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Sujet brevet 14
P.338-339

Brevet


Sujet brevet 14




Poésie de l’usine

Dans un long poème, le poète belge francophone Émile Verhaeren (1855-1916) décrit, avec un mélange d’admiration et d’effroi, les usines, qui ont transformé le paysage à la fin du XIXe siècle.

Se regardant avec les yeux cassés de leurs fenêtres
Et se mirant dans l’eau de poix1 et de salpêtre2
D’un canal droit, marquant sa barre à l’infini,
Face à face, le long des quais d’ombre et de nuit,
Par à travers les faubourgs lourds
Et la misère en pleurs de ces faubourgs,
Ronflent terriblement usine et fabriques.

Rectangles de granit et monuments de briques,
Et longs murs noirs durant des lieues3,
Immensément, par les banlieues ;
Et sur les toits, dans le brouillard, aiguillonnées
De fers et de paratonnerres,
Les cheminées.

Se regardant de leurs yeux noirs et symétriques,
Par la banlieue, à l'infini.
Ronflent le jour, la nuit,
Les usines et les fabriques.

[...]

Ici, sous de grands toits où scintille le verre,
La vapeur se condense en force prisonnière :
Des mâchoires d’acier mordent et fument ;
De grands marteaux monumentaux
Broient des blocs d’or sur des enclumes,
Et, dans un coin, s’illuminent les fontes4
En brasiers tors5 et effrénés qu’on dompte.

[...]

Au long du vieux canal à l’infini
Par à travers l’immensité de la misère
Des chemins noirs et des routes de pierre,
Les nuits, les jours, toujours,
Ronflent les continus battements sourds,
Dans les faubourgs,
Des fabriques et des usines symétriques.


ÉMILE VERHAEREN, « Les usines », Les Villes tentaculaires, 1895.

1. Matière collante noire.
2. Sel minéral blanchâtre.
3. Ancienne unité de longueur (environ 3-4 km).
4. Alliage de fer et de carbone, matériau.

Usines à Clichy

Usines à Clichy

1ᵉ partie : compréhension, analyse et interprétation (1 h)

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100% numérique

Questions (20 points)


1
a) Quel est le sujet du poème ? b) Relevez le vocabulaire technique. Est-il abondant ? c) Êtes-vous surpris de trouver ce sujet en poésie ? (1,5 point)



2
a) Dans la 1ᵉ strophe, où se situe le verbe principal ? b) Et son sujet ? c) Quel effet cela produit-il ? (1,5 point)



3
a) Pourquoi peut-on dire que l’usine est personnifiée ? Justifiez votre réponse en vous appuyant sur des citations précises du texte. b) Quel effet a-t-elle sur la ville alentour ? Observez notamment les connotations qui apparaissent quand il est question des faubourgs. (2,5 points)



4
a) Dans la 2ᵉ strophe, relevez un groupe nominal, un adverbe et un groupe prépositionnel qui parlent de l’immensité de l’usine. b) À la fin de cette strophe, comment le poète donne-t-il l’impression que l’usine s’étend aussi en hauteur ? c) Quel est l’effet produit ? (3 points)



5
a) Relevez le champ lexical de l’obscurité dans le poème. b) Dans quelle strophe est-il absent ? Que trouve-t-on au contraire ? c) De quoi est-il question dans cette strophe ? d) Que pensez-vous de cette opposition ? (3 points)



6
a) Dans la 4ᵉ strophe, relevez le champ lexical de l’animalité. b) À quoi est-il associé ? c) Quelle figure de style repérez-vous et quel est son effet ? (2 points)



7
a) Dans la dernière strophe, relevez les compléments circonstanciels de temps. b) Quelle est l’impression laissée ? (1 point)



8
Quelles expressions structurent le poème ? Comment cela traduit-il l’enfermement des hommes dans les usines ? (2 points)



9
À propos de l’image. Comment l’usine peut-elle être belle et laide à la fois ? Vous répondrez à cette question en vous appuyant sur le texte et sur l’image. (3.5 points)



Zoom sur la 2ᵉ partie de l'épreuve

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Dictée et réécriture (10 points)


1
Dictée : VICTOR HUGO, « Melancholia », Les Contemplations, 1856.

Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu’on voit cheminer seules ?
Ils s’en vont travailler quinze heures sous des meules ;
Ils vont, de l’aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement.
Accroupis sous les dents d’une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l’ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d’airain, tout est de fer.
Jamais on ne s’arrête et jamais on ne joue.
Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue.


V. Hugo, « Melancholia », Les Contemplations, 1856.




2
Réécrivez au passé composé ces vers du poème d’Émile Verhaeren :

Ici, sous de grands toits où scintille le verre,
La vapeur se condense en force prisonnière :
Des mâchoires d’acier mordent et fument ;
De grands marteaux monumentaux
Broient des blocs d’or sur des enclumes,
Et, dans un coin, s’illuminent les fontes
En brasiers tors et effrénés qu’on dompte.
Là-bas, les doigts méticuleux des métiers prestes,
[...] Tissent des draps, avec des fils qui vibrent [...]
Des bandes de cuir transversales
Courent de l'un à l'autre bout des salles.

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Travail d’écriture (20 points)

Vous traiterez au choix l’un des deux sujets suivants. Votre texte aura une longueur minimale de deux pages.

Sujet de réflexion
Pensez-vous que les zones urbaines, les usines, les autoroutes, les aéroports, les tours, etc. défigurent le paysage ou trouvez-vous que ces lieux peuvent avoir un certain charme ? Vous répondrez de manière construite et organisée, en illustrant vos arguments par des exemples tirés de votre culture personnelle ou vus en cours d’histoire-géographie, par exemple en histoire des arts (architecture).



Sujet d'invention
À la manière d’Émile Verhaeren, décrivez votre collège en en faisant un monstre gigantesque. Votre description sera écrite en prose et au présent. Vous emploierez des métaphores, des personnifications et des hyperboles pour donner un sentiment d’étrangeté, et vous utiliserez un vocabulaire riche et varié. Vous veillerez à organiser votre description (par étage, intérieur/extérieur…).



Méthode pour le sujet d'invention

Le sujet d’invention ne vous autorise pas à tout : au contraire, vous devez bien respecter les consignes.

Notez d’abord au brouillon ce qu’on attend de vous :
  • quel est le thème ? quels sont les personnages ? qui parle à qui ? quand et pourquoi ?
  • quelle forme vous propose-t-on ? un récit ? une lettre ? un journal ? une scène de théâtre ? un dialogue ? un article ? un poème ? Si rien n’est précisé, vous pouvez être plus ou moins original.
  • devez-vous respecter un registre ? un temps ?
  • vous propose-t-on un plan ?
  • devez-vous utiliser des figures de style ? lesquelles ? 

Au brouillon, notez vos idées dans l’ordre où elles vous viennent. Organisez ensuite avec des numéros ou un code couleur les idées entre elles : ne rédigez pas tout au brouillon mais préparez seulement un plan. Si certaines phrases ou expressions vous plaisent beaucoup, notez-les et intégrez-les ensuite.

N’oubliez pas de vous relire pour être sûr d’avoir répondu au sujet, pour vérifier que toutes vos phrases ont un sens et corriger les erreurs d’orthographe.
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