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Texte et image

Force du destin

DYS

Sophocle

Dans le théâtre antique, le chœur a pour rôle de commenter la pièce pour les spectateurs et de délivrer le sens de la tragédie.
1
L
E CHŒUR. – Quand les dieux ont une fois ébranlé une maison, il n’est point de désastre qui n’y vienne frapper les générations tour à tour.
  On croirait voir la houle1 du grand large, quand, poussée par les vents de Thrace2, et par leurs brutales bourrasques, elle court au-dessus de l’abîme marin et va roulant le sable noir qu’elle arrache à ses profondeurs, cependant que, sous les rafales, les caps heurtés de front gémissent bruyamment.
  Ils remontent de loin, les maux que je vois, sous le toit des Labdacides3, toujours, après les morts, s’abattre sur les vivants, sans qu’aucune génération jamais libère la suivante : pour les abattre, un dieu est là qui ne leur laisse aucun répit. L’espoir attaché à la seule souche demeurée vivace illuminait tout le palais d’Œdipe, et voici cet espoir fauché à son tour !
Les textes principaux
  • . Sophocle
    SOPHOCLE
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    JEAN ANOUILH
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Les images
  • . Antigone
    Jean Anouilh
Le mythe d’antigone
Antigone est la fille d’Œdipe, le roi de Thèbes. Après la mort d’Œdipe, les deux frères d’Antigone, Étéocle et Polynice, se sont battus à mort car Polynice voulait s’emparer du pouvoir qu’Étéocle refusait de partager. L’oncle d’Antigone, Créon, a interdit qu’on respecte les rites funéraires traditionnels et qu’on enterre Polynice, le rebelle. Mais Antigone a décidé de désobéir et d’enterrer son frère, même au prix de sa vie.
100% numérique
Retrouvez le prologue d’Anouilh, mis en scène par Nicolas Briançon.
Éclairage
« L’Antigone de Sophocle, lue et relue, et que je connaissais par coeur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre [...]. Je l’ai réécrite à ma façon, avec la résonance de la tragédie que nous étions alors en train de vivre », écrit Jean Anouilh.
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Jean Anouilh

JEAN ANOUILH, Antigone, © Éditions de la Table ronde, 1946.

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DYS

Jean Anouilh

Un décor neutre. Trois portes semblables. Au lever du rideau, tous les personnages sont en scène. Ils bavardent, tricotent, jouent aux cartes. Le Prologue1 se détache et s’avance.
1
L
E PROLOGUE. – Voilà. Ces personnages vont vous jouer l’histoire d’Antigone. Antigone c’est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. Elle pense qu’elle va être Antigone tout à l’heure, qu’elle va surgir soudain de la maigre jeune fille noiraude et renfermée que personne ne prenait au sérieux dans la famille et se dresser seule en face du monde, seule en face de Créon, son oncle, qui est le roi. Elle pense qu’elle va mourir, qu’elle est jeune et qu’elle aussi, elle aurait bien aimé vivre. Mais il n’y a rien à faire. Elle s’appelle Antigone et il va falloir qu’elle joue son rôle jusqu’au bout... Et, depuis que ce rideau s’est levé, elle sent qu’elle s’éloigne à une vitesse vertigineuse de sa sœur Ismène, qui bavarde et rit avec un jeune homme, de nous tous, qui sommes là bien tranquilles à la regarder, de nous qui n’avons pas à mourir ce soir.
  Le jeune homme avec qui parle la blonde, l’heureuse Ismène, c’est Hémon, le fils de Créon. Il est le fiancé
d’Antigone. [...]
  Cet homme robuste, aux cheveux blancs, qui médite là, près de son page2, c’est Créon. C’est le roi. Il a des rides, il est fatigué. Il joue au jeu difficile de conduire les hommes. Avant, du temps d’Œdipe, quand il n’était que le premier personnage de la cour, il aimait la musique, les belles reliures3, les longues flâneries chez les petits antiquaires de Thèbes. Mais Œdipe et ses fils sont morts. Il a laissé ses livres, ses objets, il a retroussé ses manches et il a pris leur place. Quelquefois, le soir, il est fatigué, et il se demande s’il n’est pas vain4 de conduire les hommes. Si cela n’est pas un office sordide5 qu’on doit laisser à d’autres, plus frustes6... Et puis, au matin, des problèmes précis se posent, qu’il faut résoudre, et il se lève, tranquille, comme un ouvrier au seuil de sa journée.
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