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5 - Les figures de style
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5 - Les figures de style





Les figures de style consistent à dire les choses autrement, de manière plus expressive.

La comparaison rapproche un élément d’un autre à l’aide d’un outil de comparaison (comme, tel, ainsi que, plus... que, autant que, semblable à, etc.). Paul est doux comme un agneau
La métaphore rapproche un élément d’un autre directement, sans outil de comparaison. C’est un agneau ! Quand la métaphore se développe sur plusieurs lignes ou vers, on dit qu’elle est « filée ».
La personnification prête des caractéristiques humaines à un élément inanimé ou un animal.
Le crépuscule ami s’endort dans la vallée. (A. de Vigny, « La maison du berger »)
Une allégorie représente de manière concrète une réalité abstraite.
Cupidon est une allégorie de l’amour : les yeux bandés représentent l’aveuglement de l’amour, la flèche représente la blessure de l’amour.
Une métonymie remplace un mot par un autre selon un lien logique (contenu/contenant ; œuvre/auteur ; partie/tout, matière/objet, etc.).
Boire un verre. Croiser le fer.
La périphrase remplace un mot par une expression de même sens.
Il maitrise parfaitement la langue de Shakespeare. (= l’anglais)

L’antithèse rapproche deux éléments opposés pour souligner un contraste.
Je vis, je meurs, je me brûle et me noie. (L. Labé)
Un oxymore oppose deux mots juxtaposés.
Le soleil noir de la mélancolie (G. de Nerval, « El Desdichado »)
L’antiphrase consiste à dire le contraire de ce que l’on veut vraiment exprimer ; elle est souvent ironique.
Prends ton temps surtout, hein ! = dépêche toi !

1. Je suis perdu, je suis assassiné, on m’a coupé la gorge. (Molière)
2. Il faut laisser maisons et vergers et jardins. (P. de Ronsard)
3. Marchez, courez, volez où l’honneur vous appelle. (N. Boileau)
4. Les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons, formaient une harmonie telle qu’il n’y en eut jamais en enfer. (Voltaire)

1. Nos deux cœurs seront deux vastes flambeaux. (Ch. Baudelaire)
2. Son regard est pareil au regard des statues. (P. Verlaine)
3. C’était une nuit d’hiver au ciel brouillé, d’un noir de suie. (É. Zola)
4. Paris allumé s’était endormi. (É. Zola)
5. Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie. (A. de Lamartine)
6. Sur les rivages duvetés de ta chevelure je m’enivre des odeurs combinées du goudron, du musc et de l’huile de coco. (Ch. Baudelaire)
7. Je vis les arbres s’éloigner en agitant leurs bras désespérés. (M. Proust)
8. Dieu fasse que ma complainte aille, tambour battant, / Lui parler de la pluie, lui parler du gros temps. (G. Brassens)

Les figures d’amplification et d’atténuation

L’hyperbole exagère, amplifie la réalité.
Je meurs de soif.
L’accumulation consiste à énumérer des éléments pour donner une impression de grande quantité ou pour insister sur un aspect.
Des liquides rouges, jaunes, verts, bruns, de toutes les nuances.(G. de Maupassant, Bel-Ami)
La gradation est une succession d’éléments ordonnés de manière croissante ou décroissante.
Va, cours, vole et nous venge. (P. Corneille, Le Cid)
L’euphémisme  atténue un propos désagréable ou choquant.
Il nous a quittés. (= il est mort)
 La litote  consiste à dire moins pour suggérer plus. Va, je ne te hais point. (= je t’aime) (P. Corneille, Le Cid)
Au contraire de l’euphémisme, la litote n’a pas pour but d’atténuer le propos, mais de lui donner plus de force : on atténue ce qu’on dit pour ampli er ce que l’on veut dire.

(Voir p. 304 pour la modalisation,
et p. 304 pour l'implicite et l'explicite)

Les figures de répétition

L’anaphore est une répétition en début de phrase, de proposition ou de vers.
Elle permet de mettre en valeur ce qui est répété ou de donner du rythme.
Toujours aimer, toujours souffrir, toujours mourir. (P. Corneille, Suréna)
L’assonance consiste à répéter un son voyelle ; il s’agit d’une gure musicale, sonore.
Tout m’afflige et me nuit et conspire à me nuire. (J. Racine, Phèdre)
L’allitération consiste à répéter un son consonne ; il s’agit d’une figure musicale, sonore.
Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes. (J. Racine, Andromaque)
La paronomase consiste à rapprocher des mots qui ont des sonorités identiques ou similaires.
Elle est très utilisée dans le rap et le slam.
Il pleure dans mon cœur comme il pleut sur la ville. (P. Verlaine, Romances sans paroles)

(Voir p. 346 pour les homophones)

1. Si je reprends une part de gâteau, je vais prendre dix kilos.
2. J’ai eu 18/20 en français, je ne m’en suis pas trop mal sorti.
3. Plus on habite près du collège et moins on arrive à l’heure.
4. Dans ce roman, les personnages ont croisé le fer pour sauver la princesse.
5. Tu as encore cassé un verre ? Les parents vont être contents !
6. Cette journée a été épuisante : je suis morte de fatigue.
7. Au paradis, les derniers seront les premiers.
8. Tes yeux sont des étoiles dans la nuit.

1. Le vent hurlait entre les arbres.
2. La Liberté guidera toujours le peuple.
3. Les sanglots des violons magnifiaient la musique.
4. La lumière du phare guidait les naufragés.
5. Cupidon tira sa flèche : il tomba amoureux d’elle.
6. La honte le tenaillait : il ne savait plus où se mettre.
7. On entendait le chant de la rivière depuis la maison.
8. Le désespoir l’avait envahi : il planta son drapeau noir sur son crâne.

