Pronote
Connectez-vous pour ajouter des favoris

Pour pouvoir ajouter ou retrouver des favoris, nous devons les lier à votre compte.Et c’est gratuit !

Texte et image

Dans les bas-fonds

DYS

Dans les bas-fonds

Les Mystères de Paris marque la naissance de la littérature populaire. Le roman est publié en feuilleton dans un journal selon le même principe que nos séries télévisées actuelles. Trente ans avant Zola (voir chapitre 6), Eugène Sue dépeint les couches populaires de la société. L’extrait suivant est situé au début du livre.
1
C
e début annonce au lecteur qu’il doit assister à de sinistres scènes ; s’il y consent, il pénétrera dans des régions horribles, inconnues ; des types hideux, effrayants, fourmilleront dans ces cloaques1 impurs comme les reptiles dans les marais. [...]
  Les barbares dont nous parlons sont au milieu de nous ; nous pouvons les coudoyer2 en nous aventurant dans les repaires où ils vivent, où ils se rassemblent pour concerter le meurtre, le vol, pour se partager enfin les dépouilles de leurs victimes.
  Ces hommes ont des mœurs3 à eux, des femmes à eux, un langage à eux, langage mystérieux, rempli d’images funestes, de métaphores dégouttantes de sang. [...]

  Le 13 décembre 1838, par une soirée pluvieuse et froide, un homme d’une taille athlétique, vêtu d’une mauvaise blouse, traversa le pont au Change et s’enfonça dans la Cité4, dédale de rues obscures, étroites, tortueuses, qui s’étend depuis le Palais de Justice jusqu’à Notre-Dame.
  Le quartier du Palais de Justice, très circonscrit, très surveillé, sert pourtant d’asile ou de rendez-vous aux malfaiteurs de Paris. N’est-il pas étrange, ou plutôt fatal, qu’une irrésistible attraction fasse toujours graviter ces criminels autour du formidable tribunal qui les condamne à la prison, au bagne, à l’échafaud !
  Cette nuit-là, donc, le vent s’engouffrait violemment dans les espèces de ruelles de ce lugubre quartier ; la lueur blafarde5, vacillante, des réverbères agités par la bise, se reflétait dans le ruisseau d’eau noirâtre qui coulait au milieu des pavés fangeux6.
  Les maisons, couleur de boue, étaient percées de quelques rares fenêtres aux châssis vermoulus7 et presque sans carreaux. De noires, d’infectes allées conduisaient à des escaliers plus noirs, plus infects encore, et si perpendiculaires, que l’on pouvait à peine les gravir à l’aide d’une corde à puits fixée aux murailles humides par des crampons de fer.
  Le rez-de-chaussée de quelques-unes de ces maisons était occupé par des étalages de charbonniers, de tripiers8 ou de revendeurs de mauvaises viandes.
  Malgré le peu de valeur de ces denrées9, la devanture de presque toutes ces misérables boutiques était grillagée de fer, tant les marchands redoutaient les audacieux voleurs de ce quartier.
  L’homme dont nous parlons, en entrant dans la rue aux Fèves, située au centre de la Cité, ralentit beaucoup sa marche : il se sentait sur son terrain.
  La nuit était profonde, l’eau tombait à torrents, de fortes rafales de vent et de pluie fouettaient les murailles.
  Dix heures sonnaient dans le lointain à l’horloge du Palais de Justice.
Les textes principaux
  • . Dans les bas-fonds
    11 questions associées
Les images
  • fin du XIXᵉ siècle
    . Les Mystères de Paris
  • . Coin de la rue de Seine et de la rue de l’Échaudé
    3 questions associées
Repère
Objectif et subjectif :
  • Comme vous l’avez constaté dans le chapitre 7 sur la presse, une description est objective quand elle est neutre (le mur est jaune) ; elle est subjective quand elle exprime un point de vue personnel (le mur est immonde).
Mélioratif et péjoratif
  • Un propos mélioratif exprime un point de vue positif (une couleur éclatante) ; un propos péjoratif exprime un point de vue négatif (une couleur criarde).
100% numérique
Découvrez comment Paris a évolué depuis l’époque d’Eugène Sue avec C'est pas sorcier.
Ci-dessous quelques contenus proches qui peuvent vous intéresser :
CACHER LES INFORMATIONS

Text

EUGÈNE SUE, Les Mystères de Paris, 1842-1843.

