enfin, les sirventès sont des chansons satiriques, qui dénoncent les vices de leur temps.

Les œuvres sont classées par ordre chronologique.

Variété des textes versifiés

Au Moyen Âge, la plupart des textes littéraires sont versifiés.

Les chansons de geste sont des épopées écrites en laisses, strophes composées de décasyllabes assonancés (qui ne riment pas, mais se terminent par la même voyelle). Présentant une histoire de France magnifiée, elles visent à former un sentiment d’appartenance nationale.

Les romans de chevalerie, comme ceux de Chrétien de Troyes, sont écrits en octosyllabes. Racontant les aventures des chevaliers de la Table Ronde, ils sont au croisement de plusieurs traditions : antique, celtique et épique.

La poésie, souvent liée à la fin’amor (voir ci-dessous), utilise différentes formes versifiées comme la ballade, le virelai ou encore le rondeau. Intimement liée à la musique, la poésie est tout d’abord chantée et possède souvent une forme de refrain.


La fin’amor ou l’idéal d’un amour pur

Dans un monde intellectuel et artistique dominé par le clergé, des laïcs (c’est-àdire le peuple, qui n’appartient pas au clergé) commencent à s’exprimer en langue romane pour proposer un nouveau modèle de vie : la fin’amor, qui signifie « amour pur » en occitan.

Les poèmes des troubadours et des trobairitz (les femmes troubadours) et les romans courtois représentent des hommes nobles, souvent des chevaliers, qui doivent passer des épreuves physiques et morales pour devenir dignes de l’amour de leur dame. Celle-ci doit être inaccessible ; souvent d’une condition sociale supérieure à la leur, elle est généralement mariée. C’est elle qui dicte ses désirs et apprend la patience à son jeune amant. Dans les romans courtois, l’initiation lente et douloureuse à l’amour peut parfois aboutir au mariage (voir p. 92).

Au début du XVe siècle, Christine de Pizan met en garde les femmes contre les mensonges des amants de la fin’amor, qui peuvent conduire la femme noble à tout perdre (voir p. 44 et 84).

Ressource complémentaire


Te Deum

Écrite vers la fin du IVesiècle, cette prière en latin est mise en musique au Moyen Âge. De nombreux manuscrits existent, comme celui‑ci, datant du début du XIIIe siècle. Il s’agit d’un chant grégorien.

Lanquan li jorn son lonc en mai, Jaufré Rudel, XIIe siècle

Jaufré Rudel est un prince troubadour du XIIe siècle : il prend par à la deuxième croisade, durant laquelle il tombe amoureux d’une princesse d’Orient. Cet amour demeure un « amour de loin » et le troubadour écrira toute sa vie des chansons courtoises, comme celle‑ci, dédiées à sa dame.

Bien me Deusse targier, Conon de Béthune (XIIe - XIIIe siècle)

Avant son départ pour la troisième croisade, Conon de Béthune compose ce chant de croisade pour encourager les seigneurs, mais aussi pour critiquer certains comportements en Terre Sainte lors des précédentes croisades. Le trouvère se plaint de devoir quitter sa dame mais il part joyeux de servir Dieu.

Au tans plain de felonie, Thibaut de Champagne, XIIIe siècle

Cette chanson est un sirventès, un genre poétique des XIIe et XIIIe siècles dans lequel les troubadours critiquaient les vices de leur temps. Ici, le comte de Champagne, appelé à partir en croisade, dénonce l’hypocrisie et la corruption des seigneurs qui l’entourent. Il se demande alors s’il ne vaut pas mieux demeurer en son pays… d’autant plus qu’il est amoureux.

Como Deus fez vynno d’agua (cantiga 23), Alphonse X (XIIIe siècle)

Le roi Alphonse X de Castille, qui a vécu au XIIIe siècle, était un passionné de culture. Il a écrit les cantigas de Santa Maria, chansons dans lesquelles il rend hommage à la Vierge Marie. Cette chanson raconte un miracle en Bretagne lors duquel la Vierge change de l’eau en vin.


Texte A
Dans son traité poétique, Eustache Deschamps distingue la musique artificielle, jouée avec des instruments, de la musique naturelle, la poésie.

L’autre musique est appelée naturelle, parce qu’elle ne peut pas être apprise, sauf si l’on s’y applique de son propre courage, et c’est une musique obtenue par la bouche, qui déclame des paroles versifiées, parfois en lais, parfois en ballades, d’autres fois en rondeaux [...]. Cette musique naturelle se produit par volonté amoureuse, à la louange des dames, et d’autres manières, selon les connaissances de ceux qui s’appliquent à cette musique.

Eustache Deschamps, L’Art de dictier, 1392, trad. du moyen français d’Éléonore de Beaumont, 2018.

L'art du livre : manuscrits et enluminures

Le Ve siècle voit la première grande innovation du livre avec l’invention du codex, livre formé de pages reliées et manuscrites (écrites à la main, comme le montre l’étymologie latine de manus, « la main »). Jusqu’au XIIe siècle, ce sont principalement les moines qui copient les manuscrits, à raison de quelques feuillets par jour.

Les images sont extrêmement importantes car elles soulignent ou complètent le message du texte, au sein d’une culture dans laquelle le symbole est capital. Les enluminures racontent parfois à elles seules une petite histoire : ci-contre (► Doc.1), elles représentent le personnage principal du Roman de la Rose qui s’endort, puis rêve qu’il se chausse et pénètre dans un jardin.

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Eras

    Évènements

    1. 1000 - 1526 :<span class="sc-cbkKFq inIFhn"><strong class="sc-krvtoX cHZYYE">◐ POÉSIE DU MOYEN ÂGE</strong></span> |
    2. 1000 - 1100 :<span class="sc-cbkKFq inIFhn">⊙ Chanson de Roland </span> |
    3. 1170 - :<span class="sc-cbkKFq inIFhn">⊙ Béroul, <i>Tristan et Iseut</i></span> |
    4. 1176 - 1181 :<span class="sc-cbkKFq inIFhn">⊙ Chrétien de Troyes, <i>Lancelot ou le Chevalier de la charrette</i></span> |
    5. 1160 - 1180 :<span class="sc-cbkKFq inIFhn">⊙ Marie de France,<i> Lais</i></span> |
    6. 1200 - :<span class="sc-cbkKFq inIFhn">⊙ Beatrice de Die, <i>A cantar m&#x27;er</i></span> |
    7. 1230 - 1280 :<span class="sc-cbkKFq inIFhn">⊙ Guillaume de Lorris, Jean de Meung, <i>Le Roman de la Rose</i></span> |
    8. 1410 - :<span class="sc-cbkKFq inIFhn">⊙ Christine de Pizan, <i>Cent ballades d&#x27;amant et de dame</i></span> |
    9. 1484 - 1538 : <span class="sc-cbkKFq inIFhn">□ <i>La Dame à la Licorne</i></span> |
    10. 1100 - : <span class="sc-cbkKFq inIFhn">□ Abbatiale Sainte-Foy de Conques</span> |
    11. 1163 - 1345 : <span class="sc-cbkKFq inIFhn">□ Cathédrale Notre-Dame de Paris</span> |
    Légende : Littéraire Artistique et architectural
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