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23 - La cohérence du texte
P.68-70

Exercices


23 - La cohérence du texte




La cohérence du texte

Un texte n’est pas une simple succession de phrases. Pour assurer sa cohérence, il doit reprendre régulièrement des informations déjà données à l’aide de reprises nominales ou pronominales, et apporter de nouvelles informations pour permettre une progression.

Lantier aperçoit un mineur. Lantier s’approche du mineur. Le mineur remarque Lantier. Le mineur sourit à Lantier.

Les reprises nominales et pronominales

  • Un groupe nominal ou un pronom peut, dans un texte, reprendre un autre groupe de mots déjà utilisé. C’est ce qu’on appelle les reprises nominales ou pronominales.
  • Ces reprises permettent d’éviter les répétitions et de rendre le texte plus cohérent.

Les reprises pronominales
Certains pronoms, appelés « pronoms de reprise » reprennent des mots ou des groupes de mots déjà cités dans le texte. Il peut s’agir :
  • de pronoms personnels de la 3e personne   
  > Julien vit Aaliyah, assise en face de lui.
  • de pronoms démonstratifs  
  > Il n’osa pas l’interpeler. Ce n’était pas dans ses habitudes.
  • de pronoms possessifs   
  > Aaliyah portait un pull qui n’était pas le sien.
  • de pronoms relatifs   
  > Le pull qu’elle portait lui avait été prêté par Coline.
  • de pronoms adverbiaux   
  > Une place se libéra à côté de Aaliyah, Julien s’y assit.

Les reprises nominales
Ce sont des noms ou GN qui reprennent des éléments dont on a déjà parlé. Il peut s’agir :
  • du même nom, précédé d’un déterminant plus précis.   
  > Sofia possédait une voiture. Cette voiture n’était plus toute jeune, mais elle nous permettait de partir en virée.
  • D’un synonyme.   
  > Voiture : automobile.
  • D’un mot générique (mot de sens plus large).   
  > Voiture : véhicule.
  • D’une périphrase, c’est-à-dire d’un groupe nominal désignant de manière indirecte un être ou une chose en donnant ses caractéristiques.   
  > Ta voiture : ton vieux tas de ferraille (périphrase péjorative) ou ton petit bolide (périphrase méliorative)

(Voir p. 244 pour les pronoms)

Arthur percevait très nettement la solitude du jardin, et son silence ; pourtant il avait le sentiment de ne pas être seul. Aussi, le jeune promeneur ne fut-il pas trop effrayé lorsqu’une voix, sortant de l’ombre épaisse d’un arbre gigantesque, lui chuchota : « Voulez-vous me donner du feu, monsieur ? »
« Certainement », répondit-il, en essayant, sans y arriver, de distinguer le visage de son interlocuteur.
Celui-ci s’avança, et le jeune homme lui tendit son briquet. La seule chose qu’il pouvait conclure au sujet de l’individu qui venait de lui adresser la parole, était qu’il devait être de très petite taille, car Arthur dut singulièrement se pencher pour lui présenter l’objet demandé.
L’inconnu rendit le briquet, en marmonnant un vague remerciement à l’intention du jeune homme, et celui-ci dut chercher l’objet à tâtons dans l’obscurité.


D’après F. J. O’Brien, La Chambre perdue, 1858.

1. Les voisins sont rentrés, je les ai croisés.
2. Mes parents ont laissé mon frère partir en vacances avec mes cousins, car ils lui font confiance.
3. J’ai cherché des allumettes dans les placards, mais je n’en ai pas trouvé.
4. Tom ne pourra pas venir nous aider ce soir. Ce n’est pas grave.
5. Yanis s’est rendu chez Loïc : celui-ci lui avait demandé de passer.
6. Delphine prendra ton vélo, et Rayan le mien.

Jim est poursuivi par des pirates. Mais dans sa fuite, le jeune garçon fait une rencontre étonnante.

