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La fin de l’Apartheid en Afrique du Sud
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POINT DE PASSAGE 1

La fin de l’Apartheid en Afrique du Sud




Institué en 1948 par le Parti national, « apartheid » signifie en afrikaans « séparation » entre les Blancs (descendants de colons hollandais) et les autres peuples d’Afrique du Sud, au nom de la domination de la race blanche. Les Noirs organisent rapidement la résistance, d’abord de façon non violente (à travers l’ANC ou Congrès national africain, parti politique dont fait partie Nelson Mandela) puis, à partir des années 1970, de manière plus radicale. Mais il faut attendre les sanctions internationales et le basculement du monde en 1989 pour que le pouvoir blanc accepte de mettre fin à l’Apartheid.

La fin de l’Apartheid en Afrique du Sud

❯ Comment le régime d’Apartheid s’est-il effondré en 1990 pour donner naissance à une Afrique du Sud démocratique et multiraciale ?


1
Saisir la réalité de l’Apartheid : retour sur le massacre de Sharpeville en 1960

Pour avoir voulu défendre pacifiquement leur liberté individuelle, 69 Africains ont été tués, 180 autres blessés. [...] Que s’est-il passé le 21 mars 1960 à Sharpeville ? Une foule pacifique d’Africains protestait contre la loi sur les « livrets de contrôle », plus connus sous le nom de laissez-passer. D’après le rapport de la Commission des droits de l’homme sur la discrimination raciale en Afrique australe, « ce livret de contrôle, exigé des Africains, contient leur carte d’identité, leur photographie, leurs empreintes digitales, la description de leur contrat de travail, la signature apposée chaque mois par leur employeur, un permis de séjourner dans une zone déterminée, de chercher du travail ou de voyager pour chercher où aller occuper un emploi, ainsi que des quittances d’impôts ». En un mot, un véritable « passeport racial », permettant continuellement de surveiller et de suivre les déplacements des non‑blancs, qu’ils soient ouvriers ou diplômés de l’université, mineurs ou avocats. Ce document, dont le port venait d’être étendu à toutes les femmes africaines en 1960, doit être présenté à tout moment aux autorités policières, et la moindre infraction devient un crime passible d’amende ou d’emprisonnement, pouvant aller jusqu’à 30 jours de détention. [...] Au pacifisme de cette foule répondirent les fusils des policiers sud-africains. L’apartheid venait de montrer son vrai visage et de prouver, comme l’écrit monseigneur Reeves, [...] qu’ « il est un mode non pas de vie mais de mort ».

Jean-Paul Rivière, « Le racisme en action », Droit et liberté, n°300, mars 1971.

2
Winnie Mandela et le concert en hommage à son mari

Winnie Mandela

Winnie Mandela, présidente de la Ligue des femmes de l’ANC, fait le salut du black power après l’annonce qu’un grand concert pop sera organisé le 11 juin 1988 pour les 70 ans de son mari, alors incarcéré à la prison de Pollsmoor (près du Cap). Interdit par le gouvernement d’Afrique du Sud, le concert s’est tenu pendant plus de onze heures au stade de Wembley (Londres) et a été regardé par plus de 600 millions de spectateurs dans 67 pays. Parmi les artistes : Sting, Youssou N’Dour ou encore Miriam Makeba. Le 7 décembre, Winnie Mandela est placée en résidence surveillée à son domicile.

3
Le tournant de lʼannée 1990

Le 2 février 1990, Frederik De Klerk1 se présenta devant le Parlement pour prononcer le traditionnel discours d’ouverture et il fit quelque chose qu’aucun autre chef d’État sud‑africain n’avait jamais fait : il commença véritablement à démanteler le système d’apartheid et prépara le terrain pour une Afrique du Sud démocratique. De façon spectaculaire, M. De Klerk annonça la levée de l’interdiction de l’ANC [...] ; la libération des prisonniers politiques incarcérés pour des activités non violentes ; la suspension de la peine capitale ; et la levée de différentes restrictions imposées par l’état d’urgence. « L’heure de la négociation est arrivée », déclara-t-il. [...]

Le jour de ma libération [le 11 février 1990], je me suis réveillé à 4 h 30 [...]. Quand je me suis retrouvé au milieu de la foule, j’ai levé le poing droit et il y a eu une clameur. Je n’avais pas pu faire cela depuis 27 ans [...].

Nelson Mandela, Un long chemin vers la liberté, 1995.

1. Nouveau président du pays depuis 1989, membre du Parti national.

4
Regarder l’Apartheid en face

Jillian Edelstein, Joyce Mtimkulu, 1997, photographie.

Joyce Mtimkulu brandit les cheveux de son fils, Siphiwo, jeune membre de l’ANC, rendu chauve par empoisonnement et mystérieusement disparu en 1982. La Commission de vérité et de réconciliation créée en 1994 a enfin permis d’établir que la police d’Apartheid est responsable de son enlèvement et de son assassinat.

5
La nouvelle démocratie sud-africaine

Walter Dhladhla, 1994, photographie de Nelson Mandela qui vote

Le 27 avril 1994, Nelson Mandela et les autres Noirs sud-africains votent pour la première fois de leur vie. L’ANC obtient 62,65 % des voix. Le 10 mai, Mandela prête serment et devient président.

Parcours 1

Analyser des documents

1
Doc. 1 (⇧) Montrez que le massacre de Sharpeville est un épisode qui illustre la réalité de l’Apartheid.


2
Doc. 1 (⇧) et Doc. 2 (⇧) Identifiez l’ensemble des acteurs et les formes de la lutte contre l’Apartheid.


3
Doc. 3 (⇧) et Doc. 5 (⇧) Relevez les acteurs et les actions entreprises pour faire naître une Afrique du Sud démocratique.


4
Doc. 4 (⇧) Montrez comment se construit une mémoire de lʼApartheid.
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Parcours 2

Remplir un schéma

Remplissez le schéma suivant :
Nature du régime Opposants Fin du régime
Apartheid
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