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Sganarelle, médecin malgré lui

DYS

Sganarelle, médecin malgré lui

Géronte, le maitre de Valère, présente sa fille Lucinde à Sagnarelle, pour que celui-ci l’examine. Pris au piège par sa femme, Sganarelle doit examiner la jeune fille, qui ne peut dire que « Han, hi, hon, han ».
1
L
UCINDE. – Han, hi, hon.
  SGANARELLE, la contrefaisant1. – Han, hi, hon, han, ha : je ne vous entends point2. Quel diable de langage est-ce là ?
  GÉRONTE. – Monsieur, c’est là sa maladie : elle est devenue muette, sans que jusques ici on en ait pu savoir la cause, et c’est un accident qui a fait reculer son mariage.
  SGANARELLE. – Et pourquoi ?
  GÉRONTE. – Celui qu’elle doit épouser veut attendre sa guérison pour conclure les choses.
  SGANARELLE. – Et qui est ce sot-là, qui ne veut pas que sa femme soit muette ? Plût à Dieu que la mienne eût cette maladie ! Je me garderais bien de la vouloir guérir.
  GÉRONTE. – Enfin, Monsieur, nous vous prions d’employer tous vos soins pour la soulager de son mal. […]
  SGANARELLE, se tournant vers la malade. – Donnez-moi votre bras. Voilà un pouls qui marque que votre fille est muette.
  GÉRONTE. – Eh oui, Monsieur, c’est là son mal ; vous l’avez trouvé tout du premier coup.
  SGANARELLE. – Ah, ah !
  JACQUELINE. – Voyez comme il a deviné sa maladie !
  SGANARELLE. – Nous autres grands médecins, nous connaissons d’abord les choses. Un ignorant aurait été embarrassé, et vous eût été dire : « C’est ceci, c’est cela » ; mais moi, je touche au but du premier coup, et je vous apprends que votre fille est muette.
  GÉRONTE. – Oui ; mais je voudrais bien que vous me pussiez dire d’où cela vient.
  SGANARELLE. – Il n’est rien plus aisé. Cela vient de ce qu’elle a perdu la parole.
  GÉRONTE. – Fort bien ; mais la cause, s’il vous plaît, qui fait qu’elle a perdu la parole ?
  SGANARELLE. – Tous nos meilleurs auteurs vous diront que c’est l’empêchement de l’action de sa langue.
  GÉRONTE. – Mais encore, vos sentiments sur cet empêchement de l’action de sa langue ?

 [Sganarelle se lance dans un long discours, et accumule mots savants et mots latins. Mais les phrases qu’il prononce n’ont absolument aucun sens. En voici la fin.]

  SGANARELLE. – […] Et parce que lesdites vapeurs ont une certaine malignité […] qui est causée par l’âcreté des humeurs engendrées dans la concavité du diaphragme, il arrive que ces vapeurs… Ossabandus, nequeys, nequer, potarinum, quipsa milus. Voilà justement ce qui fait que votre fille est muette.
  JACQUELINE. – Ah ! que ça est bian dit, notte homme !
  LUCAS. – Que n’ai-je la langue aussi bian pendue !
  GÉRONTE. – On ne peut pas mieux raisonner, sans doute. Il n’y a qu’une seule chose qui m’a choqué : c’est l’endroit du foie et du coeur. Il me semble que vous les placez autrement qu’ils ne sont ; que le coeur est du côté gauche, et le foie du côté droit.
  SGANARELLE. – Oui, cela était autrefois ainsi ; mais nous avons changé tout cela, et nous faisons maintenant la médecine d’une méthode toute nouvelle.
Les textes principaux
  • 1666
    . Sganarelle, médecin malgré lui
    MOLIÈRE
Les images
  • . Le Médecin malgré lui
    Molière
Les différents types de comique
On distingue le comique de gestes (coups de bâton, chutes, mimiques, etc.), de mots (jeux de mots, grossièretés, patois, etc.), de situation (personnage qui ignore une chose que le public sait, etc.), de caractère (personnage stupide, jaloux, etc.) et de répétition (situation ou phrase répétée plusieurs fois).
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