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La fuite face aux Lestrygons

DYS

La fuite face aux Lestrygons

Ulysse et ses compagnons ont échappé aux Cyclopes mais la colère de Poséidon pèse maintenant sur eux. Ils sont contraints d’errer, ballotés par les vents contraires qu’ils ont libérés, sans le vouloir, du sac que leur avait confié le dieu Éole.
1
D
urant six jours, six nuits, nous voguons sans relâche. Nous touchons, le septième, au pays Lestrygon [...].
  Nous entrons dans ce port bien connu des marins : une double falaise, à pic et sans coupure, se dresse tout autour, et deux caps allongés, qui se font vis-à-vis au-devant de l’entrée, en étranglent la bouche. Ma flotte s’y engage et s’en va jusqu’au fond, gaillards1 contre gaillards, s’amarrer côte à côte : pas de houle en ce creux, pas de flot, pas de ride ; partout un calme blanc. Seul je reste au-dehors, avec mon noir vaisseau ; sous le cap de l’entrée, je mets l’amarre en roche : me voici sur le roc de la guette, au sommet ; de troupeaux ou d’humains, on ne voyait pas la trace ; il ne montait du sol, au loin, qu’une fumée.
  J’envoie pour reconnaître à quels mangeurs de pain appartient cette terre ; les deux hommes choisis, auxquels j’avais adjoint un troisième en héraut2, s’en vont prendre sur la grève3 une piste battue, sur laquelle les chars descendent vers la ville le bois du haut des monts. En s’approchant du bourg, ils voient une géante qui s’en venait puiser à la Source de l’Ours, à la claire fontaine où la ville s’abreuve : d’Antiphatès4 le Lestrygon c’était la fille. On s’aborde ; on se parle : ils demandent le nom du roi, de ses sujets ; elle, tout aussitôt, leur montre les hauts toits du logis paternel.
  Mais à peine entrent-ils au manoir désigné qu’ils y trouvent la femme, aussi haute qu’un mont, dont la vue les atterre. Elle, de l’agora5, s’empresse d’appeler son glorieux époux, le roi Antiphatès, qui n’a qu’une pensée : les tuer sans merci. Il broie l’un de mes gens, dont il fait son dîner. Les deux autres s’enfuient et rentrent aux navires. Mais à travers la ville, il fait donner l’alarme. À l’appel, de partout, accourent par milliers ses Lestrygons robustes, moins hommes que géants, qui du haut des falaises nous accablent de blocs de roche à charge d’homme : équipages mourants et vaisseaux fracassés, un tumulte de mort monte de notre flotte. Puis, ayant harponné mes gens comme des thons, la troupe les emporte à l’horrible festin.
  Mais pendant qu’on se tue dans le fond de la rade, j’ai pris le glaive à pointe, qui me battait la cuisse, et j’ai tranché tout net le cable du navire à la proue azurée. J’active alors mes gens. J’ordonne à mes rameurs de saisir les rames, pour qu’il nous fût donné d’échapper au malheur. Ils voient sur eux la mort : ils poussent, tous ensemble, et font voler l’écume... Ô joie, voici le large ! Mon navire a doublé les deux caps en surplomb ; mais là-bas a péri le reste de la flotte6.
Les textes principaux
  • vers 80 à 132
    . La fuite face aux Lestrygons
    HOMÈRE
Les images
  • . L’attaque des Lestrygons
    1 question associée
  • 1810
    . Odyssée
    John Flaxman
    1 question associée
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