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« Une certaine idée de la France »
P.216-217

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COURS 3


« Une certaine idée de la France »





❯ Par quels moyens Charles de Gaulle réaffirme-t-il l’indépendance de la France sur la scène internationale ?

A
Une politique de grandeur


1
Un outil militaire adapté aux ambitions de la France

Le développement d’une puissante industrie d’armement. L’État impulse trois grands programmes industriels liés à la défense nationale : nucléaire, industries aérospatiales, informatique. Néanmoins, le budget militaire ne cesse de se réduire.

La bombe atomique française. La maîtrise de lʼénergie atomique doit, selon Charles de Gaulle, renforcer l’indépendance nationale. La première bombe A explose dans le Sahara en 1960, la bombe H en 1968 en Polynésie française. La France se dote ensuite d’avions porteurs d’ogives en 1964 puis d’un sous-marin lance-missiles en 1971.

Charles de Gaulle décide de quitter le commandement intégré de l’OTAN en mars 1966. Il s’agit à la fois de garder le contrôle de la défense nationale et d’envoyer un message aux États-Unis. Le siège de lʼorganisation est transféré de Fontainebleau à Bruxelles et les bases américaines installées sur le territoire français sont évacuées.

2
Une « exception française »

Lʼouverture au tiers-monde. La coopération économique et militaire avec les pays dʼAfrique francophone est utilisée comme vecteur dʼune politique de rayonnement de la puissance française. Certains y voient une forme de néocolonialisme.

La remise en cause du système bipolaire. Charles de Gaulle soutient les États-Unis au moment des crises de Berlin (1958-1961) puis de Cuba (1962), mais remet en cause leur leadership. Il n’hésite pas à critiquer l’intervention militaire américaine au Vietnam lors d’un voyage en Asie en 1966. Son refus de la logique de bloc le conduit à reconnaître la Chine de Mao en 1964 et à se rapprocher du bloc soviétique, notamment par des voyages en URSS en 1966 (▶ doc 1), en Pologne en 1967 et en Roumanie en 1968.

Les limites de cette politique. Même si Charles de Gaulle souhaite affirmer l’« exception française » au sein des démocraties occidentales, la France reste une puissance moyenne qui ne peut pas réellement peser sur la politique des grandes puissances. En outre, le fait d’avoir quitté le commandement de l’OTAN est surtout symbolique : la France continue dʼappartenir à lʼAlliance atlantique et de coopérer avec les États-Unis.

Vocabulaire


Leadership


Néocolonialisme


  • Leadership : capacité durable d’un État à faire prévaloir sa politique internationale grâce à sa puissance (militaire, technologique, économique) et à son influence (modèle culturel et idéologique, etc.).

  • Néocolonialisme : maintien par des moyens détournés de la domination économique et culturelle sur une ancienne colonie devenue indépendante.



1
De Gaulle acclamé par la foule lors de son voyage en URSS
De Gaulle acclamé par la foule lors de son voyage en URSS


B
La France et le projet européen


1
« LʼEurope, de lʼAtlantique à lʼOural »

La construction européenne, levier de puissance pour la France. Favorable dès 1944 à une coopération des États dʼEurope de lʼOuest, Charles de Gaulle ne remet pas en question les traités européens existants lorsquʼil arrive au pouvoir. À ses yeux, la construction européenne est une opportunité pour la France : à partir de 1962, lʼagriculture française est par exemple subventionnée par la PAC. Charles de Gaulle soutient la naissance dʼun marché commun européen : en 1968, les droits de douane entre États membres de la CEE sont supprimés.

Une « Europe des États ». Cependant, de Gaulle sʼoppose aux évolutions supranationales en germe dans le projet européen. Pour lui, l’Europe unie doit rester avant tout une alliance d’États, sans que ceux-ci ne renoncent à leur souveraineté. Pendant six mois, de juin 1965 à janvier 1966, Charles de Gaulle n’hésite pas à suspendre la participation de la France aux réunions du Conseil des ministres de la CEE : les décisions étant prises à l’unanimité, cette absence bloque toute avancée. C’est la « politique de la chaise vide ». Le compromis du Luxembourg (janvier 1966) préserve finalement le droit de veto dʼun État membre.

2
La politique européenne de Charles de Gaulle

Contre « lʼEurope sous commandement américain ». Charles de Gaulle cherche à détacher lʼEurope de lʼinfluence américaine. Cʼest pour cette raison quʼil refuse par deux fois – en 1963 puis en 1967 – lʼentrée dans le marché commun européen du Royaume-Uni, solide allié des États-Unis.

Lʼaxe franco-allemand. Charles de Gaulle resserre les liens avec lʼAllemagne : il sʼy rend en 1962 et, la même année, reçoit en France le chancelier allemand Konrad Adenauer. Un an plus tard, le traité de lʼÉlysée scelle officiellement la réconciliation franco-allemande.

Vocabulaire


Droit de veto


Évolutions supranationales


Marché commun européen


PAC


  • Droit de veto : droit permettant à une personne ou une autorité de bloquer unilatéralement une décision prise collectivement.

  • Évolutions supranationales : volonté de doter lʼEurope unifiée dʼune véritable autorité, dépassant la somme de celle de ses membres.

  • Marché commun européen : union douanière permettant la libre circulation des produits entre les pays membres de la CEE.

  • PAC : Politique agricole commune.

Repères

Le traité de l’Élysée

Le traité de l’Élysée (1963)

Signé par le chancelier Konrad Adenauer et le président Charles de Gaulle, ce traité a pour objectif de créer une alliance étroite entre la République fédérale d’Allemagne et la France. Il vise également à rapprocher les deux peuples, avec la mise en place d’un Office franco-allemand pour la jeunesse.


C
La politique étrangère française après Charles de Gaulle


Entre ruptures et continuités. Georges Pompidou, devenu président de la République en 1969, s’inscrit largement dans la continuité de la politique étrangère de Charles de Gaulle. La coopération économique et industrielle avec l’Allemagne s’approfondit, la France continue d’intervenir en Afrique, suscitant de nombreuses critiques, et renforce ses liens avec l’URSS et l’Europe de l’Est. Néanmoins, contrairement à son prédécesseur, Georges Pompidou se rapproche des États-Unis (▶ doc 2).

La relance européenne. Fervent défenseur du projet européen, Georges Pompidou relance l’unification du continent. La candidature du Royaume-Uni est acceptée au sommet de La Haye (1969). C’est le premier élargissement, de six à neuf : le Royaume-Uni, le Danemark et lʼIrlande intègrent la CEE en 1973.

Vers l’UE. Au sommet de Paris en 1972, les États membres se fixent des objectifs concrets pour devenir, avant la fin de la décennie, « une union européenne ». La CEE coopère dans de nouveaux domaines : en 1973, l’Agence spatiale européenne crée par exemple le programme Ariane, qui aboutit au lancement de la fusée Ariane 1 en 1979.



2
Pompidou et Nixon
Pompidou et Nixon

Écho des temps

Aujourdʼhui, la France reste une puissance majeure : cinquième puissance militaire du monde, elle est membre du G7 et du G20 et exerce une influence culturelle mondiale. Mais la puissance française est fortement concurrencée. Retrouvez un dossier de Géographie sur cette question en cliquant ici.

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