Et d’étranges rêves
Comme des soleils
Couchants, sur les grèves,
Fantômes vermeils,
Défilent sans trêves,
Défilent, pareils
À de grands soleils
Couchants sur les grèves.


P. Verlaine, Poèmes saturniens, 1866.

Et puis il disparaît
Bouffé par l’escalier
Et elle elle reste là
Cœur en croix bouche ouverte
Sans un cri sans un mot
Elle connaît sa mort
Elle vient de la croiser [...]
Ses bras vont jusqu’à terre
Ça y est elle a mille ans


Jacques Brel, « Orly », 1977.

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.


Victor Hugo, « Demain dès l’aube », Les Contemplations, 1856.

Le vent sonna plus profond ; sa voix s’abaissait puis montait. Des arbres parlèrent ; au-dessus des arbres le vent passa en ronflant sourdement. Il y avait des moments de grand silence, puis les chênes parlaient, puis les saules, puis les aulnes ; les peupliers sifflaient de gauche et de droite comme des queues de chevaux, puis tout d’un coup ils se taisaient tous. Alors la nuit gémissait tout doucement au fond du silence. Il faisait un froid serré. [...] Un frémissement de lumière grise coula sur la cime des arbres depuis le fond du val jusqu’aux abords du grand pic où la forêt finissait. On l’entendait là-haut battre contre le rocher. Le rocher s’éclaira. Il n’y avait pas de lumière dans le ciel, seulement là-bas vers l’est une blessure violette pleine de nuages. La lumière venait de la colline. Sortie la première de la nuit, noire comme une charbonnière, elle lançait une lumière douce vers le ciel plat ; la lumière retombait sur la terre avec un petit gémissement, elle sautait vers le rocher, il la lançait sur des collines rondes qui, tout de suite, sortaient de la nuit avec leurs dos forestiers. L’ombre coulait entre les bosquets et les coteaux, dans les vallons, le long des talus, derrière le grillage des lisières.


Jean Giono, Le Chant du monde, 1934.

1. Innocents dans un bagne, anges dans un enfer. (V. Hugo)
2. La mélancolie / Berce de doux chants / Mon cœur qui s’oublie. (P. Verlaine)
3. C’était, dans la nuit brune, / Sur le clocher jauni, / La lune / Comme un point sur un i. (A. de Musset)
4. L’époux d’une jeune beauté / Partait pour l’autre monde. (J. de La Fontaine)
5. Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle. (Ch. Baudelaire)
6. La rue assourdissante autour de moi hurlait. (Ch. Baudelaire)
7. La lune, galet du ciel. (M. Tournier)
8. Un Loup n’avait que les os et la peau (J. de La Fontaine)
9. Le sinistre Océan jette son noir sanglot (V. Hugo)

1. Il a encore oublié de mettre le couvert ! J’ai deux mots à lui dire.
2. Ton grand-oncle nous a quittés.
3. Lors du combat de boxe, il aurait perdu des litres de sang.
4. Achète des pâtes : nous ne sommes pas bien riches en ce moment.
5. Ce vieux monsieur ne savait pas où allait, c’était un non-voyant.
6. Ce gratin dauphinois n’est pas mauvais !
7. Ce gâteau est délicieux, je pourrais en manger dix !
8. Ce garçon n’est pas bête.
9. Ce gladiateur a réduit en miettes son ennemi.
10. La poubelle s’est renversée : ça ne sent pas la rose ici !
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Exercice 1

Ai-je bien compris la leçon ?

1
Une métonymie rapproche deux mots qui ont des sons identiques ou similaires.







2
Une antithèse est un procédé d’ironie.







3
Une hyperbole consiste à exagérer un propos.







4
Un euphémisme est une figure d’amplification.







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Exercice 2

1
Classez les exemples suivants en trois catégories de figures d’amplification : hyperboles, accumulations, gradations.

Hyperboles Acuumulations Gradations




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Exercice 3

1
Dans chacune des phrases ci-contre, identifiez la figure de style utilisée.



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Exercice 4

1
Identifiez les figures de style présentes dans ces phrases de la vie quotidienne : une métaphore, une hyperbole, une antithèse, une litote, une antiphrase ou une métonymie.



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Exercice 5

1
Ces phrases comportent-elles une allégorie ou une personnification ?



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Exercice 6

1
Identifiez une comparaison, une métaphore et une personnification dans cet extrait.



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Exercice 7

1
Dans l’extrait suivant, relevez a) une hyperbole b) une personnification c) une métaphore.



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Exercice 8

1
Dans le poème suivant, relevez a) une comparaison b) une métaphore c) une anaphore d) une métonymie.



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Exercice 9

1
Identifiez la figure de style présente dans chacun des extraits suivants.



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Exercice 10

1
Les phrases ci-contre emploient-elles une figure d’atténuation ou d’amplification ? Précisez la figure de style utilisée.



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Exercice 11

1
a) Dans l’extrait suivant, relevez au moins quatre figures de style différentes. b) Quelle est la figure de style dominante ?



2
c) Est-ce étonnant vu le titre de l’œuvre ? d) Quel est l’effet de ces figures de style ? Quelle impression créent-elles ?



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Exercice 12

À la manière de Jean Giono, décrivez un lieu de manière poétique en employant diverses figures de style.

1
Comme Giono, vous chercherez à donner vie au lieu.



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