Jim leva les yeux et crut voir une forme furtive se glisser derrière un tronc de sapin. Qu’était-ce donc ? Il lui sembla que la créature était noire et velue.
La terreur paralysait le jeune garçon. Il se voyait perdu : derrière lui, les assassins et devant, cet être mystérieux ! Finalement, préférant les pirates qu’il connaissait à cet habitant des bois, Jim rebroussa chemin. Mais l’être inconnu, après avoir fait un grand détour, reparut devant lui et lui barra la route. Impossible de lutter avec cet adversaire : il courait d’arbre en arbre comme un daim, quoiqu’il n’eût que deux jambes. 
Jim se remémora alors des histoires de cannibales et songea qu’il avait un pistolet. Aussitôt le courage lui revint. Il fit volte-face et marcha droit vers son poursuivant. Celui-ci s’était caché derrière un tronc d’arbre. Il parut hésiter en voyant Jim venir à lui, puis s’avança et se jeta à genoux en tendant des mains suppliantes.


R. L. Stevenson, L’Île au trésor, 1883.

1. Lilou a beaucoup apprécié son voyage en Grèce. Elle retournera en Grèce (pronom adverbial) l’année prochaine.
2. Elle a découvert les temples antiques. On lui avait parlé des temples antiques (pronom relatif).
3. Des amis l’ont hébergée sur place. Elle a logé chez ces amis (pronom personnel) pendant une semaine.
4. Marc n’a pas pu partir en vacances. Il est contrarié de ne pas avoir pu partir en vacances (pronom adverbial).
5. Bérénice a rapporté un souvenir à Romain ; elle a donné ce souvenir (pronom personnel) à Romain (pronom personnel) à son retour de vacances.

1. Un sanglier a été intercepté à la gare. Le sanglier était entré dans la gare en suivant les voies ferrées.
2. Ma grand-mère est allée voir un ophtalmologue pour ses problèmes de vue. L’ophtalmologue a proposé de l’opérer.
3. Le grenier est envahi de souris. Mes parents ne parviennent pas à se débarrasser de ces souris.
4. Notre professeur nous a demandé de lire un roman de Victor Hugo. J’apprécie beaucoup l’œuvre de Victor Hugo.
5. Pierre a été sanctionné pour ses bavardages. Pierre devra passer son mercredi après-midi au collège.

1. J’ai déjà vu ce film. Je n’ai pas envie de revoir ce navet.
2. Sofiane a invité Maxime. Il espère que son camarade sera content de son après-midi.
3. J’ai visité une maison à louer, mais je ne me voyais pas vivre dans ce taudis.
4. Cosette sortit chercher de l’eau. La malheureuse enfant devait se rendre dans la forêt.
5. Cassandra m’a présenté son cousin mais je n’ai aucune envie de revoir ce garçon prétentieux.
6. Axel a présenté Kenza à ses parents, qui ont été ravis de faire la connaissance de cette charmante jeune fille.

Le thème et le propos

Quand un locuteur parle, il doit faire progresser son texte ou son discours. On nomme thème ce dont on parle, et propos ce qu’on dit de nouveau par rapport au thème. > Mon grand-père (thème) aime raconter des histoires qui font peur. (propos) Le thème est souvent le sujet grammatical de la phrase. Un locuteur peut choisir entre trois types de progressions pour faire avancer son texte.

La progression à thème constant
Le même thème est repris d’une phrase à l’autre (à l’aide d’une reprise nominale ou pronominale), mais avec un propos différent. > Mon grand-père (thème) aime raconter des histoires qui font peur. (propos)
> Il (thème) semble se délecter de l’effroi qui se lit sur mon visage. (propos)
La progression à thème linéaire
Le propos d’une phrase devient le thème de la phrase suivante. > Mon grand-père (thème) aime raconter des histoires qui font peur. (propos)
> Ses histoires traitent souvent de revenants, de fantômes et d’animaux fantastiques. Le propos de la phrase précédente devient le nouveau thème.

