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Les caprices de la mode

DYS

Les caprices de la mode

Les Lettres persanes, œuvre publiée anonymement à Amsterdam pour éviter la censure, est une fiction qui se présente comme la traduction de la correspondance de deux Persans, Usbek et Rica, qui voyagent en Europe. Leur étonnement devant les coutumes et les mœurs occidentales constitue une critique implicite de la société européenne.
1
L
ETTRE XCIC

RICA À RHÉDI
À Venise.

  Je trouve les caprices de la mode, chez les Français, étonnants. Ils ont oublié comment ils étaient habillés cet été ; ils ignorent encore plus comment ils le seront cet hiver : mais surtout on ne saurait croire combien il en coûte à un mari, pour mettre sa femme à la mode.
  Que me servirait de te faire une description exacte de leur habillement et de leurs parures ? Une mode nouvelle viendrait détruire tout mon ouvrage, comme celui de leurs ouvriers ; et, avant que tu eusses reçu ma lettre, tout serait changé.
  Une femme qui quitte Paris pour aller passer six mois à la campagne en revient aussi antique que si elle s’y était oubliée trente ans. Le fils méconnaît le portrait de sa mère, tant l’habit avec lequel elle est peinte lui paraît étranger ; il s’imagine que c’est quelque Américaine qui y est représentée, ou que le peintre a voulu exprimer quelqu’une de ses fantaisies.
  Quelquefois les coiffures montent insensiblement ; et une révolution les fait descendre tout à coup. Il a été un temps que leur hauteur immense mettait le visage d’une femme au milieu d’elle-même : dans un autre, c’était les pieds qui occupaient cette place ; les talons faisaient un piédestal, qui les tenait en l’air. Qui pourrait le croire ? Les architectes ont été souvent obligés de hausser, de baisser et d’élargir leurs portes, selon que les parures des femmes exigeaient d’eux ce changement ; et les règles de leur art ont été asservies1 à ces fantaisies. On voit quelquefois sur un visage une quantité prodigieuse de mouches2, et elles disparaissent toutes le lendemain. Autrefois les femmes avaient de la taille, et des dents ; aujourd’hui il n’en est pas question. Dans cette changeante nation, quoi qu’en dise le critique, les filles se trouvent autrement faites que leurs mères.
  Il en est des manières et de la façon de vivre comme des modes : les Français changent de mœurs selon l’âge de leur roi. Le monarque pourrait même parvenir à rendre la nation grave, s’il l’avait entrepris. Le prince imprime le caractère de son esprit à la cour, la cour à la ville, la ville aux provinces. L’âme du souverain est un moule qui donne la forme à toutes les autres.

De Paris, le 8 de la lune de Saphar3, 1717.
Les textes principaux
  • 1721
    . Les caprices de la mode
    MONTESQUIEU
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  • 1688
    . De la mode
    JEAN DE LA BRUYÈRE
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Les images
  • XVIIIᵉ siècle
    . Coiffure à l’échelle
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L’ironie
Très utilisée par les auteurs des Lumières, l’ironie consiste à dire le contraire de ce que l’on pense, dans le but de se moquer. Elle est donc généralement au service de la satire. Mais l’ironie ne fonctionne que si le destinataire comprend qu’il ne faut pas prendre ce qui est dit au premier degré.
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Retrouvez quelques chansons pour prolonger la réflexion sur la mode et l’apparence :
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De la mode

JEAN DE LA BRUYÈRE, Les Caractères, « De la mode », fragments 13 et 14, 1688.

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De la mode

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N
… est riche, elle mange bien, elle dort bien ; mais les coiffures changent, et lorsqu’elle y pense le moins, et qu’elle se croit heureuse, la sienne est hors de mode.

  Iphis voit à l’église un soulier d’une nouvelle mode ; il regarde le sien et en rougit ; il ne se croit plus habillé. Il était venu à la messe pour s’y montrer, et il se cache ; le voilà retenu par le pied dans sa chambre tout le reste du jour.
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