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L’espoir d’un « nouvel ordre mondial »
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COURS 1

L’espoir d’un « nouvel ordre mondial »




❯ Quelles sont les enjeux du nouvel équilibre mondial après la disparition de l’URSS ?

A
Un monde dominé par les États-Unis


1
Une puissance hégémonique

Un monde dominé par l’hyperpuissance américaine. Depuis 1991, les États-Unis dominent la planète sur tous les plans. À eux seuls, ils représentent plus de 20 % du PIB mondial en 1992. Le Japon et les États de l’Union européenne sont les deux autres pôles de richesse dans le monde. Les États de l’ex-URSS subissent le choc de l’économie de marché et doivent se reconstruire. La Chine poursuit sa très forte croissance écono- mique et devient une puissance émergente.

Une Alliance atlantique rénovée. Profitant de la disparition de leur adversaire soviétique, les États-Unis entreprennent dès 1994 l’élargissement de l’OTAN en y intégrant les anciens pays d’Europe de l’Est. Pour répondre aux inquiétudes de la Russie, un Conseil conjoint permanent Russie-OTAN est créé en 1997.

2
Les gendarmes du monde

Des succès militaires. Le président George H. W. Bush évoque la naissance d’un « nouvel ordre mondial » garanti par les États‑Unis, gendarmes du monde. Le budget militaire états-unien représente alors 45 % des dépenses de défense mondiales. Ils sont ainsi victorieux sur plusieurs terrains d’opération : en Irak (guerre du Golfe, 1991), en Haïti (1994) ou encore en Serbie (bombardement de Belgrade, 1999).

Une nouvelle donne diplomatique. Les États-Unis mettent aussi à profit leur puissance au service de la diplomatie, en s’impliquant fortement dans le conflit israélo-palestinien. C’est sous l’égide du président Clinton que sont négociés et signés les accords d’Oslo entre Yitzhak Rabin et Yasser Arafat en 1993. Le monde y voit enfin la promesse d’une paix au Proche-Orient. En Amérique latine, les États-Unis mettent fin à leur politique de soutien aux dictatures anticommunistes. Le modèle de la démocratie occidentale se diffuse dans le monde, avec plus ou moins de succès en fonction des régions.

Repères

Accords d'Oslo : poignée de main entre Yitzhak Rabin et Yasser Arafat sous les yeux de Bill Clinton

Les accords d’Oslo

Le 13 septembre 1993, Yitzhak Rabin (Premier ministre d’Israël) et Yasser Arafat (président de l’OLP qui devient l’Autorité palestinienne) signent un accord, véritable tournant dans le conflit israélo- palestinien. Ils s’entendent sur une reconnaissance mutuelle et un transfert progressif de souveraineté des territoires occupés à l’Autorité palestinienne. Le président américain Bill Clinton a joué un rôle clé dans l’aboutissement de ces négociations.

Vocabulaire


Hyperpuissance


  • Hyperpuissance : en 1999, Hubert Védrine (ministre français des Affaires étrangères) invente ce terme pour désigner la suprématie écrasante des États-Unis dans le monde de lʼépoque.


B
Une nouvelle communauté internationale


1
Une gouvernance mondiale en construction

Le nouveau rôle de l’ONU. Débarrassée des blocages de la Guerre froide, l’ONU peut de nouveau œuvrer à la résolution des conflits. Elle bénéficie du soutien des États-Unis et de l’entente internationale propice au multilatéralisme. La résolution 688 (5 avril 1991), au sujet des Kurdes dʼIrak, reconnaît même un droit d’ingérence humanitaire qui justifie les interventions de plus en plus nombreuses des casques bleus. De 1988 à 1994, le nombre de casques bleus déployés dans le monde passe de 11 000 à près de 80 000. L’ONU émet autant de résolutions durant la décennie 1990 qu’entre 1945 et 1990. Cette activité nourrit le discours du nouvel ordre mondial et alimente l’espoir d’une paix mondiale durable.

Une gouvernance économique mondiale mieux structurée. En 1994, les 125 pays membres du GATT achèvent le cycle de négociation de l’Uruguay et signent le traité de Marrakech (1994) qui donne naissance à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1995. La mondialisation s’accélère et bouleverse en profondeur les équilibres économiques nationaux et mondiaux. Pour peser davantage dans cette économie mondialisée, plusieurs États se regroupent dans des blocs économiques régionaux : la CEE devient l’Union européenne (1992), l’Association de libre-échange nord-américain est créée (ALENA, 1994), de même que le Marché commun du Sud (MERCOSUR, 1995), enfin l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) intègre la Chine, la Corée du Sud et le Japon à ses rencontres à partir de 1997.

