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3 - Les mots de la poésie et du théâtre
P.251-253

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Fiche lexique


3 - Les mots de la poésie et du théâtre





Leçon

LE LEXIQUE DE LA POÉSIE

Les vers

Déterminer la longueur d’un vers
Pour déterminer la longueur d’un vers, il faut compter le nombre de syllabes qui le composent. > Je/par/ti/rai./Je/sais/que/tu/m’a/ttends. (Victor Hugo, « Demain dès l’aube ») Ce vers comporte douze syllabes.
Attention au e en fin de mot :
  • Il compte pour une syllabe quand il est entre deux consonnes.
  • Mais il ne compte pas :
    • quand il est devant une voyelle ou un h muet 
    • à la fin d'un vers, y compris pour les mots qui se terminent par -es ou -ent.
> Heureuse la beauté que le poèt(e) ador(e) ! (Alphonse de Lamartine, « À Elvire »)
Diérèse et synérèse
  • Certains mots ont deux sons vocaliques qui se suivent.
    • On les prononce en diérèse quand on les lit en deux syllabes. > nu-it, mu-et
    • On les prononce en synérèse quand on les lit en une seule syllabe. nuit, muet
  • Le choix de les lire en diérèse ou en synérèse dépend du rythme du poème, c’est-à-dire de la longueur des autres vers. Cela permet souvent d’insister sur un mot.

Les différents types de vers

  • Les vers les plus utilisés sont les vers pairs, notamment les vers longs.
3 syllabes = trisyllabe  6 syllabes = hexasyllabe  10 syllabes = décasyllabe
5 syllabes = pentasyllabe 8 syllabes = octosyllabe 12 syllabes = alexandrin

Les strophes

Les strophes les plus courantes sont :
2 vers = un distique 4 vers = un quatrain 8 vers = un huitain
3 vers = un tercet 6 vers = un sizain 10 vers = un dizain

Les rimes

Les rimes vont par deux et sont disposées selon trois combinaisons possibles :
  • Rimes suivies (ou « plates ») : AABB
  • Rimes croisées (ou « alternées ») : ABAB
  • Rimes embrassées : ABBA

L'alternance des rimes
  • La rime est féminine si elle se termine par un -e- muet (orthographié -e, -es ou -ent).
  • La rime est masculine quand elle s’achève par une autre lettre.
Dans la poésie classique, les rimes doivent alterner : si la rime A est féminine, la rime B doit être masculine.
Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle, (A)
Assise auprès du feu, dévidant et filant,                      (B)
Direz, chantant mes vers en vous émerveillant :          (B)
« Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle ».  (A) Pierre de Ronsard, « Quand vous serez bien vieille... », Sonnets pour Hélène, 1578.
La richesse des rimes
La richesse d’une rime se définit par le nombre de sons identiques que l’on entend à la fin des deux vers.
  • Les rimes pauvres ont un seul son en commun : doux/poux
  • Les rimes suffisantes ont deux sons en commun : nei-ges/sacrilè-ges
  • Les rimes riches possèdent au moins trois sons en commun : a-r-mes/la-r-mes
ATTENTION : deux sons identiques peuvent s’écrire différemment. (Voir p. 257 pour les figures de répétitions,
et p. 346 pour les homophones)

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Exercice 1

Ai-je bien compris la leçon ?

1
1. Pour compter la longueur d’un vers, il faut compter le nombre de lettres qui le composent.







2
2. Lire deux sons vocaliques qui se suivent en deux syllabes, c’est faire une diérèse.







3
3. Une strophe de huit vers s’appelle un octosyllabe.







4
4. Une rime féminine se termine par un mot féminin.







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Exercice 2

Consigne
Pour chacun des extraits ci-contre, nommez le type de strophe et de vers utilisés.

Extrait 1 :
On leur fait des sonnets, passables quelquefois ;
On baise cette main qu’elles daignent vous tendre ;
On les suit à l’église, on les admire au bois ;
On redevient Damis, on redevient Clitandre ;
V. Hugo, « Jolies femmes », 1870.

Extrait 2 :
– Ton cœur bat-il toujours à mon seul nom ?
Toujours vois-tu mon âme en rêve ? – Non.
P. Verlaine, « Les coquillages », Fêtes galantes, 1869.

Extrait 3 :
Ni vu ni connu
Je suis le parfum
Vivant et défunt
Dans le vent venu !
Paul Valéry, « Le Sylphe », Charmes, 1922.




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Exercice 3

1
Copiez la strophe d’Hugo de l'exercice 2 ci-dessus (). Mettez entre crochets les -e- muets qui se prononcent et entre parenthèses ceux qui ne se prononcent pas.



2
L’alternance des rimes masculines et féminines est-elle respectée ?



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Exercice 4

Consigne
Parmi les alexandrins ci-contre : a) identifiez les -e- muets qui se prononcent et ceux qui ne se prononcent pas. b) repérez les diérèses et les synérèses.


1. Meurtriers de votre sang, appréhendez ce juge. (Agrippa d’Aubigné)
2. Va te purifier dans l’air supérieur. (Charles Baudelaire)
3. Le violon frémit comme un cœur qu’on afflige. (Charles Baudelaire)
4. Regrettant mon amour et votre fier dédain. (Pierre de Ronsard)



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Exercice 5

Consigne
a) Copiez cette strophe puis soulignez tous les -e- muets qui se prononcent. b) Quels sont les différents types de vers utilisés par le poète ?

