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Repères art et littérature / Théâtre


Le théâtre du XVIIIe siècle





CARTE D'IDENTITÉ


 Origine  Le XVIIIe siècle voit l’apparition de nouveaux types de pièces, inscrites dans le contexte historique et social contemporain, qui représentent les rapports de force entre les individus.

 Où ?  En France.

 Quand ?  Pendant le siècle des Lumières, qui remet l’individu, la raison et la vertu au coeur des interrogations philosophiques.

Le théâtre : une passion populaire au XVIIIe siècle

Deux salles officielles, l’Opéra et la Comédie-Française, accueillent les pièces de grands dramaturges comme Voltaire.

Mais le théâtre vit surtout dans les foires. Les salles officielles craignent sa concurrence et, en 1719, la censure interdit les pièces dialoguées dans les foires. Les forains rusent alors pour continuer à faire vivre ce théâtre populaire : pantomimes, monologues, dialogues écrits sur des pancartes, marionnettes, etc.


Anonyme, Théâtre à la foire Saint-Laurent,
1786, aquarelle, musée Carnavalet, Paris.

Doc. 1
Anonyme, Théâtre à la foire Saint‑Laurent, 1786, aquarelle, musée Carnavalet, Paris.


Décrire les rapports de force de la société

Voltaire est un grand écrivain de tragédies au XVIIIe siècle. Ses pièces, comme Zaïre, obtiennent un grand succès et, à l’époque, il est plus connu comme dramaturge que comme philosophe.

Un nouveau théâtre apparaît, caractérisé par un goût du réalisme et de la politique. Avec leurs comédies, souvent satiriques, ou leurs drames, Pierre de Marivaux, Pierre-Augustin de Beaumarchais ou Olympe de Gouges représentent les rapports de force de la société : maîtres et valets, religieux et laïcs, hommes et femmes ( voir Chapitre 7 ).

La comédie psychologique de Marivaux utilise un langage subtil et raffiné pour parler d’amour : c’est le marivaudage.

Dans le drame bourgeois, Diderot représente la bourgeoisie et les liens familiaux de façon réaliste, dans des pièces où la vertu triomphe ; son théâtre est moraliste.

Jean-Baptiste Greuze, Le fils ingrat, 1777,
huile sur toile, 130 × 162 cm, musée du Louvre, Paris


Écoutez une émission de France Culture sur ce tableau.

Doc. 2
Jean-Baptiste Greuze, Le fils ingrat, 1777, huile sur toile, 130 × 162 cm, musée du Louvre, Paris.


Le théâtre : objet de débats d’idées

À la suite de la publication de l’article « Genève » dans l’Encyclopédie, un débat s’engage entre D’Alembert, son auteur, et Rousseau au sujet de la capacité du théâtre à proposer un enseignement moral. Rousseau condamne l’immoralité du théâtre qui encourage, selon lui, les comédiens au mensonge plutôt qu’à la vertu, et les spectateurs à des distractions futiles et dangereuses. D’Alembert réplique en défendant, au contraire, la moralité du théâtre (Texte A).

Les modalités de représentation évoluent vers plus de réalisme : les costumes doivent correspondre à l’époque et au statut social des personnages, et le décor doit être plus réaliste. Dans le Paradoxe sur le comédien (1773-1777), Diderot réfléchit particulièrement au jeu des acteurs : selon lui, le comédien joue de façon plus naturelle s’il joue sans ressentir.

Texte A
Il semble donc que les spectacles, à ne les considérer encore que du côté de l’amusement, peuvent être accordés aux hommes, du moins comme un jouet qu’on donne à des enfants qui souffrent. Mais ce n’est pas seulement un jouet qu’on a prétendu leur donner, ce sont des leçons utiles déguisées sous l’apparence du plaisir. Non seulement on a voulu distraire de leurs peines ces enfants adultes ; on a voulu que ce théâtre, où ils ne vont en apparence que pour rire ou pour pleurer, devînt pour eux, presque sans qu’ils s’en aperçussent, une école de mœurs et de vertu.