La progression à thème éclaté
Un thème central est choisi et les thèmes de chaque phrase représentent un élément particulier de ce thème choisi. > Le visage de mon grand-père (thème) s’anime lorsqu’il parle.
> Ses yeux (thème 1) se plissent de plaisir, son nez (thème 2) frémit et ses lèvres (thème 3) s’étirent en un fin sourire à peine perceptible.

A. Félicie lui sembla bien conservée. Sa peau paraissait lisse. Ses joues étaient roses et fraîches. Ses cheveux formaient des bandeaux noirs qui encadraient son visage.

B. Félicie trônait au centre de la boutique. Elle recevait l’argent des clientes qui défilaient devant sa caisse. Elle prenait le temps d’échanger quelques mots avec chacune.


D’après É. Zola, Jacques Damour, 1880.

1. La forêt terrorisait Cosette. De grands branchages s’y dressaient affreusement. Des buissons chétifs et difformes sifflaient dans les clairières. Les hautes herbes fourmillaient sous la bise comme des anguilles.

2. Thénardier était un homme petit, maigre, blême, osseux. Il souriait habituellement par précaution. Il était poli avec tout le monde. Il avait le regard d’une fouine.


D’après V. Hugo, Les Misérables, 1862.

C’était un homme de taille moyenne, trapu et robuste, dans la force de l’âge. Il portait une casquette à visière de cuir rabattue qui cachait en partie son visage brulé par le soleil. Il était vêtu d’une chemise de grosse toile jaune qui laissait voir sa poitrine velue. Il avait un pantalon de coutil bleu usé et râpé, blanc à un genou, troué à l’autre. Il portait une vieille blouse grise en haillons, rapiécée à l’un des coudes.
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Exercice 1

Graphique lié à l'exercice undefined
1
1. Est-ce agréable de lire cet extrait ainsi ? Pourquoi ?



2
2. Que peut-on faire pour améliorer ce texte ?



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Exercice 2

Ai-je bien compris la leçon ?

1
1. Un mot générique est un mot







2
Parmi les mots ou groupes de mots suivants, lequel est un synonyme du mot « marin » ? Lequel est un mot générique ? Lequel est une périphrase ?

synonyme du mot marin mot générique une périphrase
{(select)} {(select)} {(select)}




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Exercice 3

1
Indiquez quel mot (ou groupe de mots) est repris par chaque pronom en gras, puis donnez la classe grammaticale de ce pronom.



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Exercice 4

1
Indiquez à quel personnage renvoie chaque mot ou groupe de mots en gras.



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Exercice 5

1
Relevez toutes les reprises qui désignent le mystérieux poursuivant de Jim et précisez si il s'agit de reprises pronominales ou nominales.



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Exercice 6

1
Évitez la répétition des groupes de mots en gras, en utilisant un pronom qui appartient à la classe grammaticale indiquée entre parenthèses.



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Exercice 7

1
Éliminez les répétitions en gras en utilisant dans chaque phrase une reprise nominale, puis indiquez s’il s’agit d’un synonyme, d’un mot générique ou d’une périphrase.



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Exercice 8

1
Pour chacune des reprises en gras, indiquez quelle information supplémentaire elle apporte par rapport au groupe nominal qu’elle reprend.



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Exercice 9

Graphique lié à l'exercice undefined
1
a) Résumez l’un des livres que vous avez lus cette année, en employant au moins une fois chaque type de reprises pronominales et nominales indiqué dans la leçon. b) Prenez le texte de votre voisin, et pour chaque reprise nominale ou pronominale, indiquez sa classe grammaticale (pronom démonstratif, nom générique, etc) et précisez ce qu’elle reprend.



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Exercice 10

1
1. Selon vous, pourquoi appelle-t-on « thème » les mots en gras ?



2
2. Dans quel exemple le thème est-il le même d’une phrase à l’autre ?



3
3. Dans quel exemple le thème est-il décomposé en plusieurs catégories ?



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Exercice 11

1
Pour chaque ensemble de phrases, précisez quelle progression thématique est employée.



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Exercice 12

1
Réécrivez ce portrait en utilisant une progression à thème éclaté.



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