L’apparition d’une gouvernance climatique. Les États membres de l’ONU commencent à prendre conscience du réchauffement climatique global. Ils se réunissent au Sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992 et entament des négociations pour lutter contre les gaz à effet de serre. Ces dernières aboutissent à la signature du protocole de Kyoto en 1997, que les États‑Unis refusent de ratifier.

2
La communauté internationale face aux crises

La « décennie des sanctions ». La communauté internationale, en particulier les États-Unis et plus encore l’Union européenne, multiplie les sanctions économiques et commerciales pour punir les pays accusés de mener une politique expansionniste ou de réprimer leurs populations. L’embargo économique international permet ainsi d’obtenir la fin du régime d’Apartheid en Afrique du Sud en 1991. Mais il s’agit d’une exception et, en règle générale, les sanctions internationales s’avèrent peu efficaces.

Une mobilisation variable. Les espoirs du « nouvel ordre mondial » se heurtent parfois aux divisions et à la prudence de la communauté internationale. Ainsi, en ex‑Yougoslavie, la désunion de l’Union européenne pousse l’OTAN à intervenir. Aucun État nʼose sʼopposer à lʼintervention de la Russie en Tchétchénie : la Realpolitik prend le dessus sur le multilatéralisme. Enfin, la communauté internationale hésite à intervenir dans des affaires qui semblent concerner surtout la vie politique intérieure des États : c’est par exemple le cas du conflit nord-irlandais au Royaume-Uni.

Une nouvelle justice internationale. L’ONU crée deux institutions temporaires pour juger les crimes de masse : le Tribunal pénal international pour l’ex‑Yougoslavie (1993-2015) et le Tribunal pénal international pour le Rwanda (1994-2017). La procureure générale Carla Del Ponte y joue un rôle central. Enfin, en 1998 est fondée à La Haye une institution permanente : la Cour pénale internationale (CPI). Mais les États-Unis, la Russie, Israël ou encore l’Iran refusent de reconnaître cette juridiction pénale universelle (► doc 1).

Biographie

Carla Del Ponte (1947)

Carla Del Ponte (1947)

Magistrate suisse, elle devient en 1999 la procureure générale du TPIR (jusqu’en 2003) et du TPIY (jusqu’en 2007). Son travail au service de la justice internationale a été fondamental et lui a valu plusieurs tentatives d’assassinat.

Vocabulaire


Embargo


Droit d’ingérence humanitaire


Gouvernance


Mondialisation


Multilatéralisme


Realpolitik


Résolution


  • Embargo : mesure coercitive interdisant à un État de commercer avec l’étranger.

  • Droit d’ingérence humanitaire : droit d’intervenir dans un pays si les droits humains et la sécurité internationale sont menacés.

  • Gouvernance : processus de multiplication des échanges (de biens, d’informations et de personnes) à l’échelle du monde, conduisant à la mise en relation des espaces.

  • Mondialisation : doctrine selon laquelle la possession d’armes nucléaires permet de réduire le risque de conflit ouvert entre grandes puissances.

  • Multilatéralisme : coopération entre les États pour faire face ensemble aux défis mondiaux.

  • Realpolitik : stratégie qui fait passer l’efficacité avant les idéaux et les principes.

  • Résolution : décision votée par lʼAssemblée générale de lʼONU.



1
Une justice internationale, ou presque
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Fond de carte
Pays reconnaissant l’autorité de la CPI en droit et dans les faits
(Statut de Rome signé et ratifié)
Pays reconnaissant l’autorité de la CPI uniquement en théorie
(Statut de Rome signé mais non ratifié)
Pays ne reconnaissant pas l’autorité de la CPI
(Statut de Rome ni signé ni ratifié)

Décentrement

En octobre 1991, Aung San Suu Kyi reçoit le prix Nobel de la paix. Cheffe de lʼopposition politique en Birmanie, elle défie la junte militaire au pouvoir, qui la place en résidence surveillée en 1989, après avoir écrasé dans le sang les manifestations pacifistes étudiantes. Aung San Suu Kyi refuse dʼaller recevoir son prix à Oslo, craignant de ne jamais pouvoir revenir. Rester prisonnière signifie pour elle continuer à résister.
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