Chargement de l'audio en cours
Cacher

Cacher la barre d'outils

Plus

Plus


Repères art et littérature / Théâtre


Le drame romantique




La bataille d'Hernani dans la presse

Consultez le dossier de Gallica sur la bataille d'Hernani.
Choisissez un article et présentez son point de vue. Est-il pour ou contre les romantiques ? Justifiez par des exemples précis.

Frise interactive

Eras

    Évènements

    1. 1820 - 1843 :<span class="sc-gojNiO eMwZLZ"><strong class="sc-daURTG gwAwyJ">◐ LE DRAME ROMANTIQUE EN FRANCE</strong></span> |
    2. 1770 - 1850 :<span class="sc-gojNiO bxeLtP"><strong class="sc-daURTG eUzAYj">◐ LE ROMANTISME EN EUROPE</strong></span> |
    3. 1823 - 1825 :<span class="sc-gojNiO eMwZLZ">⊙ Stendhal, <i>Racine et Shakespeare</i></span> |
    4. 1834 - :<span class="sc-gojNiO eMwZLZ">⊙ Alfred de Musset, <i>Lorenzaccio</i></span> |
    5. 1834 - :<span class="sc-gojNiO eMwZLZ">⊙ Alfred de Musset, <i>On ne badine pas avec l&#x27;amour</i></span> |
    6. 1835 - :<span class="sc-gojNiO eMwZLZ">⊙ Alfred de Vigny, <i>Chatterton</i></span> |
    7. 1830 - :<span class="sc-gojNiO eMwZLZ">⊙ Victor Hugo, <i>Hernani</i></span> |
    8. 1838 - :<span class="sc-gojNiO eMwZLZ">⊙ Victor Hugo, <i>Ruy Blas</i></span> |
    9. 1818 - : <span class="sc-gojNiO bxeLtP">□ Caspar David Friedrich, <i>Le Voyageur contemplant une mer de nuages</i></span> |
    10. 1830 - : <span class="sc-gojNiO eMwZLZ">□ Eugène Delacroix, <i>La Liberté guidant le peuple</i></span> |
    11. 1846 - : <span class="sc-gojNiO bxeLtP">□ Clara Schumann, <i>Trio pour piano, violon et violoncelle, op. 17</i></span> |
    12. 1827 - 1846 : <span class="sc-gojNiO eMwZLZ">□ Frédéric Chopin, <i>Nocturnes</i></span> |
    Légende : Littéraire Artistique

    Représenter le peuple dans l’Histoire

    Le mélange du tragique et du comique dans le drame permet de mêler les classes sociales au sein d’une même intrigue. Des personnages de valets, comme Ruy Blas, ou d’exilés, comme Hernani, acquièrent une véritable profondeur.

    Le théâtre romantique a une portée politique et philosophique. Ainsi, faisant écho à la révolution avortée de 1830 en France, le drame d’Alfred de Musset, Lorenzaccio, met en scène la tentative, vouée à l’échec, d’abolir un pouvoir tyrannique (► voir Chapitre 8).

    Les écrivains romantiques se sentent inadaptés à la société de leur époque. Leurs héros sont des marginaux, mis à l’écart de la société à cause de leur passé (Hernani est banni), de leur condition sociale (Ruy Blas est un valet) ou de leur génie (Chatterton est un poète incompris). Dans d’autres genres, les romantiques montrent leur attrait pour l’ailleurs (l’orientalisme), un passé plus ancien (le Moyen Âge), ou encore l’étrange (la littérature fantastique).

    Grâce à leurs héros, seuls contre tous, les dramaturges romantiques soulignent le rôle de l’individu dans l’évolution de l’histoire et de la société.

    Texte B
    [L]a poésie fera un grand pas, un pas décisif, un pas qui, pareil à la secousse d’un tremblement de terre, changera toute la face du monde intellectuel. Elle se mettra à faire comme la nature, à mêler dans ses créations, sans pourtant les confondre, l’ombre à la lumière, le grotesque au sublime, en d’autres termes, le corps à l’âme, la bête à l’esprit ; car le point de départ de la religion est toujours le point de départ de la poésie.

    Victor Hugo, préface de Cromwell, 1827.


    Franz Liszt, Les Préludes, poème symphonique n°3, S. 97 (1854)



    Extrait : Orchestre philharmonique de Berlin / Herbert von Karajan (direction)

    Liszt (1811-1886), compositeur et pianiste hongrois, est le créateur du poème symphonique, un genre musical destiné à un orchestre symphonique et centré sur un sujet littéraire, philosophique ou descriptif. Pour Les Préludes il s’inspire d’abord d’un texte des Nouvelles Méditations poétique de Lamartine, mais l’œuvre reflétera finalement sa propre vie. Différents épisodes se succèdent, chargés d’émotions : l’ouverture présente la destinée mortelle de l’homme, puis le thème évoque le bonheur en amour. Ensuite, les tourments de la vie entraînent un retour à la nature. La fin de l’œuvre symbolise le combat pour la liberté.

