Chargement de l'audio en cours
Plus

Plus

Humour, politique et questions sociales en France dans les années 1970-1980
P.284-285

Mode édition
Ajouter

Ajouter

Terminer

Terminer

DOSSIER 3



Humour, politique et questions sociales en France dans les années 1970‑1980





Après Mai 1968, dans le contexte de la fin des Trente Glorieuses, de nouveaux acteurs comiques émergent. Utilisant davantage la télévision ou la radio, ils abordent des sujets sociaux et politiques, critiquent le Gouvernement, parlent de racisme ou de sexualité.

Humour, politique et questions sociales en France dans les années 1970-1980

❯ Comment les nouveaux comiques s’emparent-ils des questions sociales et politiques ?


1
Une nouvelle génération de comiques

L'aile ou la cuisse
Le père noël est une ordure
1
Affiche de L’Aile ou la Cuisse, Claude Zidi, 1976. Ce film comique traite de la rivalité entre la gastronomie française traditionnelle et la nourriture industrielle en plein essor. Louis de Funès est la star des comédies depuis les années 1960.
2
Affiche de Le Père Noël est une ordure, Jean-Marie Poiré, 1982. Gros succès au box-office, ce film est l’adaptation d’une pièce comique (1979) de la jeune troupe de café-théâtre du Splendid, qui parle de la rencontre entre des bénévoles bien-pensants de l’association SOS Détresse Amitié et des marginaux : un voisin bulgare, un couple de SDF et un travesti homosexuel rejeté par sa famille.

2
Télévision et satire politique

Le Petit Rapporteur
Bébête Show
1
Dernière émission du Petit Rapporteur sur TF1, 27 juin 1976. De gauche à droite : Pierre Bonte, Stéphane Collaro, Jacques Martin, Piem, Daniel Prévost. Ce journal satirique animé par Jacques Martin dure de 1974 à 1976. Le Gouvernement y est régulièrement ciblé.
2
Marionnettes du Bébête Show (1982‑1995, Stéphane Collaro, TF1), émission télévisée satirique de marionnettes parodiant lʼactualité politique française, en 1984. Elle dure quatre minutes et fait 30 % d’audience en moyenne.

3
Sylvie Joly se moque de la bourgeoisie

Sylvie Joly est l’une des rares femmes humoristes à cette époque. Dans ses sketchs, elle caricature la grande bourgeoisie parisienne.

[Meuglements de vaches]. Oh, c’est divin... Après tout le reste, les mondanités, les cocktails, et puis l’été la Côte d’Azur, Saint-Tropez, c’est plus tolérable... Cette année, Jean et moi, on a fui en Auvergne, au fin fond du Cantal. Une ferme au fond d’un village, d’une saleté et d’une beauté... démente ! Les femmes en noir, sans âge, édentées, portant encore des seaux d’eau... le visage creusé, ravagé, sillonné comme la terre génitrice qu’on vient de labourer... Les vieux paysans immobiles, sur leur banc de pierre moussu, ne prononçant pas un mot pendant des journées entières... [...] C’était d’un pathétique et d’une authenticité... Souvent, Jean et moi, nous nous regardions en disant « mais c’est pas possible, ça existe encore, tout ça ? ». Mais c’est merveilleux, il faut en profiter très vite !

Sylvie Joly, sketch « Le Cantal », 1977.

4
Le chômage selon Coluche

Quand j’étais petit, je voulais être chômeur. Maintenant, j’suis grand... je SUIS chômeur. [...] Moi, j’ai été remplacé par une machine avec toute l’équipe de mecs qu’on était. Ah, une machine super ! Elle fait tout le travail à notre place ! Elle le fait aussi bien que nous... sinon mieux.

Et puis, alors, la machine, ça a pas besoin de salaire, ça a pas besoin de repos, ça a pas besoin de vacances, c’est jamais malade ! [...] Parce que tout le monde gueule : « Ouais, y a trois millions de personnes qui réclament du travail... » C’est pas vrai !!! ... De l’argent leur suffirait.

Remarquez, le gouvernement s’en occupe, de l’emploi... Surtout du sien. Il s’occupe de son emploi. Il veut pas perdre sa place. [...]

Alors moi, euh, ça fait quatre ans que je suis chômeur. Alors, j’suis rentré à la maison, ma femme me dit : « Tiens, tu vois, si j’avais eu du lard, j’t’aurais fait une omelette au lard. Malheureusement, j’ai pas d’œufs ! »

Ils disent : « C’est la crise... ». Mais la crise rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. [...]

Les politiciens, moi vous savez, euh... Je les aime pas ! [...] Un homme politique, si vous voulez, c’est d’abord un homme qui s’occupe de sa carrière. Et puis une fois qu’il est arrivé à un poste assez important alors, à ce moment-là, il met du pognon de côté. Il commence à magouiller dans des affaires de gouvernement, avec des tierces personnes... [...]

Attention, moi, je suis chômeur. Mais l’Etat me paie pour résoudre la crise : Il me verse une allocation, et moi je cherche du travail... et j’en trouve pas. Et si j’en trouve, j’lui dis pas. [...] Enfin, y faut quand même pas qu’on s’plaigne !

Coluche, sketch de 1986.

5
Coluche président ?

Coluche président

On peut rire de tout...

Questions

Comparer des documents

1
Doc. 1 (⇧) , Doc. 2 (⇧) , Doc. 3 (⇧) , Doc. 4 (⇧) et Doc. 5 (⇧) Montrez qu’une jeune génération de comiques s’affirme dans les années 1970-1980.


2
Doc. 1 (⇧) , Doc. 2 (⇧) et Doc. 4 (⇧) Relevez les médias par lesquels ces comiques s’expriment.


3
Doc. 3 (⇧) , Doc. 4 (⇧) et Doc. 5 (⇧) Analysez le ton utilisé par ces nouveaux humoristes.


4
Doc. 1 (⇧) , Doc. 2 (⇧) , Doc. 3 (⇧) , Doc. 4 (⇧) et Doc. 5 (⇧) Expliquez quelles sont les questions de société ciblées par les comiques.


Question de synthèse

5
Analysez les rapports que ces humoristes entretiennent avec la politique.
Voir les réponses
Utilisation des cookies
En poursuivant votre navigation sans modifier vos paramètres, vous acceptez l'utilisation des cookies permettant le bon fonctionnement du service.
Pour plus d’informations, cliquez ici.