Chargement de l'audio en cours
Plus

Plus

24 - Le statut du narrateur et les points de vue
P.465

Fiche grammaire


24 - Le statut du narrateur et les points de vue





Réviser

Voir les réponses

Exercice 1

A. L’homme s’arrête si brusquement sur le trottoir que la femme qui le suit l’évite de peu. Il tient à la main un petit papier coloré qu’il ne quitte pas des yeux.
B. Ce matin-là, je venais d’acheter un ticket de jeu chez le buraliste, en bas de chez moi. J’ai gratté les cases rapidement, avant de jeter un coup d’œil dessus. Il m’a fallu un moment pour
comprendre que j’avais gagné.
C. Ce matin-là, lorsqu’il entra dans le bureau de tabac situé au bas de son immeuble, Luc ignorait encore que sa vie allait basculer. Il acheta un ticket à gratter, en frotta la surface du bout de l’ongle et, tout en se dirigeant vers l’entrée de métro la plus proche, compara entre eux les dessins qui étaient apparus.


1
Dans quel(s) extrait(s) le narrateur fait-il partie de l’histoire ?



2
Dans quel extrait le narrateur connait-il tout de l’histoire et de son personnage ?



3
Dans quel extrait le narrateur se contente-t-il de raconter la scène de manière neutre, objective, comme s’il était un passant qui témoigne ?


Ex. 1 Un ticket gagnant

Leçon

Narrateur et points de vue narratifs

  • Le narrateur peut être un personnage de l’histoire, ou peut être extérieur à l’histoire.
  • Il choisit un angle de vue pour raconter une scène, comme un réalisateur choisit de placer sa caméra ici ou là.
  • Identifier le point de vue narratif, c’est répondre à la question : « Que sait le narrateur ? »

Le point de vue interne

  • On dit que le point de vue est interne quand le narrateur est un personnage de l’histoire ou qu’il adopte le point de vue d’un personnage de l’histoire – comme quand, au cinéma, la caméra montre ce que voit un personnage.
  • On voit ce que le personnage voit, on entend ce qu’il entend, on sait ce qu’il pense. Mais on ne voit, n'entend ou ne sait rien de plus que lui.
> Alors j’entendis distinctement les mêmes pas lourds, le même craquement de l’escalier que j’avais entendus avant de m’endormir. Cela me parut singulier. (Prosper Mérimée, La Vénus d’Ille, 1837) : le narrateur est un personnage. > Alors il entendit distinctement les mêmes pas lourds, le même craquement de l’escalier qu’il avait entendus avant de s’endormir. Cela lui parut singulier. : le narrateur adopte le point de vue d’un personnage.

Le point de vue externe

  • On dit que le point de vue est externe quand la scène est décrite comme si elle était vue par un simple témoin extérieur.
  • Le narrateur raconte de manière neutre. La scène semble se dérouler toute seule.
  • Avec un point de vue externe, on entend ce que les personnages disent, on voit ce qu’ils font, mais on ne sait rien de ce qu’ils pensent.
> Le premier homme s’arrêta net dans la clairière, et son compagnon manqua de lui  tomber dessus. Il enleva son chapeau et en essuya le cuir avec l’index qu’il fit claquer pour en égoutter la sueur. (John Steinbeck, Des souris et des hommes, 1937)

Le point de vue omniscient

  • On dit que le point de vue est omniscient quand le narrateur est extérieur à l’histoire mais qu’il sait tout (omnis = tout et sciens = sachant).
> Pendant un instant – et ce fut la dernière fois – il fut un petit garçon doux, tendre et malheureux. (Dino Buzzati, « Pauvre petit garçon », Le K, 1966)
Résumons :
  • point de vue interne : on en sait autant qu’un personnage ;
  • point de vue externe : on en sait moins que les personnages ;
  • point de vue omniscient : on en sait plus que les personnages.
REMARQUE : Il est rare qu’un récit soit entièrement rédigé selon le même point de vue.

S'exercer

Voir les réponses

Exercice 2

Consigne
Dites quel point de vue est adopté dans chaque texte. Justifiez vos réponses en vous appuyant sur des citations précises.