    Richard Wagner, Tristan et Isolde, WWV 90, Act II : « O sink hernieder, Nacht der Liebe » (1859)



    Extrait : Bayreuth Festival Orchestra / Birgit Nilsson (soprano)

    Wagner (1813-1883), compositeur, chef d’orchestre, directeur de théâtre, écrivain et critique musical allemand, transforme l’opéra en une œuvre d’art total où se mêlent poésie, théâtre, danse, arts plastiques et musique. Dans ses drames lyriques, l’instrument est traité à l’égal de la voix et l’orchestre n’est plus seulement un accompagnateur. En outre, de même que le drame romantique dépasse l’opposition classique entre comédie et tragédie, Wagner crée un nouveau système musical qui remet en question le système tonal : majeur / mineur.

    Piotr Ilitch Tchaïkovski, Ballet de Casse‑noisette, Op. 71, « Danses de Casse‑noisette » (1892)



    Extrait : Orchestre philharmonique de Vienne / Herbert von Karajan (direction)

    Tchaïkovski (1840-1893) quitte sa profession d’avocat pour devenir pianiste, compositeur et chef d’orchestre. Il compose en particulier des œuvres symphoniques et des opéras. La musique de Casse‑noisettes s’inspire d’une fable d’Hoffmann, dont elle reflète l’atmosphère de songes et d’aventures enfantins.

    Hector Berlioz, Épisodes de la vie d’artiste, « Symphonie fantastique », Op. 14 (1830)



    Extrait 1, II : Un bal  : Orchestre national de la radiodiffusion française et Royal Philharmonic orchestra / Sir Thomas Beecham (direction)
    Extrait 2, V : Songe d’une nuit de Sabbat : Orchestre national de la radiodiffusion française et Royal Philharmonic orchestra / Sir Thomas Beecham (direction)

    Compositeur, chef d’orchestre et critique musical, Berlioz (1803-1869) est le premier à avoir introduit dans une symphonie, le concept d’   idée fixe », un court thème qui réapparaît sous une forme différente dans chaque mouvement de la Symphonie Fantastique. L’orchestre aux dimensions monumentales devient un moyen d’expression sans précédent, traduisant tour à tour la rêverie, l’élégance, la beauté de la nature, ou encore l’angoisse des ténèbres, notamment avec les cris et les hurlements du cinquième mouvement.

    Frédéric Chopin, Étude n°12 en do mineur, Op. 10, « Révolutionnaire » (1835)



    Extrait : Idil Biret (piano)

    Écrite à la suite de la prise de Varsovie par les Russes en 1831, cette étude dite « révolutionnaire », combative et puissante, rend hommage à l’héroïsme des combattants polonais. On peut mettre cette œuvre en parallèle avec le « romantisme engagé » dont on parle en littérature.

    Frédéric Chopin, Polonaise « Héroïque », Op. 53 (1842)



    Extrait : Evgeny Kissin (piano)

    Ce morceau est l’un des plus difficiles du répertoire pour piano solo : l’interprète qui parvient à surmonter la multitude d’épreuves techniques est un « héros ». Avec sa forme ternaire (ABA), cette polonaise communique un sentiment de victoire, de libération.

    Voir les réponses

    1
    Texte A Pourquoi Victor Hugo est-il contre la règle de l’unité de lieu ?



    2
    Texte B Comparez les drames romantiques que vous connaissez à la théorie hugolienne. Qu’est-ce qui est grotesque ? sublime ?



    CARTE D'IDENTITÉ


     Origine  Le drame romantique remet en question les séparations entre comédie et tragédie ainsi que les règles théâtrales issues de l’Antiquité et du théâtre classique. Il s’inspire du modèle baroque de Shakespeare (XVIe siècle).

     Où ?  En Europe.

     Où ?  En France, le théâtre romantique apparaît avec les premières pièces de Victor Hugo (Cromwell, 1827 ; Hernani, 1830) et se termine par l’échec de ses Burgraves en 1843. Mais ce n’est qu’un aspect du mouvement romantique, qui s’étend sur une période plus longue.

    Ressources complémentaires

    Visionnez l'adaptation cinématographique de Cyrano de Bergerac par Jean-Paul Rappeneau (1990).

    Rupture avec les règles classiques

    L’art romantique est d’abord une révolte contre les règles classiques. Les romantiques se voient comme des modernes opposés à la tradition.

    Ils se rebellent contre la règle des trois unités (Texte A), en particulier les unités de temps et de lieu, mais aussi contre la règle de la bienséance : le théâtre romantique veut montrer sur scène duels (► voir p. 203), meurtres et suicides.

