Chargement de l'audio en cours
Plus

Plus

Victimes de la magie de Circé
P.102-103

Mode édition
Ajouter

Ajouter

Terminer

Terminer

Texte et image

Victimes de la magie de Circé




HOMÈRE

HOMÈRE

 (VIIIe s. av. J.‑C.)


HOMÈRE (VIIIe s. av. J.‑C.) serait un aède (poète chanteur), pauvre et aveugle, qui aurait vécu au VIIIe s. av. J.‑C. Il serait surtout l’auteur de l’Iliade et l’Odyssée, deux immenses poèmes qui racontent les aventures et les exploits de héros antiques.

HOMÈRE, Odyssée

Après avoir échappé aux Lestrygons, Ulysse arrive sur l’ile de la magicienne Circé.

  Nous arrivons sur l’île d’Aiaiè, c’est là qu’habite Circé aux beaux cheveux, terrible déesse à la voix humaine, sœur d’Aiétès1 aux cruelles pensées. Et tous deux sont nés d’Hélios qui éclaire les hommes, et leur mère est Persée, la nymphe océanide. […]
  Mes compagnons trouvent, dans une vallée, en un lieu découvert, les demeures de Circé, construites en pierres polies. [...] Ils entendent Circé chantant d’une belle voix dans sa demeure et tissant une grande toile divine, telle que sont les ouvrages légers, gracieux et brillants des déesses. Alors Polytès, chef des hommes, le plus cher de mes compagnons, et que j’honore le plus, parle le premier :
  « Ô amis, quelqu’un, tissant une grande toile, chante d’une belle voix dans cette demeure, et tout le mur en résonne. Est-ce une déesse ou une mortelle ? Allons ! Crions sans plus tarder. »  
  Il les persuade ainsi et ils appellent en criant. Circé sort aussitôt, puis, ouvrant les belles portes, les invite. Tous la suivent imprudemment. Euryloque reste seul dehors, ayant soupçonné une embûche. Circé, ayant fait entrer mes compagnons, les fait asseoir sur des sièges et sur des trônes. Elle mêle, avec du vin de Pramnios, du fromage, de la farine et du miel doux ; mais elle ajoute au mélange une drogue funeste afin de leur faire oublier tout souvenir de la patrie. Elle leur apporte la coupe et ils boivent d’un seul trait. Aussitôt, elle les frappe d’une baguette et les enferme dans les étables à porcs. Ils avaient la tête, la voix, le corps et les soies2 du porc, mais leur esprit était le même qu’auparavant. Ils pleurent, ainsi enfermés ; Circé leur donne du gland de chêne et du fruit de cornouiller à manger, pâture ordinaire des porcs qui couchent sur le sol.


HOMÈRE, Odyssée, chant X, vers 133 à 243, traduction de Victor Bérard, 1931, adaptée par Marie Blieck.


1. Aiétès est le roi qui garde la Toison d’or..
2. Poils.

OVIDE, Métamorphoses

Dans l’œuvre d’Ovide, la scène est racontée du point de vue d’un des marins grecs, Macarée.

  Nous acceptons les coupes que nous tend [l]a main sacrée [de Circé]. Assoiffés, la gorge sèche, nous les avons vidées d’un trait et de sa baguette, la cruelle déesse a touché le sommet de nos cheveux. Je commençai alors (j’ai encore honte d’en parler) à me hérisser de poils, je ne pouvais  ; un rauque grognement tenait lieu de paroles et j’avais la face complètement couchée vers le sol.
  J’ai senti ma bouche durcir et se transformer en un groin retroussé, les muscles de mon cou se sont gonflés et avec cette partie de mon corps qui venait de tenir la coupe, j’ai imprimé des pas sur le sol, et avec mes compagnons d’infortune – ces drogues ont un tel pouvoir ! – je suis enfermé dans une porcherie. Nous avons vu que seul Euryloque avait évité cette apparence porcine ; seul il avait refusé la coupe. S’il n’y avait pas échappé, maintenant encore je ferais partie du troupeau porteur de soies, Ulysse n’aurait pas été informé de ce grand malheur et il ne serait pas venu chez Circé en vengeur.
  [Ulysse séduit Circé et lui demande de lui rendre ses compagnons.] Elle nous asperge des sucs très efficaces d’une herbe inconnue, nous frappe la tête d’un coup de sa baguette qu’elle a retournée, et prononce des formules contraires aux formules qu’elle avait utilisées. Au fil de ses incantations, nous nous relevons du sol et nous dressons, nos soies tombent, la fente qui séparait en deux nos pieds disparaît, nous retrouvons nos épaules, et sous nos coudes, nos avant-bras. En pleurs, nous embrassons notre chef qui pleure lui aussi, nous nous pendons à son cou, et nos premières paroles furent pour lui témoigner notre reconnaissance.


OVIDE, Métamorphoses, 14, vers 276 à 307, traduction d’Anne-Marie Boxus et Jacques Poucet, 2009.

Circé

100% Numérique

Retrouvez : 
Voir les réponses

Questions

COMPÉTENCE - Je découvre les liens entre structure, sens et orthographe des mots.


L’ile de Circé

1
Qui est Circé ? Donnez des précisions sur sa famille et ses pouvoirs.



2
Comment les Grecs se retrouvent-ils chez elle ? Distinguez différentes étapes.



3
Au début du dernier paragraphe, relevez le mot qui qualifie l’attitude des compagnons d’Ulysse.



Le triste sort des Grecs

4
Quel personnage reste à l’extérieur de la maison ? Pourquoi ?



5
a) Selon vous, pourquoi les Grecs ne se méfient-ils pas de Circé ? b) Comment trompe-t-elle les compagnons d’Ulysse ?



6
a) En quoi Circé transforme-t-elle les Grecs ? b) Comment vivent-ils cette métamorphose ?



7
Cherchez le sens étymologique du mot monstre. En quoi cet épisode transforme-t-il en quelque sorte les Grecs en monstres ?



Dans les Métamorphoses

8
Quels détails de cet épisode  ?



9
Quels éléments supplémentaires ce texte apporte-t-il sur la métamorphose des compagnons d’Ulysse ?

Voir les réponses
Voir les réponses

L'image

1
Quels éléments du tableau montrent le pouvoir séducteur de Circé ?



2
Quels éléments peuvent être inquiétants ?



3
Cette représentation de Circé correspond-elle à une vision traditionnelle d’une magicienne (ou d’une sorcière) ? Expliquez.

Voir les réponses
Utilisation des cookies
En poursuivant votre navigation sans modifier vos paramètres, vous acceptez l'utilisation des cookies permettant le bon fonctionnement du service.
Pour plus d’informations, cliquez ici.