Un curé traverse la route en portant une pendule. Un canon anglais passe au grand galop, les chevaux fouettés par les artilleurs français. Un colonel nu-tête fait ses grands pas dans l’herbe. De sa main gauche il tient une boîte de sardines ouverte. Il trempe le pain dans l’huile et il pompe à pleine bouche.


J. Giono, Le Grand Troupeau, 1931.


À des kilomètres à la ronde, la plage était déserte. À l’exception, toutefois, de deux individus. L’un était Georges Smith, sa serviette de bain sur l’épaule, rendant au soleil une ultime dévotion. À l’autre extrémité de la plage un petit homme trapu marchait, solitaire, le long du rivage dans l’air apaisé du soir. […] Nos deux promeneurs étaient à cent lieues de se douter de l’extraordinaire hasard qui allait les faire se rencontrer.


R. Bradbury, Un remède à la mélancolie, 1959.


La douleur était telle qu’il ferma les yeux et s’y abandonna. Il était incapable de résister à ce flot qui le submergeait, à ce courant qui l’entraînait loin de ses rivages familiers. Il n’avait plus la force de bouger. C’était comme si un carcan l’emprisonnait de la tête aux pieds. Il se sentait attiré vers un inconnu qui l’effrayait déjà. Il lui sembla entendre une musique abyssale.


C. Bourgeyx, Les Petits Outrages, 1984.


Il entendit d’abord une détonation, puis deux autres, tirées coup sur coup, et sut que Bill avait épuisé ses munitions. Il y eut ensuite un concert de hurlements et de grondements, dans lequel il reconnut le cri d’un loup blessé […], puis le silence – un silence de mort – retomba sur la plaine gelée. Tout était fini. Henry demeurait immobile. Il n’avait pas besoin de se déplacer pour connaître l’issue du combat.


J. London, Croc-Blanc, 1906.


Voir les réponses

Exercice 3

Jeudi 17 septembre. La place du centre ville est déserte. L’horloge lumineuse du Beffroi que l’on aperçoit par-dessus les toits, indique onze heures moins cinq. Le vent du Nord souffle et fait s’envoler feuilles mortes, sachets plastiques, journaux et autres détritus. Quai du Wault, il n’y a pas de lumière. Les volets de chaque fenêtre sont baissés et tout le monde semble dormir. Et ces familles attardées au café-restaurant de la place, le vagabond les envie, blotti sous la devanture d’un grand magasin, à moins de cent mètres de ces silhouettes qu’il distingue à travers les vitres.


1
Quel point de vue est adopté dans le début de ce récit ? Justifiez votre réponse par des éléments précis.

2
Il se produit ensuite un glissement vers un autre point de vue : lequel ? Justifiez votre réponse par des éléments précis.



Voir les réponses

Exercice 4

Consigne
DNB, Amérique du Nord, juin 2004. Nommez chaque point de vue utilisé dans cet extrait en précisant qui regarde et qui juge. Vous citerez précisément les passages du texte correspondant à chaque point de vue.

Il [Florent] s’était assis, il passait de son frère à la belle Lisa, à la petite Pauline. Ils suaient la santé ; ils étaient superbes, carrés, luisants ; ils le regardaient avec l’étonnement de gens très gras pris d’une vague inquiétude en face d’un maigre. Et le chat lui-même, dont la peau pétait de graisse, arrondissait ses yeux jaunes, l’examinait d’un air méfiant.


É. Zola, Le Ventre de Paris, 1873.





Écrire

Voir les réponses

Exercice 5

Consigne
Lisez le fait divers suivant puis à votre tour racontez la scène brièvement.

La veille de Noël, un samedi soir, un chauffeur de poids lourd renverse un livreur de pizza à moto, devant un centre commercial envahi par la foule. Les secours, bloqués par les embouteillages, sont arrivés très tard sur le lieu de l’accident. La victime souffre de plusieurs blessures graves mais est saine et sauve.


Utilisation des cookies
En poursuivant votre navigation sans modifier vos paramètres, vous acceptez l'utilisation des cookies permettant le bon fonctionnement du service.
Pour plus d’informations, cliquez ici.