Jean Le Rond d’Alembert, Lettre de d’Alembert à M. J.-J. Rousseau sur l’article « Genève », 1759.



Représenter l’individu au naturel : l’art du portrait

Tout comme le théâtre, l’art du portrait se nourrit de la valeur nouvelle donnée à l’individu par la philosophie des Lumières : il cherche l’authenticité, le naturel.

Ce portrait de Marie‑Antoinette fit scandale : Élisabeth Vigée Le Brun la représente dans une robe que les femmes nobles du XVIIIe siècle ne portaient qu’à l’intérieur, sans bijoux, avec un chapeau de paille.

Découvrez une vidéo de France TV sur Élisabeth Vigée Le Brun.

Élisabeth Vigée-Le Brun, Marie-Antoinette, 1783, huile sur toile, 92 × 73 cm, National Gallery of Art, Washington.

Doc. 3
Élisabeth Vigée-Le Brun, Marie‑Antoinette, 1783, huile sur toile, 92 × 73 cm, National Gallery of Art, Washington.

Voir les réponses

1
Texte A
a. Quelle est la conception du théâtre de d’Alembert ?

b. Comparez-la avec ce que dit Molière dans le texte A p. 118.



2
Texte A et Doc. 2 En quoi peut-on rapprocher les propos de d'Alembert du tableau de Greuze ?

Querelle sur le théâtre

Lisez la Lettre sur les spectacles (1758) de Rousseau à d’Alembert, puis la réponse complète de celui-ci, et listez les arguments de l’un et de l’autre. Selon vous, le théâtre (ou le cinéma) peut-il être dangereux pour la société ?

Ressources complémentaires

• Écoutez un reportage sur Catherine Bernard, première femme dramaturge jouée à la Comédie-Française, et qui a été effacée de l'histoire littéraire ;
• Visionnez le film Royal Affair de Nikolaj Arcel (2012).

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Eras

    Évènements

    1. 1700 - 1799 :<span class="sc-jzgbtB cswIXQ"><strong class="sc-gJWqzi jSXDtt">◐ THÉÂTRE DU XVIII<sup class="sc-bMvGRv ikIAEs">e</sup> SIÈCLE</strong></span> |
    2. 1725 - :<span class="sc-jzgbtB cswIXQ">⊙ Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux, <i>L&#x27;île des esclaves</i></span> |
    3. 1730 - :<span class="sc-jzgbtB cswIXQ">⊙ Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux, <i>Le Jeu de l&#x27;amour et du hasard</i></span> |
    4. 1732 - :<span class="sc-jzgbtB cswIXQ">⊙ Voltaire, <i>Zaïre</i></span> |
    5. 1757 - :<span class="sc-jzgbtB cswIXQ">⊙ Denis Diderot, <i>Le Fils naturel, ou Les épreuves de la vertu </i></span> |
    6. 1773 - 1777 :<span class="sc-jzgbtB cswIXQ">⊙ Denis Diderot, <i>Paradoxe sur le comédien </i></span> |
    7. 1775 - :<span class="sc-jzgbtB cswIXQ">⊙ Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, <i>Le Barbier de Séville</i></span> |
    8. 1784 - :<span class="sc-jzgbtB cswIXQ">⊙ Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, <i>Le Mariage de Figaro</i></span> |
    9. 1790 - : <span class="sc-jzgbtB cswIXQ">⊙ Olympe de Gouges, <i>Le Couvent, ou les vœux forcés</i></span> |
    10. 1784 - :<span class="sc-jzgbtB cswIXQ">⊙ Olympe de Gouges, <i>Zamore et Mirza ou l&#x27;Esclavage des Noirs</i></span> |
    11. 1777 - :<span class="sc-jzgbtB cswIXQ"> □ Jean-Baptiste Greuze, <i>La Malédiction paternelle</i></span> |
    12. 1786 - : <span class="sc-jzgbtB cswIXQ">□ Élisabeth Vigée Le Brun, <i>Madame Vigée Le Brun et sa fille</i></span> |
    Légende : Littéraire Artistique

    Ce qu'il faut retenir

    Repères de Théâtre - Le théâtre du XVIIIe siècle
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