Dans les bas-fonds
Connectez-vous pour ajouter des favoris

Pour pouvoir ajouter ou retrouver des favoris, nous devons les lier à votre compte.Et c’est gratuit !

INFORMATIONS SUR LE DOCUMENT
}
DYS

Dans les bas-fonds

Les Mystères de Paris marque la naissance de la littérature populaire. Le roman est publié en feuilleton dans un journal selon le même principe que nos séries télévisées actuelles. Trente ans avant Zola (voir chapitre 6), Eugène Sue dépeint les couches populaires de la société. L’extrait suivant est situé au début du livre.
1
C
e début annonce au lecteur qu’il doit assister à de sinistres scènes ; s’il y consent, il pénétrera dans des régions horribles, inconnues ; des types hideux, effrayants, fourmilleront dans ces cloaques1 impurs comme les reptiles dans les marais. [...]
  Les barbares dont nous parlons sont au milieu de nous ; nous pouvons les coudoyer2 en nous aventurant dans les repaires où ils vivent, où ils se rassemblent pour concerter le meurtre, le vol, pour se partager enfin les dépouilles de leurs victimes.
  Ces hommes ont des mœurs3 à eux, des femmes à eux, un langage à eux, langage mystérieux, rempli d’images funestes, de métaphores dégouttantes de sang. [...]

  Le 13 décembre 1838, par une soirée pluvieuse et froide, un homme d’une taille athlétique, vêtu d’une mauvaise blouse, traversa le pont au Change et s’enfonça dans la Cité4, dédale de rues obscures, étroites, tortueuses, qui s’étend depuis le Palais de Justice jusqu’à Notre-Dame.
  Le quartier du Palais de Justice, très circonscrit, très surveillé, sert pourtant d’asile ou de rendez-vous aux malfaiteurs de Paris. N’est-il pas étrange, ou plutôt fatal, qu’une irrésistible attraction fasse toujours graviter ces criminels autour du formidable tribunal qui les condamne à la prison, au bagne, à l’échafaud !
  Cette nuit-là, donc, le vent s’engouffrait violemment dans les espèces de ruelles de ce lugubre quartier ; la lueur blafarde5, vacillante, des réverbères agités par la bise, se reflétait dans le ruisseau d’eau noirâtre qui coulait au milieu des pavés fangeux6.
  Les maisons, couleur de boue, étaient percées de quelques rares fenêtres aux châssis vermoulus7 et presque sans carreaux. De noires, d’infectes allées conduisaient à des escaliers plus noirs, plus infects encore, et si perpendiculaires, que l’on pouvait à peine les gravir à l’aide d’une corde à puits fixée aux murailles humides par des crampons de fer.
  Le rez-de-chaussée de quelques-unes de ces maisons était occupé par des étalages de charbonniers, de tripiers8 ou de revendeurs de mauvaises viandes.
  Malgré le peu de valeur de ces denrées9, la devanture de presque toutes ces misérables boutiques était grillagée de fer, tant les marchands redoutaient les audacieux voleurs de ce quartier.
  L’homme dont nous parlons, en entrant dans la rue aux Fèves, située au centre de la Cité, ralentit beaucoup sa marche : il se sentait sur son terrain.
  La nuit était profonde, l’eau tombait à torrents, de fortes rafales de vent et de pluie fouettaient les murailles.
  Dix heures sonnaient dans le lointain à l’horloge du Palais de Justice.
Se connecter

Livre du professeur

Pour pouvoir consulter le livre du professeur, vous devez être connecté avec un compte professeur et avoir validé votre adresse email académique.

Votre avis nous intéresse !
Recommanderiez-vous notre site web à un(e) collègue ?

Peu probable
Très probable

Cliquez sur le score que vous voulez donner.

Dites-nous qui vous êtes !

Pour assurer la meilleure qualité de service, nous avons besoin de vous connaître !
Cliquez sur l'un des choix ci-dessus qui vous correspond le mieux.

Nous envoyer un message




Nous contacter?