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Les recompositions d’un monde multipolaire
P.316-317

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COURS 3

Les recompositions d’un monde multipolaire




❯ Entre tensions et coopérations, comment le monde se recompose-t-il aujourdʼhui ?

A
Une redistribution de la puissance


1
L’hégémonie américaine en question

Les États‑Unis : toujours la première puissance mondiale. Leur PIB et leur armée sont toujours les plus importants du monde. Barack Obama mène une politique de retour au multilatéralisme, mais depuis lʼélection de Donald Trump en 2016, les États-Unis prônent plus que jamais lʼunilatéralisme et le protectionnisme.

La Chine : une puissance ambitieuse. Dirigé depuis 2013 par Xi Jinping, l’« atelier du monde » déploie aujourd’hui ses ambitions mondiales. La Chine affirme sa mainmise sur la mer de Chine méridionale et inaugure en 2017 sa première base à l’étranger, à Djibouti. Aujourd’hui, la Chine possède le deuxième budget militaire mondial et représente la deuxième puissance économique mondiale. Beaucoup concluent dès les années 2010 à la fin de l’hyperpuissance états-unienne (► doc 1).

La Russie : le renouveau d’une puissance. Vladimir Poutine, au pouvoir depuis 1999, est parvenu à remettre la Russie au cœur des enjeux mondiaux en usant de l’arme économique (exportations d’hydrocarbures), de l’arme militaire (guerre en Géorgie en 2008, annexion de la Crimée en 2014) et de l’arme diplomatique (soutien au dictateur syrien). Les sanctions économiques et l’exclusion du G8 sont sans effet.

LʼUnion européenne demeure lʼune des principales puissances économiques mondiales mais ne semble pas en mesure de remettre en question la suprématie des États-Unis. Elle est affaiblie par la crise économique de 2008, par la crise des réfugiés et par la décision du Royaume-Uni de sortir de lʼUE (Brexit), effective en février 2020.

2
De nouvelles alliances

Le rapprochement des puissances russe et chinoise. La Chine a intégré l’OMC en 2001 et s’est rapidement rapprochée de la Russie, cette dernière sʼinquiétant de l’extension de l’OTAN et de l’élargissement de l’UE en Europe de l’Est. En 2001, elles créent l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et mènent un premier exercice militaire commun en 2008 en Arménie. À l’ONU, elles opposent régulièrement leur veto aux initiatives portées par la France, le Royaume‑Uni ou les États‑Unis.

L’affirmation des BRICS. En 2009, quatre États choisissent de s’affirmer dans les relations internationales et l’économie mondiale : le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine. L’Afrique du Sud les rejoint en 2011. Ensemble, ils rassemblent 42 % de la population mondiale, 20 % du PIB mondial et 60 % de la croissance mondiale. En 2015, ils créent la Nouvelle Banque de développement (dont le siège est à Shanghai) pour contrebalancer la puissance de la Banque mondiale (dont le siège est à Washington, D.C.).

Les nouvelles routes de la soie. Vaste projet présenté en 2013 par la Chine, il vise à connecter plus d’une soixantaine de pays de la Chine à l’Europe, en passant par l’Asie centrale et la mer Rouge via des traités commerciaux et des infrastructures, à la fois ferroviaires, routières et maritimes. Les investissements sont colossaux et les inquiétudes nombreuses, mais ce projet dessine une nouvelle relation entre la Chine et l’Europe.

Biographie

Donald Trump

Donald Trump (1946)

Riche magnat de lʼimmobilier, il est élu président des États‑Unis en 2016. Son mandat est marqué par une série de mesures nationalistes, protectionnistes et climato-sceptiques.

Vocabulaire


Protectionnisme


  • Protectionnisme : politique économique interventionniste visant à protéger l’économie nationale contre la concurrence étrangère, à travers la mise en place de mesures restrictives et de tarifs douaniers prohibitifs.



