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9-10 novembre 1938 : la nuit de Cristal
P.68-69

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9-10 novembre 1938 : la nuit de Cristal





Après la mise en application des lois de Nuremberg mettant les Juifs en marge de la société allemande en 1935, les violences à leur encontre augmentent. Les 9 et 10 novembre, des agressions perpétrées à l’encontre des Juifs par les autorités nazies traduisent la radicalisation de l’antisémitisme du régime. Dans de nombreuses villes d'Allemagne et d'Autriche, des magasins sont pillés, des synagogues incendiées et des Juifs assassinés ou déportés dans des camps de concentration.

Carte d'Allemagne

❯ Pourquoi la nuit de Cristal constitue-t-elle un tournant dans la politique antisémite du régime nazi ?


1
Le saccage des commerces juifs à Berlin

Boutique juive pillée et détruite à Berlin, 9 novembre 1938,
photographie anonyme.

2
La violence contre les « amis des Juifs »

À partir du 11, mes fils ont été très occupés à aider des commerçants juifs à remettre leurs magasins en état. Je ne pouvais pas leur prêter main-forte car je risquais, si cela venait à se savoir, de compromettre la situation de mon mari. Je me contentais d’aller voir ces malheureux pour tâcher de leur remonter le moral. Au cours de l’une de ces visites, j’ai été surprise, en même temps que mon fils, par un policier qui a noté mon nom. Cet incident a donné lieu à un article dans le Westdeutschen Beobachter du 17 novembre 1938 sous le titre : « Traîtres au peuple : Frau Kahle et son fils ont aidé la Juive Goldstein à des travaux de rangement. »

Aussitôt après la parution de cet article, mon mari a été démis de ses fonctions et s’est vu interdire l’accès à l’université et aux locaux de la Société des orientalistes. L’accès à l’université a également été interdit à mon fils aîné. [...] Dans la nuit, notre maison a été attaquée, les vitres brisées, etc. Les auteurs de cette action – un commando de jeunes arrivés sur place en automobile – venaient vraisemblablement pour me mettre le grappin dessus mais ils n’ont pas réussi à forcer la porte d’entrée. Une voiture de police de secours s’est arrêtée ensuite brièvement devant la maison ; avant de s’éloigner, l’un des policiers qui se trouvaient à bord m’a conseillé de regarder ce qu’on nous avait laissé dans la rue. Nous avons trouvé ces mots écrits en grandes lettres : « Traîtres au peuple ! Amis des Juifs ! » et nous nous sommes employés aussitôt à les faire disparaître à grand renfort de térébenthine.

Marie Kahle, femme d’un professeur d’université allemand, témoignage publié dans le New York Times, août 1939.

3
L’incendie de la synagogue de Bielefeld

L’incendie de la synagogue de Bielefeld, 1938

Violences dans les rues allemandes


4
Une première expérience traumatique des camps de concentration

Mon mari est de retour. Subitement, il est là, mais sans cheveux ni barbe. Les cheveux repoussent à peine, grisonnants. [...] Je sais qu’ils ont tous dû signer, avant leur libération, un document par lequel ils s’engageaient à ne rien raconter. Et je ne pose pas de questions. Je vois seulement ses mains bleuies par les engelures, calleuses, écorchées. Ses mains naguère si délicates, si soignées et que ses patients aimaient tant. Des mains qui ne pouvaient pas faire mal, comme ils le disaient souvent. Et maintenant, j’ai peine à retenir mes larmes à la seule vue de ses mains. Mais je vois autre chose encore : son visage aussi a changé. Je sais qu’ils sont nombreux, ceux qui ont été torturés à mort derrière les murs, torturés à mort physiquement et moralement.

Hertha Nathorff, témoignage publié dans le New York Times, août 1939.

5
La nuit de Cristal vue de France

En attendant, la plupart des prisonniers sont conduits dans des camps de concentration, près de Weimar et Oranienburg. On évalue ce soir à 35 000 le nombre des arrestations effectuées à travers l’Allemagne, dont 8 000 à Berlin. Parmi ceux-ci ne sont pas seulement des Allemands, mais un grand nombre de Hollandais et de Polonais. Le pogrom s’est étendu hier au territoire des Sudètes nouvellement annexé ; les synagogues de Reichenberg et de Galbus ont été incendiées. Les démonstrations nazies continuent à Munich. De nouvelles arrestations ont été effectuées. On estime que environ mille Juifs sont maintenant en état d’arrestation. Quelques-uns ont été envoyés au camp de concentration de Dachau, mais la plupart d’entre eux sont retenus au quartier de la police à Munich. Les Juifs ont été chassés de leurs maisons et beaucoup parmi eux, des hommes et des femmes âgés et des enfants, ont dû passer la nuit dans les parcs et les bois. Un destin semblable attend des milliers d’autres israélites, étant donné que l’ordre d’expulsion expire à minuit, et qu’ils n’ont ni passeport ni ressources pour pouvoir quitter le pays.

« L’Allemagne va-t-elle confisquer les biens de la population juive et établir des ghettos ? », Le Figaro, 12 novembre 1938.

Questions

Mettre en relation des faits

1
Doc. 1 (⇧) et Doc. 3 (⇧) Indiquez quels sont les moyens utilisés par les autorités nazies contre les Juifs lors de la nuit de Cristal.


2
Doc. 2 (⇧) Relevez les actes de résistance de certains Allemands le jour du pogrom de la nuit de Cristal.


3
Doc. 2 (⇧) Doc. 4 (⇧) et Doc. 5 (⇧) Expliquez comment l’antisémitisme se radicalise après la nuit de Cristal.


Question de synthèse

4
Répondez à la problématique en utilisant les termes « antisémitisme », « violences » et « camps de concentration ».
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