Oui, l’Anio murmure encore
Le doux nom de Cynthie aux rochers de Tibur,
Vaucluse a retenu le nom chéri de Laure,
Et Ferrare au siècle futur
Murmurera toujours celui d’Éléonore !
Heureuse la beauté que le poète adore !
Heureux le nom qu’il a chanté !


A. de Lamartine, « À Elvire », Méditations poétiques, 1820.




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Exercice 6

Consigne
Retrouvez la mise en page de ce sonnet en alexandrins en vous servant du nombre de syllabes et de l’alternance des rimes. Un sonnet est composé de deux quatrains puis de deux tercets.

La rue assourdissante autour de moi hurlait. Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse, une femme passa, d’une main fastueuse soulevant, balançant le feston et l’ourlet ; agile et noble, avec sa jambe de statue. Moi, je buvais, crispé comme un extravagant, dans son œil, ciel livide où germe l’ouragan, la douceur qui fascine et le plaisir qui tue. Un éclair... puis la nuit ! – Fugitive beauté dont le regard m’a fait soudainement renaître, ne te verrai-je plus que dans l’éternité ? Ail- leurs, bien loin d’ici ! trop tard ! jamais peut-être ! Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais, ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais !


C. Baudelaire, « À une passante », Les Fleurs du mal, 1857.




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Écrire

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Exercice 7

En vous inspirant du poème de Baudelaire (Exercice 5 ), écrivez deux quatrains racontant une rencontre fugitive.

Consigne
Vous utiliserez des rimes embrassées, en tenant compte de l’alternance des rimes masculines et féminines.



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Leçon

LE LEXIQUE DU THÉÂTRE

Didascalies et répliques

Dans un texte théâtral, on peut distinguer deux types d’énoncés :
  • les didascalies, parties du texte qui ne sont pas destinées à être prononcées (indications de changements d’actes et de scènes, indications sur le jeu des acteurs : gestes, ton, etc.).
  • Les répliques (prises de parole des personnages), qui sont destinées à être prononcées sur scène.

Les différents types de répliques

  • Une tirade est une réplique longue.
    La tirade ralentit le rythme de l’intrigue ; cela correspond à un moment important où l’attention est centrée sur un personnage qui développe ses pensées.
  • Un monologue est une tirade prononcée par un personnage seul sur scène.
    Au théâtre, le spectateur ne peut connaitre les pensées d’un personnage que si celui- ci les exprime à voix haute.
  • Un aparté est une réplique prononcée « à part »
    (pour qu’elle soit entendue par un personnage mais pas par un autre, ou alors quand elle n’est pas adressée aux autres personnages mais aux spectateurs).
  • La stichomythie est une succession de répliques brèves.
    Elle crée un rythme très rapide, dynamique, qui convient bien aux scènes d’affrontement entre deux personnages.

(Voir p. 256 pour les figures d'amplification)

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Exercice 8

Consigne
Classez ces types d’énoncés, selon qu’ils sont destinés à être prononcés sur scène ou non.

  • Tirade.
  • Aparté.
  • Indications pour le jeu des acteurs.
  • Monologue.
  • Liste des personnages.
  • Indications sur le décor.
Prononcé sur scène Non prononcé sur scène


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Exercice 9


Route à la campagne, avec arbre. Soir. Estragon, assis sur une pierre, essaie d’enlever sa chaussure. Il s’y acharne des deux mains, en ahanant. Il s’arrête, à bout de forces, se repose en haletant, recommence. Même jeu. Entre Vladimir. 
ESTRAGON, renonçant à nouveau. – Rien à faire.
VLADIMIR, s’approchant à petits pas raides, les jambes écartées. – Je commence à le croire. Il s’immobilise. J’ai longtemps résisté à cette pensée, en me disant, Vladimir, sois raisonnable, tu n’as pas encore tout essayé. Et je reprenais le combat. Il se recueille, songeant au combat. À Estragon. – Alors, te revoilà, toi.


S. Beckett, En attendant Godot, 1952.


1
Relevez les didascalies de ce texte.



2
Classez-les en différentes catégories selon ce qu’elles indiquent (décor, action, noms des personnages...)



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Exercice 10



  Chimène
Va, laisse-moi mourir.
  Don Rodrigue
Quatre mots seulement :
Après, ne me réponds qu’avec cette épée.
  Chimène
Quoi ! du sang de mon père encor toute trempée !
  Don Rodrigue
Ma Chimène...
  Chimène
Ôte-moi cet objet odieux,
Qui reproche ton crime et ta vie à mes yeux.


P. Corneille, Le Cid, 1637.


1
Lisez le texte ci-dessus. Quel type de vers est utilisé ? Conseil : Aidez-vous des rimes.



2
Que remarquez-vous concernant le découpage des vers ?



3
Repérez une diérèse



4
Comment s’appelle ce type d’énoncé au théâtre ? Quel rythme crée-t-il ?



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Écrire

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Exercice 11


Consigne
Écrivez un dialogue comique de dispute entre deux personnages, sous la forme d’une stichomythie. Il devra faire au moins quinze lignes et comporter au moins un aparté.



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