    Ils contestent la distinction entre les genres et prônent le mélange : selon Victor Hugo, le drame « fond sous un même souffle le grotesque et le sublime, le terrible et le bouffon, la tragédie et la comédie » (Préface de Cromwell, 1827).

    Ressource complémentaire



    La musique romantique


    Ludwig Van Beethoven assure la transition entre la musique classique et la musique romantique, qui domine l’Europe au XIXe siècle. À travers elle, l’expression des sentiments (passion, joie, tristesse, révolte) l’emporte sur la raison. Elle interagit avec les autres arts : la poésie, la danse, le théâtre et la peinture. Des musiciens comme Franz Schubert ou Félix Mendelssohn ont ainsi composé leur musique sur des poèmes de grands écrivains romantiques comme Goethe, Heine ou Byron. On retrouve alors des thèmes chers aux écrivains romantiques : la nuit, la nature, la spiritualité, l’Histoire ou encore les traditions populaires.


    Les œuvres sont classées par ordre chronologique.

    Ce qu'il faut retenir

    Repères de théâtre

    Théodore
Chassériau,
Othello et
Desdémone à
Venise, 1849, huile
sur panneau de
bois, 25 × 20 cm,
musée du Louvre,
Paris.

    Doc. 1
    Théodore Chassériau, Othello et Desdémone à Venise, 1849, huile sur panneau de bois, 25 × 20 cm, musée du Louvre, Paris.

    Ludwig van Beethoven, Concerto pour piano n°4 en Sol Majeur, Op. 58, II : Andante con moto (1806)



    Extrait : Orchestre national de la RTF / Vladimir Golschman (direction)

    Compositeur et pianiste allemand, Beethoven (1770-1827), alors qu’il devient progressivement sourd vers l’âge de trente ans, se consacre essentiellement à la composition, envisagée dès lors comme une mission. Cette pièce est l’une de ses œuvres les plus dramatiques : le compositeur l’aurait écrite en pensant à un tableau représentant Orphée implorant les forces des ténèbres. Le chant suppliant du piano semble ainsi dialoguer avec la ligne mélodique impitoyable des instruments à cordes à l’unisson.

    Ludwig van Beethoven, Symphonie pastorale n°6 en Fa Majeur, Op. 68, I. « Éveil d’impressions joyeuses en arrivant à la campagne » (1808)



    Extrait : Orchestre des Cento Soli / Fritz Lehmann (direction)

    Dans la Symphonie pastorale, la musique reflète les sensations qui naissent chez un homme sensible au contact avec la nature.

    Franz Schubert, Gretchen am Spinnrade, Op. 2, D 118 (1814)



    Extrait : Kiri Te Kanawa (soprano) / Richard Amner (piano)

    Schubert (1757-1828), compositeur autrichien, est le créateur du lied (chanson) romantique. Il compose celui‑ci à l’âge de dix‑sept ans, à partir d’un poème de Goethe : « Gretchen am Spinnrade » (« Marguerite au rouet ») est la plainte douloureuse d’une jeune femme abandonnée par son amant. La musique évoque le bruit du rouet, qui devient de plus en plus lancinant. Ce lied rappelle les chansons de toile médiévales : le Moyen Âge fut en effet pour les romantiques une source d’inspiration majeure.

    Frédéric Chopin, Nocturne n°2 en Mi bémol Majeur, Op. 9 (1827)



    Extrait : Stéphane de May (piano)

    Chopin (1810-1848), pianiste et compositeur polonais, surnommé le « Mozart du romantisme », est la plus pure incarnation du romantisme en musique. Arrivé à Paris en 1831, il fréquente les artistes romantiques français et notamment l’écrivaine George Sand, avec laquelle il aura une liaison. La mélodie très simple de cette nocturne véhicule un profond sentiment de mélancolie. La nuit est par ailleurs un thème d’inspiration favori des poètes romantiques.

    Hector Berlioz, Épisodes de la vie d’artiste, « Symphonie fantastique », Op. 14 (1830)



    Extrait 1, II : Un bal  : Orchestre national de la radiodiffusion française et Royal Philharmonic orchestra / Sir Thomas Beecham (direction)
    Extrait 2, V : Songe d’une nuit de Sabbat : Orchestre national de la radiodiffusion française et Royal Philharmonic orchestra / Sir Thomas Beecham (direction)

    Compositeur, chef d’orchestre et critique musical, Berlioz (1803-1869) est le premier à avoir introduit dans une symphonie, le concept d’   idée fixe », un court thème qui réapparaît sous une forme différente dans chaque mouvement de la Symphonie Fantastique. L’orchestre aux dimensions monumentales devient un moyen d’expression sans précédent, traduisant tour à tour la rêverie, l’élégance, la beauté de la nature, ou encore l’angoisse des ténèbres, notamment avec les cris et les hurlements du cinquième mouvement.

