Séquence 6
Lecture 2/9

La personnalité de Denise

Parcours de lecture - Émile Zola, Au bonheur des dames, 1883

14 professeurs ont participé à cette page
Ressource affichée de l'autre côté.
Faites défiler pour voir la suite.

Quelle est la personnalité de Denise au début du roman ?

Ressource affichée de l'autre côté.
Faites défiler pour voir la suite.
Objectif : décrire le personnage de Denise au début du roman.
Ressource affichée de l'autre côté.
Faites défiler pour voir la suite.

Texte

Denise espérait être embauchée par son oncle Baudu, mais celui‑ci n'a pas les moyens d'avoir une autre employée. La jeune fille décide alors de postuler comme vendeuse dans le grand magasin d'en face : Au Bonheur des Dames.

Madame Aurélie revint vers Denise. Celle‑ci ne faisait décidément pas une bonne impression. Elle était très propre, dans sa mince robe de laine noire ; on ne s'arrêtait pas à cette pauvreté de la mise1, car on fournissait l'uniforme, la robe de soie règlementaire ; seulement, elle paraissait bien chétive2 et elle avait le visage triste. Sans exiger des filles belles, on les voulait agréables, pour la vente. Et, sous les regards de ces dames et de ces messieurs, qui l'étudiaient, qui la pesaient, comme une jument que des paysans marchandent à la foire, Denise achevait de perdre contenance.

– Votre nom ? demanda la première, la plume à la main, prête à écrire sur le bout d'un comptoir.

– Denise Baudu, madame.

– Votre âge ?

– Vingt ans et quatre mois.

Et elle répéta, en se hasardant à lever les yeux sur Mouret, sur ce prétendu chef de rayon qu'elle rencontrait toujours, et dont la présence la troublait :

– Je n'en ai pas l'air, mais je suis très solide. […]

La phrase d'ailleurs tomba au milieu d'un silence décourageant.

– Dans quelle maison avez‑vous été, à Paris ? reprit la première.

– Mais, madame, j'arrive de Valognes.

Ce fut un nouveau désastre. D'ordinaire, le Bonheur des Dames exigeait de ses vendeuses un stage d'un an dans une des petites maisons de Paris. Denise alors désespéra ; et, sans la pensée des enfants, elle serait partie pour mettre fin à cet interrogatoire inutile.

– Où étiez‑vous, à Valognes ?

– Chez Cornaille.

– Je le connais, bonne maison, laissa échapper Mouret.

Jamais d'habitude il n'intervenait dans cet embauchage des employés, les chefs de rayon ayant la responsabilité de leur personnel. Mais, avec son sens délicat de la femme, il sentait chez cette jeune fille un charme caché, une force de grâce et de tendresse, ignorée d'elle‑même. La bonne renommée de la maison de début était d'un grand poids ; souvent, elle décidait de l'acceptation. Madame Aurélie continua d'une voix plus douce :

– Et pourquoi êtes-vous sortie de chez Cornaille ?

– Des raisons de famille, répondit Denise en rougissant. Nous avons perdu nos parents, j'ai dû suivre mes frères… D'ailleurs, voici un certificat. Il était excellent. Elle recommençait à espérer, quand une dernière question la gêna.

– Avez‑vous d'autres références à Paris ?… Où demeurez-vous ?

– Chez mon oncle, murmura-t-elle, hésitant à le nommer, craignant qu'on ne voulût jamais de la nièce d'un concurrent. Chez mon oncle Baudu, là, en face.

Du coup, Mouret intervint une seconde fois.

– Comment ! vous êtes la nièce de Baudu !… Est‑ce que c'est Baudu qui vous envoie ?

– Oh ! non, monsieur !

Et elle ne put s'empêcher de rire, tant l'idée lui parut singulière. Ce fut une transfiguration. Elle restait rose, et le sourire, sur sa bouche un peu grande, était comme un épanouissement du visage entier. Ses yeux gris prirent une flamme tendre, ses joues se creusèrent d'adorables fossettes, ses pâles cheveux euxmêmes semblèrent voler, dans la gaieté bonne et courageuse de tout son être.
Émile Zola
Au bonheur des dames, chapitre 2, 1883.

1. L'apparence.
2. Maigre

Émile Zola Au bonheur des dames, chapitre 2, 1883

Ressource affichée de l'autre côté.
Faites défiler pour voir la suite.
Placeholder pour Egisto Paolo Fabbri, <i>Portrait of a Young American Friend</i>,
1892Egisto Paolo Fabbri, <i>Portrait of a Young American Friend</i>,
1892
Le zoom est accessible dans la version Premium.

Egisto Paolo Fabbri, Portrait of a Young American Friend, 1892, huile sur toile, 137,5 cm x 84 cm, collection privée.

Ressource affichée de l'autre côté.
Faites défiler pour voir la suite.

Questions
Lecture accompagnée

Réagir

1. Trouvez un titre pour l'extrait qui reflète à la fois son thème et son atmosphère.

Enquêter

2. a. Repérez le type de discours qui domine le texte. Quels indices caractérisent ce type de discours ? Trouvez des exemples dans le texte.


2. b. Pourquoi l'auteur a‑t‑il choisi cette forme ? Quels effets aurait eu un autre type de discours ?

3. a. Comment se déroule le début de l'entretien ? Justifiez en relevant un champ lexical.

3. b. Pourquoi Denise est‑elle en difficulté au début ? Qu'est‑ce qui entraine un retournement de situation ?

Faire le point

4. Complétez la carte d'identité de Denise en ajoutant de nouveaux traits de sa personnalité au début du roman.

Lire une image

Décrivez la posture de la jeune fille. Quelle émotion peut‑elle traduire ?
Pourquoi ce tableau pourrait‑il illustrer cet extrait ?
Afficher la correction
Ressource affichée de l'autre côté.
Faites défiler pour voir la suite.

Expression

En équipes, mettez cet extrait en scène.
1. Distribuez les rôles.
2. Travaillez votre intonation et vos gestes en vous aidant de vos réponses aux questions sur le texte. Réfléchissez au décor et aux accessoires.
3. Répétez autant de fois que nécessaire.
4. Jouez votre scène devant la classe.
Afficher la correction
Ressource affichée de l'autre côté.
Faites défiler pour voir la suite.

Suppléments numériques

Parcours autonome

Quelle est la personnalité de Denise au début du roman ? Répondez à cette question de manière argumentée.

Élèves allophones

a. Réécrivez le passage suivant en reformulant les mots soulignés pour transformer Denise en une fille à l'allure peu flatteuse : « Elle restait rose, et le sourire, sur sa bouche un peu grande, était comme un épanouissement du visage entier. Ses yeux gris prirent une flamme tendre, ses joues se creusèrent d'adorables fossettes, ses pâles cheveux eux-mêmes semblèrent voler, dans la gaieté bonne et courageuse de tout son être. »

b. Quel type de mots avez-vous parfois utilisés pour reformuler ce passage ? Trouvez d'autres exemples à partir des mots de l'extrait.
Afficher la correction

Une erreur sur la page ? Une idée à proposer ?

Nos manuels sont collaboratifs, n'hésitez pas à nous en faire part.

Oups, une coquille

j'ai une idée !

Nous préparons votre pageNous vous offrons 5 essais
collaborateur

collaborateurYolène
collaborateurÉmilie
collaborateurJean-Paul
collaborateurFatima
collaborateurSarah
Utilisation des cookies
Lors de votre navigation sur ce site, des cookies nécessaires au bon fonctionnement et exemptés de consentement sont déposés.