1
Les États-Unis contre la Chine ?
Affiche dʼun documentaire réalisé par Anthony Dufou, 2008. Les États-Unis contre la Chine


B
Un monde incertain


1
Une gouvernance mondiale inachevée

Vers une nouvelle gouvernance économique. Le multilatéralisme économique défendu par l’OMC est en crise. Les divergences entre pays développés et pays en développement font échouer le cycle de Doha en 2006, et l’institution est aujourd’hui contournée par des traités commerciaux bilatéraux et par le G20. Cette remise en cause de la logique multilatérale sʼaccélère depuis la crise économique mondiale de 2008.

Une gouvernance climatique tronquée. En 2015, tous les États signent l’accord de Paris sur le climat pour limiter le réchauffement climatique à moins de deux degrés d’ici la fin du siècle. Mais sa mise en œuvre est compliquée et les États-Unis s’en retirent en 2017.

L’ONU à la peine. Plus de 100 000 casques bleus sont déployés aujourd’hui dans le monde (dont 90 % en Afrique). Mais le désengagement des États-Unis et le veto récurrent des membres du Conseil de sécurité paralysent régulièrement l’institution.

2
La multiplication des menaces et des foyers de conflits

L’arc des crises, du Sahara au Pakistan. Le conflit israélo‑palestinien est toujours dans l’impasse. Les « printemps arabes » ont chassé plusieurs dictateurs mais entraîné une guerre civile en Libye et en Syrie. Au Sahara, l’opération Barkhane tente de contenir la progression d’al-Qaïda. Entre la Syrie et l’Irak, Daech construit un État islamiste à partir de 2006. Partout, les civils sont toujours la cible d’attentats et les réfugiés, fuyant les guerres ou les bouleversements climatiques, sont de plus en plus nombreux (► doc 2).

Le retour de la menace nucléaire. En 2002, la Corée du Nord annonce qu’elle redémarre son programme nucléaire. Trois ans plus tard, c’est au tour de l’Iran de reprendre l’enrichissement de son uranium, après l’élection du président Ahmadinejad. La crainte d’une prolifération nucléaire est de nouveau à l’ordre du jour.

Les nouvelles tensions du monde globalisé. Le pétrole est menacé par les attaques pirates dans les détroits (Bab‑el‑Mandeb, Ormuz, Malacca). Les données et les réseaux sont les cibles de cyberguerres, le terrorisme prend de nouvelles formes. La menace d’une guerre commerciale est devenue réalité en 2018 entre les États‑Unis et la Chine. Au printemps 2020, la crise du coronavirus montre que le monde est également vulnérable face à une pandémie.

Vocabulaire


« Printemps arabe »


Cyberguerre


Daech (ou Daesh)


G20


Pandémie


Réfugié


  • « Printemps arabe » : vague de contestations et de révolutions, déclenchée en 2010 au Maghreb et au Moyen-Orient. Le terme fait référence au « printemps des peuples » qui eut lieu en Europe en 1848.

  • Cyberguerre : attaques informatiques visant les réseaux des États et des grandes entreprises à l’aide de logiciels malveillants ou d’attaques informatiques.

  • Daech (ou Daesh) : organisation terroriste islamiste concurrente d’al‑Qaïda, créée en 2006, aussi appelée « EI » (État islamique). Elle est implantée principalement en Syrie et en Irak.

  • G20 : groupe rassemblant chaque année, depuis 2008, les chefs d’État des 19 pays les plus puissants (plus l’UE). Il est plus représentatif que le G7.

  • Pandémie : épidémie présente dans une large zone géographique.

  • Réfugié : personne ayant quitté son pays d’origine pour fuir un danger (guerre, persécution politique ou religieuse, etc.).



2
L’exode des réfugiés syriens
L’exode des réfugiés syriens

Prolongement numérique

En janvier 2019, la chaîne de radio France Culture a consacré trois épisodes de l’émission de Florian Delorme, Culture monde, à l’actualité de la guerre contre le terrorisme : le retour des talibans en Afghanistan, la défaite de Daech ou encore la présence terroriste au Sahel sont décryptés par des chercheurs.
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