    Frédéric Chopin, Étude n°12 en do mineur, Op. 10, « Révolutionnaire » (1835)



    Extrait : Idil Biret (piano)

    Écrite à la suite de la prise de Varsovie par les Russes en 1831, cette étude dite « révolutionnaire », combative et puissante, rend hommage à l’héroïsme des combattants polonais. On peut mettre cette œuvre en parallèle avec le « romantisme engagé » dont on parle en littérature.

    Frédéric Chopin, Polonaise « Héroïque », Op. 53 (1842)



    Extrait : Evgeny Kissin (piano)

    Ce morceau est l’un des plus difficiles du répertoire pour piano solo : l’interprète qui parvient à surmonter la multitude d’épreuves techniques est un « héros ». Avec sa forme ternaire (ABA), cette polonaise communique un sentiment de victoire, de libération.

    Charles Gounod, Ave Maria, CG 89a, « Méditation sur le premier prélude de Jean-Sébastien Bach » (1852)



    Extrait : English Chamber Orchestra / Nigel Kennedy (violon solo)

    Cette œuvre est née de l’improvisation au piano de Charles Gounod (1818-1893), compositeur français, sur le premier prélude du Clavier bien tempéré de Bach.
    [Extrait&bsp;: du Clavier bien tempéré de Jean-Sébastien Bach, prélude et fugue n°1 en Do Majeur, BWV 846 : I. Prélude : Blandine Verlet (clavecin)]
    Amoureux, Gounod décide ensuite d’ajouter à cette improvisation une mélodie chantée, en reprenant des vers de Lamartine, pour déclarer son amour. Mais la belle-mère de son amante, alarmée de l’affection de Gounod, lui proposa de changer les paroles pour un texte plus religieux : c’est ainsi que le morceau est devenu un « Ave maria ».

    La bataille d’Hernani (1830)

    Le 25 février 1830 a lieu la première représentation d’Hernani, drame romantique de Victor Hugo particulièrement novateur car il ne respecte pas la règle des trois unités et malmène dès les premières répliques la correspondance entre la syntaxe et le vers (nombreux rejets, enjambements...).

    La pièce déclenche une bataille au sein même du public : les romantiques, comme Théophile Gautier, Hector Berlioz ou Gérard de Nerval, se battent contre les classiques, qui huent la pièce dès les premiers vers. Cet événement devient le symbole de la naissance du drame romantique (► voir p. 436).



    Représenter le peuple dans l’Histoire

    Le drame romantique cherche à représenter l’individu dans sa totalité, en cernant tout à la fois ses doutes, ses failles, ses ambitions, ses talents. Victor Hugo lie cela à la dualité intérieure de la femme et de l’homme dans le christianisme, à la fois mortels sur Terre et promis à une vie immortelle au Paradis, à la fois mauvais et bons. Cette dualité qui existe chez l’être humain, est également présente dans la nature, et c’est ce que le théâtre doit représenter (► Texte B).

    Cette dualité justifie le mélange des registres dans le drame, la présence mêlée du grotesque (source de l’horrible, mais aussi du bouffon) et du sublime (excès de beauté, pureté).

    Texte A
    Ce qu’il y a d’étrange, c’est que les routiniers prétendent appuyer leur règle des deux unités1 sur la vraisemblance, tandis que c’est précisément le réel qui la tue. Quoi de plus invraisemblable et de plus absurde en effet que ce vestibule, ce péristyle, cette antichambre, lieu banal où nos tragédies ont la complaisance de venir se dérouler, où arrivent, on ne sait comment, les conspirateurs pour déclamer contre le tyran, le tyran pour déclamer contre les conspirateurs, chacun à leur tour. [...] Toute action a sa durée propre comme son lieu particulier. Verser la même dose de temps à tous les événements ! appliquer la même mesure sur tout ! On rirait d’un cordonnier qui voudrait mettre le même soulier à tous les pieds.

    Victor Hugo, Préface de Cromwell, 1827.

    1. Hugo parle ici des unités de lieu et de temps.
    Connectez-vous pour ajouter des favoris

    Pour pouvoir ajouter ou retrouver des favoris, nous devons les lier à votre compte.Et c’est gratuit !

    Livre du professeur

    Pour pouvoir consulter le livre du professeur, vous devez être connecté avec un compte professeur et avoir validé votre adresse email académique.

    Votre avis nous intéresse !
    Recommanderiez-vous notre site web à un(e) collègue ?

    Peu probable
    Très probable

    Cliquez sur le score que vous voulez donner.

    Dites-nous qui vous êtes !

    Pour assurer la meilleure qualité de service, nous avons besoin de vous connaître !
    Cliquez sur l'un des choix ci-dessus qui vous correspond le mieux.

    Nous envoyer un message




    Nous contacter?