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De nouveaux acteurs : décolonisation et émergence du tiers-monde
P.146-147

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COURS 2


De nouveaux acteurs : décolonisation et émergence du tiers-monde





❯ Comment les nouveaux États issus de la décolonisation cherchent-ils leur place dans un monde bipolaire ?

A
L’émancipation des colonies européennes


1
Des superpuissances anticolonialistes

Des idéologies anticolonialistes. Des idéologies anticolonialistes. L’URSS encourage les populations colonisées à se libérer de lʼimpérialisme occidental. Suivant la doctrine du président Wilson, les États-Unis défendent le droit des peuples à disposer dʼeux‑mêmes.

Le rôle des deux Grands. LʼURSS et ses alliés fournissent armes et matériel aux mouvements communistes locaux, comme en Malaisie. Les partis communistes des pays occidentaux s’engagent en faveur de la décolonisation. Sur le plan diplomatique, le gouvernement américain encourage ses alliés européens à accorder lʼindépendance à leurs colonies. Cependant, il n’hésite pas à soutenir certaines métropoles lorsque celles-ci font face à des mouvements de libération communistes, comme en Indochine.

2
La décolonisation

Les raisons des décolonisations. Dans toutes les colonies, des mouvements indépendantistes locaux dénoncent les inégalités sociales, politiques et économiques des sociétés colonisées, rejettent la domination occidentale et revendiquent l’accès à la souveraineté nationale. La Seconde Guerre mondiale a entraîné une perte de prestige et un affaiblissement des puissances coloniales européennes, qui acceptent progressivement les décolonisations.

Des indépendances négociées. La majorité des pays colonisés accèdent peu à peu à l’indépendance. Entre 1945 et 1981, lʼONU passe ainsi de 51 à 157 États membres. Certains pays parviennent à lʼindépendance à l’issue de négociations avec la métropole, comme les Indes britanniques (1947) et la majorité des colonies européennes en Afrique subsaharienne (1960).

Des guerres de décolonisation. Le refus des métropoles d’abandonner certaines colonies entraîne des conflits particulièrement sanglants. C’est par exemple le cas du Royaume-Uni en Malaisie (1948‑1957) et au Kenya (1952-1960), des Pays-Bas en Indonésie (1945‑1949) ou encore de la France en Algérie (1954-1962).

3
Gouverner après l’indépendance

Mettre en place de nouvelles structures politiques. Les nouveaux États doivent, parfois dans l’urgence, inventer de nouvelles formes de gouvernement. Dans plusieurs pays, des régimes autoritaires, souvent dirigés par des militaires, s’installent. D’autres, comme l’Inde de Jawaharlal Nehru, deviennent des démocraties.

Métropoles et anciennes colonies. Les métropoles conservent des liens étroits avec leurs anciennes colonies. Le Royaume-Uni les intègre au sein du Commonwealth, tandis que le gouvernement français met en place un réseau de relations économiques et politiques, souvent dénoncé plus tard sous le terme de « Françafrique ».

Repères

Jawaharlal Nehru

Jawaharlal Nehru (1889‑1964)

Issu d’une famille indienne influente, Jawaharlal Nehru effectue ses études en Grande-Bretagne puis s’engage dans le combat anticolonialiste aux côtés de Mohandas Gandhi. En 1947, il devient le Premier ministre de l’Inde indépendante. Il engage le pays dans le mouvement des non-alignés, mais ne parvient pas à éviter les tensions avec le Pakistan.

Vocabulaire


Commonwealth


Impérialisme


Indépendance


  • Commonwealth : organisation intergouvernementale fondée en 1931. Il réunit la Grande-Bretagne et ses anciennes colonies (qui restent officiellement rattachées à la couronne britannique).

  • Impérialisme : terme utilisé par le bloc de l’Est pendant la guerre froide pour dénoncer l’influence des pays occidentaux dans le tiers-monde.

  • Indépendance : en politique, fait pour un État dʼobtenir son autonomie.


B
L’émergence d’une « troisième voie » ?


1
Des alliances

Une volonté de coopération. Les nouveaux pays en voie de développement, souvent désignés sous le terme de « tiers‑monde » prennent progressivement conscience de leurs caractéristiques et intérêts communs. À lʼONU, ils créent le groupe des 77 (1964).

Le non-alignement. Les États issus de la décolonisation cherchent à échapper à l’influence des deux superpuissances et à construire un bloc géopolitique autonome. Les conférences de Bandung (1955) puis de Belgrade (1961) donnent naissance au mouvement des non-alignés (► doc. 1). Ce mouvement suscite beaucoup d’espoirs mais trouve vite ses limites : plusieurs États communistes, comme Cuba ou la Yougoslavie, rejoignent le mouvement des non-alignés, qui a dès lors du mal à s’en tenir à sa position de « neutralisme » par rapport aux deux Grands.

2
L’échec du panarabisme

Un projet ambitieux. La décolonisation constitue un contexte favorable à la relance du projet panarabe. Dans les années 1950, le président Gamal Abdel Nasser, très populaire dans le monde arabe, s’engage ouvertement dans cette voie en soutenant les mouvements indépendantistes d’Afrique du Nord.

Des résultats limités.En 1958, l’Égypte et la Syrie fusionnent au sein de la République arabe unie. Cependant, ce projet prend fin dès 1961. De plus, les divers États arabophones sont divisés entre les deux blocs, et leurs désaccords se cristallisent lors des guerres israélo-arabes de 1967 et 1973.

3
Les limites de l’affirmation du tiers-monde

La question du développement. La majorité des pays non-alignés doivent assurer leur développement et dépendent de leurs accords de coopération avec les deux superpuissances. Les pays du tiers-monde restent globalement pauvres et font face à des défis économiques, sociaux et politiques permanents.

Les conflits internes. Les nouveaux États sont divisés par des désaccords profonds, qui aboutissent parfois à des conflits ouverts. C’est le cas de l’Inde (à majorité hindoue) et du Pakistan (à majorité musulmane), qui s’affrontent en 1947 dans une guerre particulièrement sanglante, menant à des transferts de population massifs entre les deux pays.

Repères

Gamal Abdel Nasser

Gamal Abdel Nasser (1918‑1970)

Militaire égyptien, il accède à la présidence après un référendum en 1956. Il tente alors de mener de front la modernisation du pays, la défense de l’idéal du panarabisme et l’opposition aux puissances coloniales (notamment via la nationalisation du canal de Suez en 1956).

Vocabulaire


Non-alignement


Panarabisme


Tiers-monde


  • Non-alignement : regroupement d’États refusant de se rallier à l’un des deux blocs et souhaitant développer une politique autonome.

  • Panarabisme : idéologie visant à unifier les populations arabophones d’Afrique du Nord, du Proche et du Moyen-Orient au sein d’un même État.

  • Tiers-monde : terme inventé par Alfred Sauvy en 1952. Il désigne au départ les États n’appartenant à aucun des deux blocs. Il s’étend ensuite à l’ensemble des pays en voie de développement. La notion a depuis été très critiquée, car elle donne une vision trop homogène de pays en réalité différents.



1
1955, la conférence de Bandung

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Fond de carte
Les 5 États organisateurs
Les 24 États invités présents

Décentrement

Chef du Parti communiste yougoslave, Josip Broz (dit « Tito ») devient président du pays à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. Il refuse la tutelle de l’URSS et rompt avec Staline en 1948. La Yougoslavie incarne dès lors un modèle alternatif de communisme. Sur le plan international, Tito devient l’un des chefs de file du non-alignement.
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