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1981 : l’abolition de la peine de mort
P.276-277

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POINT DE PASSAGE 2


1981 : l’abolition de la peine de mort





En 1976, plusieurs exécutions capitales et le procès d’un assassin d’enfant relancent le débat sur l’abolition de la peine de mort. À la tête de la campagne abolitionniste se trouve l’avocat Robert Badinter. En 1981, l’abolition figure dans le programme de François Mitterrand : le 9 octobre 1981, après de nombreux débats dans les médias et à lʼAssemblée, la peine de mort est abolie en France.

l’abolition de la peine de mort

❯ Comment la peine de mort a-t-elle été abolie en 1981 ?


1
Pour l’abolition

Robert Badinter

J’ai l’honneur, au nom du gouvernement de la République, de demander à l’Assemblée nationale l’abolition de la peine de mort en France. [...]

Il se trouve que la France aura été [...] l’un des derniers pays [...] en Europe occidentale, dont elle a été si souvent le foyer et le pôle, à abolir la peine de mort.

Pourquoi ce retard ? [...] C’est de la France, c’est de cette enceinte que se sont levées les plus grandes voix [...] qui ont soutenu avec le plus d’éloquence la cause de l’abolition. Vous avez [...] rappelé Hugo, j’y ajouterai, parmi les écrivains, Camus.

Pour ma part, j’y vois une explication qui est d’ordre politique. [...]

Ceux qui veulent une justice qui tue [...] sont animés par une double conviction : qu’il existe des hommes totalement coupables [...] totalement responsables de leurs actes, et qu’il peut y avoir une justice sûre de son infaillibilité au point de dire que celui-là peut vivre et que celui-là doit mourir. À cet âge de ma vie, l’une et l’autre affirmations me paraissent également erronées. Aussi terribles, aussi odieux que soient leurs actes, il n’est point d’hommes en cette terre dont la culpabilité soit totale et dont il faille pour toujours désespérer totalement.

Cette justice d’élimination, cette justice d’angoisse et de mort, décidée avec sa marge de hasard, nous la refusons. Nous la refusons parce qu’elle est pour nous l’antijustice, parce qu’elle est la passion et la peur triomphant de la raison et de l’humanité.

[...] Demain, grâce à vous, la justice française ne sera plus une justice qui tue. Demain, grâce à vous, il n’y aura plus, pour notre honte commune, d’exécutions furtives, à l’aube, sous le dais noir, dans les prisons françaises. Demain, les pages sanglantes de notre justice seront tournées.

Discours de Robert Badinter, garde des Sceaux, à l’Assemblée nationale, séance du 17 septembre 1981.

2
Contre l’abolition

Aujourd’hui, une majorité de députés va voter l’abolition de la peine de mort au nom du peuple français [...]. À la vérité, nous ne savons pas ce que les Français pensent, car vous ne les consultez pas ! [...] Il fallait pour cela modifier la Constitution afin qu’un référendum puisse avoir lieu [...].

Une majorité d’entre nous, une majorité de Français, au nom des idées, du cœur et de la morale, est certainement contre la peine de mort. [...] Mais il y a la réalité et notre responsabilité à l’égard du peuple français. La réalité, c’est le meurtre, les victimes, le criminel qui, loin d’être touché par la grâce et de s’amender, récidive. Notre devoir, notre responsabilité, c’est de répondre à la légitime exigence de la société qui entend être défendue et être prémunie contre la violence. [...]

S’il y a respect de la vie, c’est celle des innocents et des futures victimes qui m’intéresse, bien avant celle du criminel. [...] La société a donc le droit [...] de donner la mort pour se défendre. [...]

Le projet de loi [...] prévoit l’abolition de la peine de mort et [...] son remplacement par la détention à perpétuité. Or nous savons bien que la détention à perpétuité est inappliquée et inapplicable car [...] pas moins inhumaine, dégradante et cruelle que la peine de mort.

Discours de Pascal Clément, député UDF de la Loire, à l’Assemblée nationale, séance du 17 septembre 1981.

3
Une décision impopulaire ?

Une de lʼhebdomadaire Le Point

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Le résultat du vote

Le résultat du vote pour l'abolition de la peine de mort

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Les Français et la peine de mort de 1908 à 2018

Les Français et la peine de mort de 1908 à 2018

Questions

Analyser des documents

1
Doc.1 (⇧) Relevez les arguments historiques et moraux de Robert Badinter en faveur de l’abolition.


2
Doc. 2 (⇧) Expliquez pourquoi certains défendent la peine de mort.


3
Doc. 2 (⇧) , Doc. 3 (⇧) et Doc. 5 (⇧) Expliquez pourquoi le député Clément réclame un référendum sur l’abolition de la peine de mort.


4
Doc. 4 (⇧) Commentez le résultat du vote. Faites une hypothèse pour expliquer la différence entre lʼAssemblée nationale et le Sénat.


Question de synthèse

5
En classe, organisez un débat sur le thème suivant : la peine de mort peut-elle être juste ? Aidez-vous de cette page de Philosophie.
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